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14-11-2012
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Etats-Unis

Etats-Unis : fin de partie pour les républicains ?

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Etats-Unis : fin de partie pour les républicains ?
((Mitt Romney et Paul Ryan. Crédit photo : donkeyhotey - flickr))
 
Climat, droits des homosexuels… Pendant que les conservateurs faisaient du surplace, la société américaine changeait. Leur défaite à la présidentielle n’est peut-être pas la dernière.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Par Iris Derœux (à New York)

Une formation à coté de la plaque, incapable de s’adresser à la population américaine dans son immense diversité, ni surtout d’entendre les sirènes du changement. C’était, grosso modo, l’image du parti républicain au soir de la défaite de son candidat, Mitt Romney, à l’élection américaine, le 6 novembre. Certes, le parti a conservé la majorité à la Chambre des représentants et ainsi sa capacité à s’opposer au Président en bloquant toute négociation au Congrès. Mais ses sympathisants ressemblent de plus en plus à une caricature. Les électeurs type du « Grand Old Party » ? Un groupe d’hommes blancs vieillissants et souvent acariâtres. Les chiffres du Pew Research Center, un think-tank politique américain très réputé, ne disent pas autre chose : les électeurs de Mitt Romney étaient en majorité des hommes, à 59 % blancs. Seuls 7 % d’Afro-Américains l’ont choisi et 29 % de Latinos. Autre preuve de son anachronisme, s’il a recueilli le vote de 56 % des plus de 65 ans, il ne s’est attiré les faveurs que de 40 % des 18-29 ans.

Pendant que le parti persiste à regarder dans le rétroviseur et se perd dans des débats d’un autre âge – sur l’avortement notamment –, les Etats-Unis changent. Les résultats des référendums sur lesquels les électeurs étaient, dans quelques Etats, interrogés parallèlement à l’élection présidentielle en sont la meilleure illustration. A l’Ouest, les Californiens ont dû se prononcer sur l’étiquetage obligatoire des produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), au nom du « droit de savoir », une première aux Etats-Unis. Et ce malgré le lobby des entreprises agro-alimentaires, la puissante Monsanto en tête. Les électeurs ont finalement rejeté la proposition, mais qu’importe, la consultation a lancé le débat sur le sujet.

Cannabis et mariage gay

Dans l’Etat de Washington, mais aussi dans le Maryland ou le Maine, les gays ont gagné le droit de s’unir. Désormais, le mariage homosexuel est légal dans neuf Etats sur les cinquante que compte le pays. Pas si mal. Les hourras ne sont pas encore de mise puisque l’Etat fédéral ne reconnaît toujours pas ces unions et n’accordent pas à ces couples tous les avantages – notamment fiscaux – dont bénéficient les couples hétérosexuels. Mais une page est tournée.

L’Etat de Washington a aussi légalisé le cannabis. Tout comme le Colorado. Si la marijuana était déjà légale à des fins thérapeutiques dans 17 Etats, son autorisation à des fins récréatives est une nouveauté. Reste à savoir comment cette nouvelle loi sera mise en œuvre, puisque l’Etat fédéral continue de prohiber la vente et la consommation du cannabis, mettant ainsi en porte-à-faux les fumeurs de ces Etats. Innocents aux yeux de la police locale, ils sont des criminels pour le FBI !

Les ultras du « Tea Party »

Que peut bien faire le parti républicain pour se remettre à la page ? D’abord calmer sa frange extrémiste. C’est en choisissant de coller à ses valeurs ultra-conservatrices que Mitt Romney s’est fabriqué une défaite. Il a notamment choisi comme colistier le jeune Paul Ryan, fervent catholique, opposé à l’avortement, et égérie du mouvement ultra-conservateur « Tea Party » depuis qu’il a pris la tête de la Commission du budget à la Chambre basse. Là, il y a développé un projet qui vise à réduire le déficit en démantelant, peu ou prou, tout ce qui reste de l’Etat-providence aux Etats-Unis.

Changer ne sera pas facile : une quarantaine d’élus marqués de l’étiquette « Tea Party » ont gardé leur siège au Congrès – ils étaient soixante avant l’élection. Pour y parvenir, de jeunes leaders devront s’imposer peu à peu, se montrer capables de sortir le parti de sa crise démographique. Un exemple ? Marco Rubio, 41 ans, sénateur latino de Floride. La chaîne chouchoute des conservateurs, Fox News, se demandait, le 8 novembre, s’il était capable de « sauver le parti ». A savoir de le rendre plus populaire auprès des Latinos, qui représentent aujourd’hui 17,2 % de la population américaine.

Et bientôt, le climat ?

On pourrait aussi se prendre à rêver et imaginer un parti qui embrasse le monde de demain et ses défis, qui accepte par exemple de prendre au sérieux le changement climatique. La cause est d’importance et l’avenir flou : le protocole de Kyoto – non ratifié par les États-Unis – qui encadre la réduction des émissions de CO2 arrive à échéance à la fin de l’année. Mais ce n’est pas gagné de ce côté-ci du pays : quand 85 % des électeurs démocrates estiment qu’il est prouvé que le climat se réchauffe, seuls 48 % des républicains voient les choses de la même manière. —
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Le rédacteur :
Iris Deroeux

Journaliste à New York.

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