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29-06-2015
Mots clés
Economie
Europe
Grèce
Edito

Grèce : la trahison ou la démocratie ?

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Grèce : la trahison ou la démocratie ?
(Crédit photo : Absent http://absentcomics.blogspot.fr/)
 
Le 5 juillet, les Grecs seront appelés à se prononcer par référendum pour ou contre le plan d'aide européen. En attendant l'issue du scrutin, toutes les banques du pays sont fermées et les retraits d'argent limités.
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En choisissant la voie référendaire, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a peut-être définitivement scellé le sort de son pays au sein de l’Union européenne. Qualifié de « trahison » dans un discours qui restera dans les mémoires par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la décision d’Alexis Tsipras de recourir à la décision souveraine du peuple grec est à la fois un coup politique et un signe fort d’attachement à la démocratie. Le chef du gouvernement - sans doute vaincu par la position irréductible de Bruxelles de ne pas rééchelonner la dette grecque – a tenté un coup de poker en s’en remettant directement au peuple. On a connu plus autoritaire. « Plus responsable » surtout, railleront certains.

Le choix de cette issue place néanmoins le chef du gouvernement face à deux problèmes (au moins). Les conditions de ce référendum, d’abord. Si cet outil est essentiel dans une démocratie, il doit s’organiser avec un minimum de prérequis. Il implique de la pédagogie, de la clarté dans la question posée, de la rigueur dans l’organisation et un délai de réflexion suffisant pour que le scrutin se déroule dans la sérénité. Pas vraiment l’esprit du rendez-vous du dimanche 5 juillet. D’ailleurs, Alexis Tsipras, peut-être refroidi par l’accueil glacial de ses « partenaires » européens, s’est fendu ce lundi matin d’un coup de téléphone à Jean-Claude Juncker pour lui demander (à nouveau) un délai pour le plan d’aide international à la Grèce qui expire ce mardi. Sans suite pour le moment.

Le deuxième problème est encore plus profond. Il tient dans l’exercice même de la démocratie. En quittant la table des négociations avec Bruxelles vendredi, le leader de Syriza, a fait voler en éclat cet « esprit de consensus » dont parle Jean Claude Juncker. Pour le président de la Commission européenne, abattu mais combatif ce lundi matin, « jouer une démocratie contre 18 autres, ce n’est pas une attitude qui convient à la grande nation grecque ». Dimanche, en cas de victoire du Non (au plan d’aide), Alexis Tsipras, héraut d’un pays exsangue mais jusqu’à vendredi dernier porté par la solidarité des autres Etats membres, se retrouverait bien seul. Les 11 millions de Grecs ont désormais leur destin entre leurs mains. Même si dans cette longue histoire aux parfums de tragédie, nul n’est à l’abri d’un nouveau rebondissement.

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  • Je tombe tardivement sur cet article qui conforte malheureusement mon point de vue sur la ligne politique du magazine. J’avais noté que vous vous empressiez de défendre l’Allemagne sitôt son économie et la situation environnementale et sociale du pays critiquées. Une ligne qui souscrit à l’ordolibéralisme totalitaire dans la zone euro. Une ligne de néo-collaboration. Vous parlez de résister ? de partager ? Quel paradoxe... S’il s’agit de se taire quand la démocratie grecque est méprisée par la gouvernance Merkel-Schauble et leurs complices de la Troika, ou d’applaudir quand l’Allemagne accueille des migrants pour les soumettre au dumping social made in Germany, il ne s’agit plus de résistance, mais bien d’une nouvelle forme de collaboration.

    20.10 à 10h43 - Répondre - Alerter
  • Il faut éponger la dette de la Grèce, on ne peut prendre ce que les grecs ne peuvent donner. La mémoire de la reine de l’Europe Angela Merkel est courte ! Rappelons nous qu’en 1953, les pays européens ont tout simplement annulé la dette de l’Allemagne qui était terriblement endettée...
    Il faut un moratoire d’au moins deux ans, faire une réforme juste en Grèce. Les politiques d’austérités montrent leurs limites ! Le capitalisme aussi !
    Il faut donner à la Grèce les moyens d’une croissance verte vertueuse, respectueuse des hommes et des femmes...
    Si Syrisa avait courbé l’échine devant les puissants de l’Europe, Aube Dorée parti fasciste aurait repris la main.
    Cet article est un parti pris, auquel je ne souscris pas du tout.

    8.07 à 11h05 - Répondre - Alerter
  • meleze : @jos53

    Bonjour
    Je suis allé voir sur le site du monde diplomatique que vous recommandez pour me faire une opinion. J’ai noté la phrase suivante "Cette épreuve n’a de sens, économiquement parlant, que parce qu’elle ouvre par ailleurs de nouvelles opportunités et restaure de nombreux degrés de liberté absolument fermés dans le cadre des institutions de l’euro".
    Je pense en effet que la raison pour laquelle l’Allemagne refuse d’aider la Grece tient dans la liaison étroite qui existe entre l’Allemagne et la Turquie.Donc la nouvelle opportunité pour l’Europe qui fait suite à la crise grecque c’est la Turquie et par voie de conséquence la position que l’Europe peut prendre pour résoudre les différents conflits du Moyen Orient et surtout la lutte contre Daech qui est rappelons le à la frontière turque.
    Les opportunités ouvertes ne sont pas des opportunité de gauche, des opportunités qui affaibliraient la politique d’austérité presque aussi dures pour les français que pour les grecs. L’Allemagne et la droite européenne dans son ensemble car les journaux anglais sont encore plus durs avec les grecs que les journaux allemands, se comportent comme le pilote Andreas Lubitz qui a entraîné 150 victimes dans son suicide le 24mars 2015. Il préfigurait le crime que la droite européenne s’apprête à commettre contre la Grece. Car ils vont lacher les 11 millions de grecs avec le meme cynisme que Lubitz qui a précipite son avion contre la montagne.

    7.07 à 15h48 - Répondre - Alerter
  • Qui sont-ils ces gouvernements européens, ces représentants du FMI, de la Commission européenne et de la BCE pour donner des leçons de démocratie alors qu’ils ont marché sur le vote du non au traité de Maastricht ? Qui sont-ils ceux qui nous ont obligés à rembourser les pertes des banques coupables de spéculation ? Pourquoi tout cet argent gaspillé n’aurait pas pu être versé aux peuples qui en ont besoin parce que les mêmes gouvernants les plonge dans l’austérité alors que les plus riches continuent encore et toujours à s’enrichir ?

    Ce sont eux aussi qui refusent d’accueillir des réfugiés qui croyaient arriver dans des pays où ils pourraient vivre décemment, qui préfèrent les laisser mourir en mer Méditerranée, qui font tout pour que l’on parle d’envahisseurs plutôt que de réfugiés, qui les laissent mourir dans leurs pays où où la misère,la guerre, la faim sont monnaie courante et qui, une fois que ces réfugiés sont sur le sol européen les obligent à vivre dans la rue, les traquent, les chassent, les mettent dans des camps de rétention, les renvoient dans leurs pays où ne les attend que la mort.

    Les mêmes encore qui ont fait de leurs anciennes "colonies" des pays où règnent la terreur, la guerre, l’intolérance, la misère parce que, une fois qu’ils ont épuisé les richesses d’un pays, ils ont laissés sur place des gouvernements corrompus ce qui encourage tous ces conflits entre habitants d’un même pays au nom de la supériorité des uns ou des autres, de la religion ou toute autre chose qui, au lieu de relier les hommes les poussent à s’entretuer.

    Qui sont-ils ces "hérauts de la démocratie" qui ont mise en place la dictature de l’économie ?

    3.07 à 17h56 - Répondre - Alerter
  • Donner des directives au gouvernement grec sur les réformes à engager, vous appelez ça "esprit de consensus" ???

    "Que le gouvernement Syriza, à l’encontre de ses propres engagements électoraux, ait accepté de se couler dans la logique du mémorandum et de jouer le jeu de l’ajustement budgétaire n’était pas encore assez : car la Troïka ne demande pas qu’un objectif global, mais aussi la manière. Il n’est pas suffisant que la Grèce s’impose une restriction supplémentaire de 1,7 point de PIB, il faut qu’elle la compose comme il faut. Par exemple l’augmentation du taux d’imposition sur les sociétés de 26% à 29%, ainsi que la taxe exceptionnelle de 12% sur les profits supérieurs à 500 000 euros ont été refusées par la Troïka au motif qu’elles étaient… de nature à tuer la croissance ! – ou quand l’étrangleur déconseille à ses victimes le port du foulard. En revanche la Troïka tient beaucoup à ce qu’on en finisse avec la petite allocation de solidarité servie sur les retraites les plus pauvres – le décile inférieur a perdu jusqu’à 86 % de revenu disponible de 2008 à 2012 [1] … c’est donc qu’il reste 14 bons pourcents : du gras ! Elle refuse la proposition grecque de taxer les jeux en ligne, mais demande la fin du subventionnement du diesel pour les agriculteurs – des nantis. Et tout à l’avenant." Fréderic Lordon

    http://blog.mondediplo.net/2015-06-...

    30.06 à 14h39 - Répondre - Alerter
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