« La Terre n’est plus en mesure de fournir à nos économies les ressources dont celles-ci ont besoin pour progresser. Notre système économique pousse de plus en plus notre civilisation vers le déclin et même peut-être l’effondrement. Il y a un siècle, la croissance annuelle de l’économie mondiale se mesurait en milliards de dollars. Aujourd’hui, elle se mesure en milliers de milliards de dollars.
Nous consommons les ressources renouvelables plus vite qu’elles ne peuvent se régénérer. Les forêts rétrécissent, les prairies se détériorent, le niveau des nappes phréatiques chute, les poissons disparaissent, les sols s’érodent. Nous utilisons le pétrole à une vitesse telle qu’il nous reste peu de temps pour nous organiser avant le “ pic pétrolier ”, ce moment où la demande de brut excédera largement les ressources disponibles. Et nous émettons dans l’atmosphère des gaz à effet de serre plus rapidement que la nature ne peut les absorber, préparant ainsi le terrain à une augmentation de la température bien supérieure à ce que nous avons connu depuis les débuts de l’agriculture.
Objectif : recyclage
Heureusement, les scientifiques commencent à s’entendre sur les grandes lignes des changements nécessaires. Nous devons troquer notre économie basée sur les énergies fossiles pour un nouveau modèle économique. Celui-ci sera alimenté par d’abondantes sources d’énergies renouvelables : éolien, solaire, géothermie, hydroélectricité et biocarburants. L’économie du provisoire sera remplacée par une économie combinant réutilisation et recyclage. Les produits de consommation courante, depuis les voitures jusqu’aux ordinateurs, seront conçus afin que leurs composants puissent être détachés et entièrement recyclés. Les produits jetables à usage unique seront peu à peu supprimés.
Nous disposons déjà des technologies adéquates. Nous possédons des voitures hybrides fonctionnant au gaz et à l’électricité, des turbines éoliennes, des réfrigérateurs économes en électricité ou des systèmes d’irrigation efficients. Cette nouvelle économie se construira brique après brique. A chaque fois que nous construisons un parc éolien, une usine de recyclage de papier, une piste cyclable ou que nous initions un programme de reforestation, nous nous approchons d’une économie capable de soutenir notre progrès. Mais il reste un long chemin et peu de temps. Notre réussite dépendra de notre vitesse d’adaptation et de réactivité. Comme si nous étions en temps de guerre. »





























