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30-10-2013
Mots clés
Transports
Pollution
France
Data

Faut-il arrêter de respirer quand on prend le métro ?

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Faut-il arrêter de respirer quand on prend le métro ?
(Crédit photo : magdebur - flickr)
 
Data - A Paris, l'air du métro est plus pollué que celui du périphérique. D'où vient cette pollution ? Quel est son impact ? Réponses en chiffres et en graphiques.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

« Ne respire pas dans le métro, tu risques très fort de te faire polluer. » Le lapin du métro parisien pourrait se doter d’un nouvel avertissement. L’air souterrain contient en effet de nombreuses particules en suspension (facteurs d’asthme, de maladies cardio-vasculaires et de cancers), plus encore que celui du périph’. Le gouvernement vient d’adopter un plan pour améliorer la qualité de l’air intérieur, qui prévoit notamment d’imposer un suivi quotidien de la qualité de l’air « dans les enceintes ferroviaires ou ferrées souterraines ». Et, à terme, de réduire les pollutions quand les seuils de dangerosité seront dépassés. En attendant, faut-il porter un masque dans le métro ? Terra eco répond à vos questions.

- 1) D’où vient cette pollution ?

Des rames de métro elles-mêmes ! Le « frottement des rames sur les rails et le système de freinage » émettent des particules, explique Arthur de Pas, ingénieur chargé de communication de AirParif. Qui rappelle tout de même que l’on trouve en revanche dans ces enceintes peu de dioxyde d’azote, ce gaz lui aussi cancérigène émis par le chauffage, les sites industriels et le trafic automobile notamment des diesel.

- 2) Comment savoir où et quand l’air qu’on respire est pollué ?

Impossible de détecter vous-même les particules. Et pour l’instant, les données sont rares. La RATP a toutefois anticipé ce plan gouvernemental, en ouvrant depuis plusieurs mois l’accès aux données sur la qualité de l’air dans ses stations. Vous pouvez donc suivre l’évolution de la pollution détectée sur un quai de métro parisien (Châtelet Ligne 4) et du RER à la gare d’Auber. Nous avons reporté ces statistiques dans les graphiques ci-dessous, elles permettent de voir où et quand l’air est le plus pollué :

On constate que, pour le métro comme pour le RER, les heures où la qualité de l’air est la plus mauvaise sont celles qui suivent les pics de fréquentation, à savoir entre 9h et 10h et entre 19h et 20h. Une situation semblable a été constatée dans le métro de Lille.

En semaine, c’est l’air du RER qui est le plus pollué, de loin. Mais le week-end, où les RER sont beaucoup moins nombreux, c’est l’inverse.

On peut comparer ces chiffres à deux indicateurs :

Les seuils de dangerosité fixés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sont de 20 microgrammes par mètre cube pour une exposition en extérieur sur l’année et de 50 microgr/m3 pour une exposition extérieure d’une journée. Ces seuils sont largement dépassés, sauf pendant la fermeture du métro (de 2h à 6h du matin).

En France, le Conseil supérieur d’hygiène public de France a émis en 2005 des recommandations : ne pas dépasser un seuil de 347 microgrammes de particules par mètre cube lors d’une exposition à l’intérieur d’une durée de deux heures. Ce chiffre n’a lui jamais été dépassé sur le quai du métro pendant la semaine choisie. Mais il l’a été de nombreuses fois sur celui du RER.

- 3) Quel impact a cette pollution sur la santé ?

Oui, l’air du métro contient plus de particules que les normes. Mais les temps d’exposition des voyageurs sont plus courts que ceux étudiés par les organisations sanitaires, rappelle Yves Noack, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique.

Y a-t-il un risque pour la santé ? « Toute particule est mauvaise, il n’y a pas de seuil en-dessous duquel le risque est nul et au-dessus duquel le risque est clair. Par ailleurs, l’effet des particules est cumulatif, elles vont rester un certain temps dans vos poumons et plus vous respirez de particules plus elles vont s’accumuler », décrypte Yves Noack. En prenant le métro tous les jours, vous exposez donc votre organisme à des risques, mais ce risque est donc difficile à mesurer.

Pour les salariés, comme les conducteurs de métro, qui passent la journée dans l’air pollué, c’est bien pire. « Porter un masque toute la journée serait trop désagréable mais il est possible d’aménager les cabines pour filtrer l’air », nous apprend Yves Noack. Contactée par Terra eco, la RATP n’était pas en mesure de nous indiquer si les cabines sont protégées ou non sur son réseau.

- 4) Si je prends l’auto ou le vélo, c’est pire ?

Une étude menée par l’Oramip (Observatoire régional indépendant de l’air en Midi-Pyrénées) en 2008 à Toulouse a comparé l’exposition aux pollutions selon les différents modes de transport.

Elle permet de dresser un palmarès des modes de transport :

Le meilleur, c’est le vélo. C’est en selle que vous êtes le moins exposé aux particules fines. Et l’exposition au dioxyde d’azote – qui est facteur de troubles respiratoires – est anecdotique. « L’exposition à la pollution peut être ponctuellement importante mais sans phénomène d’accumulation », note l’Oramip. En clair, avoir le nez dans un tuyau d’échappement au feu rouge n’est pas bon mais reste peu dangereux puisque l’exposition reste brève, ouf.

En métro, vous êtes fortement exposé aux particules fines, on l’a vu plus haut. Mais vous êtes plutôt épargné pour le dioxyde d’azote (c’est à peine moins bien qu’à vélo). De même pour les – très toxiques – benzène et monoxyde de carbone.

En voiture, vous êtes très exposé au dioxyde d’azote, au monoxyde de carbone et au benzène. En effet, l’habitacle fermé de la voiture entraîne une accumulation de la pollution. En revanche, on est moins exposé aux particules fines que dans le métro. Mais bien plus qu’à vélo ! Encore une bonne raison de vous mettre à la pédale.

En bus, c’est l’inverse du métro. Plutôt mieux que les autres pour les particules en suspension (même si la moyenne d’exposition est deux fois plus élevée qu’à vélo !), plutôt moins bien pour les autres polluants là aussi à cause de l’habitacle fermé du véhicule.

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Le rédacteur :
Thibaut Schepman

Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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