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30-06-2015
Mots clés
Consommation
France
Dossier

Faites le vide

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Faites le vide
(Crédit illustration : Serge Bloch pour « Terra eco »)
 
Nous consommons les objets – matériels et immatériels – de manière effrénée, parfois jusqu’à l’overdose. Mais, en perpétuelle quête du bonheur, nous rêvons tous de légèreté. L’été venu, l’heure de s’alléger a sonné.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 69 - juillet-août 2015

Faites le vide !

Qui n’a pas tourné de l’œil à la vue de la montagne de vêtements, de vaisselle ou de livres à empaqueter au moment d’un déménagement ? Qui ne s’est pas dit qu’il était temps d’épurer son intérieur, de vider ses placards, d’arrêter les achats inutiles et de les remplacer par une balade en forêt ? Nombreux sont ceux qui ont ressenti, à un moment de leur vie, le besoin de faire le vide. Il faut dire que nous avons laissé les objets s’immiscer dans les moindres recoins de nos vies. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, nous avons consommé un peu plus chaque année entre 1960 et 2010, si bien que le volume annuel de consommation par personne a été multiplié par trois durant cette période. Pour la seule catégorie des objets dits « connectés », le cabinet de conseil Gfk estime qu’il s’en est vendu pour 150 millions d’euros en 2014 : 6,2 millions de tablettes, 5,8 millions de téléviseurs, 2,8 millions d’appareils-photo… D’ici à 2020, chaque foyer pourrait posséder près de 30 de ces objets.

« Nous avons une relation beaucoup plus liquide aux objets que par le passé : nous les achetons, les accumulons, les oublions et les changeons très souvent », observe Valérie Guillard, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, spécialiste du marketing et qui a dirigé l’ouvrage collectif Boulimie d’objets : l’être et l’avoir dans nos sociétés (De Boeck, 2014). Le développement du marché d’occasion (vide-greniers, sites de vente en ligne entre particuliers…), les produits à petits prix, fruits de notre industrie mondialisée, et l’émergence de pratiques de gratuité n’y sont pas étrangers.

Exercice douloureux d’introspection

Certains aspirent pourtant à vivre différemment et à se débarrasser du superflu. Pour preuve, L’art de la simplicité de Dominique Loreau (Robert Laffont, 2005), une Française installée au Japon, et La magie du rangement de la Japonaise Marie Kondo (First, 2015) – qui prônent toutes les deux un désencombrement massif pour gagner en sérénité – sont devenus des best-sellers mondiaux. De son côté, Béa Johnson (Lire son portrait ici), Française installée aux Etats-Unis qui s’est défait de 90 % de ses biens matériels et a embrassé, en famille, un mode de vie sans déchet, suscite, elle aussi, un engouement sans précédent.

Sans aller aussi loin, les adeptes de la simplicité volontaire que vous découvrirez dans ce dossier ont choisi de se lancer dans l’exercice du désencombrement. Mais la voie vers le minimalisme est souvent escarpée et de longue haleine… car elle implique un exercice parfois douloureux d’introspection. « Nous accumulons les objets pour des raisons affectives, utilitaires, économiques qui sont elles-mêmes liées à des traits psychologiques comme l’anxiété, la nostalgie ou l’altruisme », analyse Valérie Guillard. Seulement, pour le philosophe Gilles Lipovetsky (Lire son interview ici), si nous aspirons légitimement à vivre avec moins, nous consommons au final toujours plus. Des objets mais aussi de plus en plus de loisirs et d’expériences… sans pour autant accéder au bonheur à coup sûr.

Découvrez ci-dessous le sommaire du numéro 69 de Terra eco, daté de juillet-août 2015 :

PORTRAIT Béa Johnson, les liens du sans Cette Française installée aux Etats-Unis est 
devenue l’ambassadrice du « zéro déchet ». (Re)connue mondialement, elle applique le 
minimalisme au quotidien.
TEMOIGNAGES Témoignages : leurs solutions pour
 se désencombrer Un mode de vie plus minimaliste au quotidien, c’est la solution adoptée par quelques-uns de nos lecteurs.
TEST Défi minimaliste : Une histoire de famille(s) Un mois pour changer ses habitudes et vivre plus. Sur le papier, ça fait rêver. Dans la vraie vie, avec un enfant ou à l’aube d’en avoir un, c’est plus complexe. Voici l’expérience de nos deux journalistes.
ENTRETIEN « Le culte de la légèreté est une autre figure de la quête du bonheur » Nous rêvons tous d’alléger nos vies mais sans pour autant nous détourner de la société de consommation, estime le philosophe Gilles Lipovetsky.
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  • Desire : Faites le vide

    J’apprécie beaucoup les articles de TerraEco, ils vont dans le même sens que ma philosophie que je pratique depuis plus de 30 ans. Le vide mental, la méditation, le silence, le recueillement, le manger sain, le non jugement, le détachement, le plaisir, la gentillesse, etc... sont des pratiques qui mènent à une vie saine pour le corps et l’esprit... Merci à TerraEco pour son ouverture d’esprit !

    31.07 à 10h07 - Répondre - Alerter
  • cohérence : Faites le vide

    Tout le monde parle de crise, de manque d’argent et pourtant un grand nombre d’entre nous vivons avec trop... La plupart des gens ont toujours de l’argent pour acheter des choses inutiles qui ont polluer l’environnement pour être fabriqués, qui ont été fabriqués à l’autre bout du monde par des gens exploités... Par contre ils n’ont pas assez d’argent pour consommer bio, local , équitable ... Lorsqu’on ne consomme que ce que l’on a besoin, même avec peu d’argent on peut consommer bio, local et équitable.
    Faire le vide c’est facile (on peut en plus gagner de l’argent en revendant ce qui ne nous sert à rien). Faire le vide c’est bien, mais ce n’est pas pour après se racheter des nouveautés....

    On peut vraiment changer ses habitudes. Une question à se poser avant de s’acheter quoi que ce soit : "Cela va-til vraiment me rendre plus heureux ?"
    et une autre aussi : "quel impact ce que je veux acheter a sur l’environnement et les personnes qui l’ont fabriqués ?"

    Soyons cohérent, logique....

    2.07 à 21h39 - Répondre - Alerter
    • Posidonie : Faites le vide

      Adepte de la décroissance, que je pratique depuis quelques annees, je me pose cependant la question du devenir de tous les emplois liés à la croissance, à savoir les vendeurs, les caissières, les rayonnistes etc...vont-ils perdre leur emploi et rejoindre la cohorte des chômeurs si je ne consomme plus ?C ’est tout un pan de notre économie qui s’effondre, est-ce souhaitable ?

      9.07 à 20h53 - Répondre - Alerter
      • cohérence : Faites le vide

        Le chômage est arrivé en France la même année que les supermarchés. Et on a toujours besoin de manger, de s’habiller (et autres..), mais si au lieu d’acheter des choses faites par des esclaves des temps modernes ( aujourd’hui je viens de signer une pétition Avaaz qui nous apprenait que notamment les légumes provenant du Kénya sur les rayonnages des supermarchés avaient un étrange goût d’esclavagisme : les cultivateurs sont soit pas payés du tout, soit 2€ la journée si je me souviens bien et la moitié des légumes sont jetés avec interdiction d’en donner à qui que ce soit....) en grande quantité parce que c’est pas cher ( notamment les vêtements, les jouets), on achetait uniquement ce que l’on a besoin mais fabrication française par exemple, en tout cas éthique, là on crée du véritable emploi... Je pense à 1083 ( jeans et chaussures en coton bio tissés, teints et confectionnés en France), à Aquanatura (draps en coton bio et fabrication française) ; les achats éthiques ne doivent pas se faire en plus des achats dans les supermarchés mais à la place des achats dans les supermarchés... Je vous conseille le livre SACREE CROISSANCE de Marie-Monique Robin, on y voit la possibilité d’un monde nouveau...avec des solutions qui existent déjà... Et les vendeurs, les caissières, les rayonnistes trouveront d’autres emplois, des emplois plus éthiques, plus humains, où ils s’épanouiront....Avant les supermarchés, il y avait pleins de petites boutiques, pleins de petits agriculteurs... Même aujourd’hui, quand c’est difficile pour les petites boutiques, ce n’est jamais la crise pour les multinationales..... Les énergies renouvelables sont également très créatrices d’emploi... Et puis si on ne se crée plus de besoins inutiles, on a besoin de beaucoup moins d’argent pour vivre, donc on peut moins travailler (emploi rémunéré)...
        Si on arrêtait le culte du travail ; de mettre le travail et l’argent avant la Vie... Proverbe indien : "Quand le dernier poisson sera pêché, la dernière rivière asséchée, le dernier arbre abattu, l’homme s’apercevra enfin que l’argent n’est pas comestible."
        Le livre SACREE CROISSANCE répondra à toute vos peurs, toutes vos interrogations quant à l’économie qui s’effondre... Et justement plus on continuera à consommer à outrance, n’importe comment , plus on court à notre perte... Il est temps de changer notre façon de voir le monde...

        9.07 à 22h07 - Répondre - Alerter
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