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Et si on transformait le périph parisien en un grand parc habité ?

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Et si on transformait le périph parisien en un grand parc habité ?
(Crédit photo : DR)
 
Deux architectes et un paysagiste proposent de reconvertir le périphérique en y construisant jardins et logements. En réfléchissant un peu, l'idée est loin d'être saugrenue.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Il faut bouter les voitures hors du périphérique parisien. Ensuite, il faut y construire des milliers de logements et y laisser pousser un vaste parc circulaire. L’idée paraît sortie d’une sympathique anticipation écologiste, du type « L’an 01 » ou « La belle verte ». Il n’en est rien. Elle est défendue par deux urbanistes et un paysagiste – Philippe Gazeau et Louis Paillard (atelier FGP) et Michel Hoessler (agence TER) – dans le cadre de l’atelier international du Grand Paris, atelier chargé par l’Etat et les collectivités territoriales d’Ile-de-France de réfléchir à l’avenir de l’agglomération parisienne.

« On réfléchit depuis deux ans aux grandes problématiques de Paris qui sont le manque de logements, les problèmes de mobilité et les pollutions. On s’est rendu compte que le périphérique cristallise tous ces problèmes, c’est l’un des nœuds de toutes ces problématiques. Et, en plus, il ne remplit même pas son rôle d’autoroute urbaine puisque c’est une autoroute si embouteillée qu’on y roule tout doucement. Cette infrastructure est devenue absurde, elle n’a plus de sens. Si l’on arrive à penser un peu autrement et à se dire qu’il faut supprimer le périphérique, on peut penser à des solutions qui sont certes radicales mais qui sont aussi très intéressantes », nous explique Philippe Gazeau.

50 000 logements et 45 hectares de jardin

Les solutions radicales, les voici dans le détail. Il s’agit de créer un vaste parc habité sur toute la circonférence du périph, sans détruire l’édifice actuel. De quoi produire 50 000 logements et 45 hectares de jardins. « Notre projet s’inscrit dans une logique de recyclage des bâtiments et des infrastructures qui va devenir impérative dans les pratiques urbaines », poursuit l’urbaniste dont les études confirment que les murs du périphérique sont à même de porter des bâtiments. La grande largeur du périphérique – entre 30 et 40 mètres – permet de marier parc, rue et logements. Le tout serait facilement accessible sans investissements puisque toutes les routes parisiennes mènent déjà au périph.

Reste un problème, de taille. Où vont passer les voitures qui s’embouteillent aujourd’hui sur le périphérique ? Les concepteurs souhaitent tout simplement les repousser plus loin du centre. « Le périphérique est à seulement 5 kilomètres de Notre-Dame, autant de voitures aussi près d’un centre-ville c’est une exception en Europe », analyse Philippe Gazeau. L’autoroute A86 prendrait le relais du périphérique. Les prolongements autoroutiers qui la relie actuellement au périphérique seraient déclassés en boulevard pouvant accueillir des bus. Surtout, un réseau très dense de bus et cars pourrait alors transporter les Franciliens.

L’exemple de Séoul

L’architecte assure que renoncer aux autoroutes dans une métropole n’augmente pas forcément la quantité d’embouteillages, citant notamment l’exemple de Séoul, en Corée du Sud, qui a reconverti avec succès son autoroute urbaine en promenade arborée.

La France est-elle prête à accepter une telle solution ? Les polémiques énormes déclenchées à chaque remise en cause de la place de la voiture individuelle en ville laisse craindre que non. Mais notre architecte se veut optimiste :« Quand on remonte un peu l’Histoire, on se rend compte que Paris a été totalement transformée à la fin des années 1960 dans l’unique but de faciliter les déplacements en voiture. Les voies sur berges et le périphérique faisaient partie d’un vaste projet qui comprenait aussi une autoroute entre les gares et des radiales coupant la ville en quatre (voir document ci-dessous). Heureusement, le choc pétrolier a empêché de mener ces projets à bout. Mais je suis persuadé que s’ils avaient été réalisés on dirait aujourd’hui qu’il est impossible de s’en passer, comme on dit qu’il est impossible de faire sans le périphérique. En se souvenant de ça on réalise que le périphérique est né d’un système de pensée qui est totalement dépassé. Et j’ai l’impression que le moment est venu et que les choses évoluent dans la tête de beaucoup de gens. Quand on a commencé à proposer notre idée il y a deux ans on nous prenait pour des fous mais aujourd’hui on est plus pris au sérieux. »

Légende : Projet du plan de circulation parisien des années 1960 reliant en boucle les grandes gares, traversant le centre du Nord au Sud, longeant la Seine sur ses deux rives et ceinturant Paris intra-muros. Marc Heimer, « Paris dans 20 ans » Paris Match, 1967, n°951


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Le rédacteur :
Thibaut Schepman

Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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