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6-05-2015
Mots clés
Politique
Climat
Royaume-Uni

Elections au Royaume-Uni : quel candidat carbure à quoi ?

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Elections au Royaume-Uni : quel candidat carbure à quoi ?
(Crédit photo : Harald Pettersen - Statoil)
 
Le Royaume-Uni est un mauvais élève européen en termes d'énergies vertes. Les candidats aux législatives de ce jeudi ont-ils décidé d'inverser la tendance ? Tour d'horizon des programmes.
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Quelques jours seulement après son élection comme Premier ministre du Royaume-Uni, en 2010, David Cameron promettait de faire de son gouvernement « le plus vert jamais élu ». Mais ça, c’était avant. Avant d’être décrédibilisé pour avoir – selon une source conservatrice – ordonné en privé de se débarrasser de cette « merde verte » pour alléger la facture d’énergie du pays. Cinq ans plus tard, alors que des élections générales se tiennent ce jeudi 7 mai, les programmes énergétiques des candidats en tête des sondages ne font pas franchement dans l’audace.

Quelle que soit la majorité dont il sera issu, le futur Prime Minister aura beaucoup à faire, car le Royaume-Uni figure parmi les mauvais élèves de l’Europe en matière d’énergie verte. Si les Tories – les conservateurs à la tête desquels fait campagne David Cameron – se targuent d’avoir augmenté de 113% la part d’électricité produite à partir de sources renouvelables en quatre ans, l’essentiel de l’approvisionnement en électricité reste assuré par le charbon et le gaz. Quant au nucléaire, un domaine dans lequel les Britanniques étaient autrefois pionniers, il fait figure d’espoir renouvelé pour les partis traditionnels qui, après avoir laissé vieillir le parc, financent à présent la construction de centrales modernes. Et pour demain ? Que proposent les différents partis en cas d’élection ou de réélection ? Tour d’horizon, énergie par énergie.

Les énergies fossiles

A part Nigel Farage, le chef de file du parti eurosceptique et xénophobe Ukip qui attend encore la preuve d’un lien entre changement climatique et émissions de CO2 (voir encadré), tous les candidats s’accordent sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une nécessité d’autant plus urgente que le Royaume-Uni est en tête des pays responsables du changement climatique par habitant. Pour y remédier, à chacun ses objectifs, plus ou moins ambitieux, et plus ou moins précis.

Les conservateurs et les travaillistes du Labour, composantes historiques du bipartisme britannique, se contentent du Climate Change Act de 2008, porté à l’époque par le ministre de l’Energie et du Changement climatique, Ed Miliband, aujourd’hui candidat du Labour. Le texte fixe au pays l’objectif d’une réduction de 80% des émissions de gaz à effets de serre d’ici à 2050, en prenant pour référence les chiffres de 1990. Les autres surenchérissent. Zéro carbone en 2050 pour les libéraux-démocrates de Nick Clegg, qui affiche aussi l’ambition d’en finir avec le charbon d’ici à 2025. Plus de charbon non plus pour les Verts, mais d’ici à 2023 « au plus tard ».

Par quoi le remplacer ? Le gaz naturel, répondent en chœur conservateurs et libéraux-démocrates. Quitte à exploiter les ressources en gaz de schiste que le sol de la Grande-Bretagne recèle. En face, les travaillistes hésitent : pas de fracturation hydraulique tant que certains vides juridiques n’ont pas été comblés. Ensuite, on verra. De leur côté, les Verts s’opposent à toute nouvelle exploitation d’énergie fossile.

Le nucléaire

Là encore, seuls les Verts s’y opposent franchement et affichent l’objectif de sortir de l’atome en dix ans. David Cameron, Ed Miliband et Nick Clegg sont, eux, favorables à un mix énergétique incluant un nucléaire remis à neuf. Le libéral-démocrate Ed Davey, actuel ministre de l’Energie et du Changement climatique, argue notamment que le nucléaire, contrairement à l’éolien, a « l’avantage pratique de produire dans un périmètre restreint ».

Les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables n’apparaissent ni dans le programme des conservateurs, ni dans celui des travaillistes. Les libéraux-démocrates – les « écolos » de la coalition au pouvoir, qui s’appuient sur la création de la première banque au monde d’investissement vert en 2012 – proposent en revanche d’atteindre avant 2020 le seuil d’un tiers de l’électricité britannique issue des énergies renouvelables. Enfin, parmi les partis non ouvertement écologistes, seuls les partis indépendantistes écossais et gallois misent réellement sur le renouvelable. Plaid Cymru et le SNP tablent ainsi sur une électricité 100% d’origine renouvelable en 2020, respectivement au Pays de Galles et en Ecosse. Le gouvernement écossais a déjà atteint 50%, grâce à son parc d’éoliennes terrestres et offshore.

Les Verts, quant à eux, voient l’avenir dans un mix d’éolien offshore, d’énergie hydroélectrique et de photovoltaïque. Leur candidate s’engage notamment à doter tous les hôpitaux, écoles et autres bâtiments publics de panneaux solaires d’ici à 2020. Mais Natalie Bennett n’est créditée que de 5% des intentions de vote, derrière les libéraux-démocrates (8%) et Ukip (14%). Les conservateurs et travaillistes mènent la course, au coude à coude, avec plus de 30% des intentions de vote chacun. Il n’y aura pas de révolution verte cette année au Royaume-Uni.



Ukip remonte le temps

« Je pense que l’énergie éolienne est la plus grande folie économique collective que j’ai vu de toute ma vie », a déclaré Nigel Farage au site d’information Sp !ked en mars dernier. « Ukip supportera et investira dans les énergies renouvelables, là où elles fourniront de l’électricité à prix compétitif. » Connu pour ses positions hostiles à l’immigration et à l’Europe, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, Ukip, dévoile également une liste de propositions énergétiques à revers des autres partis. Au programme : abrogation du Climate Change Act de 2008 et désengagement du Plan climat européen, fracturation hydraulique et… réouverture des mines de charbon ! « Les dernières mines souterraines britanniques ont encore une longue vie devant elles (…). 30% de notre électricité est toujours issue du charbon et nous serons dépendants des énergies fossiles pendant encore beaucoup d’années », peut-on lire dans le manifeste du parti, nostalgique de l’époque où les mineurs de fond se comptaient par centaines de milliers. Mais peut-être est-ce une manière de remédier au chômage de masse ?

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