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26-11-2012
Mots clés
Consommation
Alimentation
France

Nestlé se bat pour son pré carré de cacao

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Nestlé se bat pour son pré carré de cacao
 
Revitaliser et certifier les plantations de fèves en Côte d’Ivoire et en Equateur : voilà l’ambitieux programme du groupe suisse. Il y a urgence car les producteurs sont exsangues et les consommateurs exigent un chocolat toujours plus blanc.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Ça alors, mon rouge paquet de Kit Kat est parsemé de vert. Orné d’une estampille « Mieux cultiver le plaisir », du logo de Nestlé et, au centre, d’un carré de chocolat et d’une feuille en forme de sourire. Il y a aussi un tas de « sans » vert pomme : « sans colorant, sans conservateur, sans arôme artificiel ». Et encore un logo : « Nestlé Cocoa Plan » (« Plan cacao Nestlé ») en dessous duquel est précisé : « Nous travaillons avec Utz Certified (programme de certification d’origine néerlandaise, ndlr) pour aider les cultivateurs de cacao. » Nestlé m’invite à visiter son site Internet tout vert : « Mieux cultiver le plaisir » (1). J’y cours pendant ma pause Kit Kat.

Stratégie

On y décline le plaisir sous toutes ses formes. « Pour soi » : un peu d’histoire du groupe d’origine suisse, des infos sur la sélection des fèves et sur les ingrédients. « Pour la planète » : les émissions de CO2 liées au transport ont été réduites de 25 % en dix ans et Nestlé réduit ses emballages. Ce dernier point semble un rien flou, mais entrons dans le cœur du sujet. Dans la rubrique « Le plaisir pour tous », on découvre le Plan cacao. Initié en 2009, « il rassemble un large éventail d’initiatives auprès des agriculteurs-entrepreneurs pour leur donner la possibilité de gérer des fermes rentables et respectueuses de l’environnement, leur assurer une bonne qualité de vie et faciliter pour leurs enfants l’accès à l’éducation. » Sa mesure phare ? « Fournir aux agriculteurs en Côte d’Ivoire et en Equateur 12 millions de plants de jeunes arbres de meilleure qualité durant les douze prochaines années. »

Cas d’école

Kit Kat a vécu des coups durs ces derniers temps. En janvier 2010, il arborait fièrement, au Royaume-Uni et en Irlande, le label Fairtrade (« commerce équitable »). Les militants ont pesté : le chocolat était peut-être certifié, mais pas les autres ingrédients. Pas plus que les pratiques du groupe. En mars de la même année, une vidéo de Greenpeace faisait le tour de la Toile. On y voyait un employé croquer des barres chocolatées, qui se transformaient en doigts d’orangs-outans sanguinolents. Aïe, aïe, aïe… L’ONG entendait dénoncer l’achat d’huile de palme qui contribue à la déforestation en Asie du Sud-Est. Nestlé s’est aussitôt engagé à s’approvisionner en huile responsable. Et aujourd’hui, 80 % est certifiée RSPO (Table ronde pour l’huile de palme durable). Par ailleurs, comme tous les grands groupes vendant du chocolat, Nestlé a été mis sur la sellette à cause du travail d’enfants dans les plantations. Le marchand de cacao a donc besoin de redorer son blason avec des actions concrètes sur le terrain. Mais ce n’est que le début des ennuis. Et attention, la nouvelle risque d’en bouleverser plus d’un : la production de cacao est si mal en point qu’à ce rythme, elle pourrait se tarir d’ici cinquante à cent ans, selon l’Alliance des pays producteurs de cacao. « Les cacaoyers vieillissants, les sols appauvris par la surexploitation et le changement climatique font chuter la productivité, explique Magali Nauts, de l’association de commerce équitable Max Havelaar France. Les industriels sont inquiets et ont un plan de relance. »

Verdict

Philippe Bastide, chercheur spécialisé dans le cacao au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) revient de Côte d’Ivoire. « Nestlé attaque le problème par un bon angle, assure-t-il. Le Plan cacao veut raccourcir les filières, fidéliser les coopératives avec un système de certification. Mais il ne résout pas tout. D’abord, le nombre de nouveaux plants ne suffit pas au renouvellement des vergers. Ensuite, on plante les nouveaux arbres sur des terres défrichées, en abandonnant les vieilles plantations. La pression foncière est énorme. A ce rythme, on va dans le mur. » Alors, on accélère le changement ou on renonce tout bonnement à nos petites barres chéries ? —

Avis de l’expert : 1,5/5

Frédéric Petit, secrétaire général de l’écolabel Forest Stewartship Council France et président des travaux sur la norme ISO 26 000

« Il existe aujourd’hui des documents précis sur la communication responsable : le guide anti-greenwashing de l’Ademe publié en septembre, la norme ISO 26 000 pour les métiers de la communication. Comment se fait-il que les groupes comme Nestlé les ignorent ? Leur discours est basé sur de l’autodéclaration, avec des informations invérifiables pour les consommateurs. Quant à la traduction graphique… Toujours cette petite feuille verte ! »

- Le site de l’écolabel Forest Stewartship Council France

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