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27-11-2014
Mots clés
Energies
Electricité
France

Pollution, transition : Total assume le grand écart

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Pollution, transition : Total assume le grand écart
 
Dans sa dernière campagne mondiale, le géant du pétrole clame son engagement pour une énergie meilleure. Selon une définition bien à lui.
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N° 63 - décembre 2014

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Vous n’y échapperez pas. Diffusée sur 80 chaînes, imprimée dans 230 publications, déployée sur plus d’un milliard de pages Internet, affichée dans 15 aéroports. De Paris à New Delhi, en Inde, la nouvelle signature de Total, « Committed for better energy » (« Engagé pour une énergie meilleure »), prolifère. Après six ans de silence, le géant de l’énergie dépense 50 millions d’euros pour s’offrir une campagne sur trois ans. Le message est consensuel : « L’énergie doit être plus sûre, plus propre, plus efficace, plus innovante, plus accessible. » Interrogé sur les actes qui justifient ce slogan, Total dégaine son rapport RSE (Responsabilité sociale des entreprises) 2013. En filigrane, une idée forte : le responsable de l’Erika n’existe plus, Total a réussi sa mue. Le dossier nous apprend que le groupe extrait désormais autant de gaz naturel que de pétrole et de charbon, qu’il est l’actionnaire majoritaire de Sun Power, deuxième producteur mondial d’énergie solaire et qu’il s’entraîne à maîtriser les marées noires au large de l’Angola. En clair, le pétrolier français est sur tous les fronts de la transition.

Quelle mouche a donc piqué les Amis de la Terre pour nominer cette année encore au prix Pinocchio – qui distingue les boîtes qui font dans le greenwashing – une entreprise si engagée ? Pourquoi à chaque assemblée générale Christophe de Margerie, l’emblématique pédégé loué pour son humanisme après un décès brutal, était interpellé par les ONG ? « On ne demande qu’à croire Total, sauf qu’à chaque fois qu’on nous alerte sur son impact, on constate sur place que les accusations sont fondées », répond Juliette Renaud, chargée de campagne sur les industries extractives aux Amis de la Terre. Cette année, l’ONG dénonce l’activité de Total dans le delta du Niger où elle constate « une marée noire permanente ». L’année précédente, le trophée épinglait le cas du gaz de schiste argentin. Pour en extraire, Total entendait forer dans une zone naturelle protégée. « Les permis ont été retirés mais le groupe en a obtenu un nouveau », déplore-t-elle.

Foi en l’innovation

Car Total a sa définition bien à lui d’une meilleure énergie. « Les gaz non conventionnels (dont les gaz de schiste) offrent une réponse d’envergure aux besoins énergétiques de la planète », lit-on dans son rapport. Qu’importe l’annulation, en 2011, de son permis français, Total met sa « maîtrise de la fracturation hydraulique » en pratique, de la Chine au Royaume-Uni. Plus controversée encore, sa participation à l’extraction de sables bitumineux en Alberta (Canada). Selon Greenpeace, cette activité polluante et goulue en eau est quatre fois plus énergivore et cinq fois plus émettrice de gaz à effet de serre que l’extraction conventionnelle. Mais en dotant un centre de recherches canadien de l’équivalent de 21 millions d’euros, Total pense trouver la parade.

Sa foi en l’innovation pousse l’énergéticien à investir. Dans la biomasse, le stockage d’énergie, le photovoltaïque : en plus des 7 milliards d’euros budgétés jusqu’en 2018 pour son propre service de recherche et développement, le groupe dépense des centaines de millions pour soutenir des projets de start-up et d’universités. « Produire du gaz et du pétrole et être engagé dans la transition énergétique, ce n’est pas antithétique », soutient un porte-parole du groupe. La preuve ? D’ici à 2035, la part des énergies renouvelables dans son chiffre d’affaires doit grimper de 1 % à 6 % tandis que celle du pétrole tombera de 32 % à 28 %. Une entourloupe pour les défenseurs de l’environnement. Car si la croissance se poursuit, l’extraction ne ralentira pas. Sur les vingt ans à venir, Total prévoit de consacrer 20 milliards aux sables bitumineux. Un choix révélateur aux yeux de Juliette Renaud : « Tant que Total investit toujours plus sur les énergies sales, on ne peut pas parler de transition. » —

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  • En finalité, ils continuent à jouer les "oies blanches" dans tous les secteurs et ils continueront toujours à le faire.On "noie le poisson", on se dédouane.
    Le pacte transatlantique renforcera, encore, leurs positions en Europe et les milliards tomberont, de plus en plus, dans leurs escarcelles et quoi qu’il advienne : pollution, disparition d’espèces, changements climatiques, ils n’en ont rien à foutre ; profits, profits.....
    On ne sait pas vers quoi l’on va mais on y va de plus en plus vite.

    18.04 à 13h17 - Répondre - Alerter
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