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15-12-2014
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Géopolitique
Monde
Chronique

Climat : avant Paris 2015, aérons les négociations !

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Climat : avant Paris 2015, aérons les négociations !
(Crédit photo : Ministerio de Relaciones Exteriores de Peru)
 
Après Lima et avant la grande conférence climatique en France de la fin de l'année 2015, la députée PS Sabine Buis plaide pour une meilleure prise en compte de ceux qui ne sont ni experts ni militants : les citoyens lambdas.
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Vu de l’extérieur, pour les personnes soucieuses des changements climatiques, participer à une COP, ça doit être passionnant. De l’intérieur, assez vite, la passion laisse la place à l’étonnement, à l’étrangeté, voire à l’incompréhension. Etrange expérience en effet que de constater dans quelles conditions se font ces négociations. Beaucoup de monde, mais surtout beaucoup d’initiés. Un monde clos pour une cause universelle !

Des salles remplies. Des militants, des chercheurs, des représentants… Des side events, des échanges… Mais surtout des rencontres informelles. Des bilatérales, des multilatérales qui se font à l’abri des regards. Et puis, on cherche le citoyen. Ou, plus exactement, le citoyen lambda. Celui pour lequel toutes les instances disent vouloir agir. Mais on ne le trouve pas. Ou si peu.

Le village de la société civile ? Une caution

Un peu plus loin, le village de la société civile : la caution. Celle sur laquelle on s’appuie pour démontrer qu’on ne fonctionne pas en vase clos. Mais là aussi, pour beaucoup, les convaincus parlent aux convaincus. On partage un constat, on échange des pratiques. L’intention est bonne, mais est-elle suffisante ? Je ne le pense pas.

Je suis très sensible à la participation du public. C’est d’ailleurs le premier projet de loi que j’ai rapporté lorsque j’ai été élue députée. Mais au delà de la participation, il faut s’interroger sur la représentation. Et sur ce point, je voudrais attirer l’attention. Faire un parallèle avec la participation aux élections. Ce n’est pas parce que des électeurs se déplacent pour voter que tous les électeurs ont voté. On parle alors d’une mobilisation faible. Souvent, ceux qui ne se déplacent pas ont beaucoup à dire. Mais on ne les entend pas.

La participation de la société civile à la COP est une bonne chose en soi. Mais elle doit encore évoluer. Les présents entretiennent un dynamisme, relayent des initiatives, transmettent des connaissances, des compétences… et nous en avons besoin. Mais il y a les autres. Ceux qui ont conscience qu’il se passe quelque chose, que le dérèglement climatique frappe, mais qui se sentent démunis. En France ou ailleurs. Dans tous les pays. Ceux-ci ne se déplacent pas. Souvent parce qu’ils se sentent loin de ce monde d’experts, mais aussi parce qu’ils ne le peuvent pas. Des contraintes qu’il ne faut pas négliger. Des barrières culturelles, matérielles ou financières.

Faisons un détour par le terrain

En France, en 2015, le climat sera décrété « grande cause nationale ». Une cause qui doit être portée par tout le territoire. A cette occasion, de nombreux événements sont déjà programmés ou en cours. Mais attention. Ne nous y trompons pas. Ne confondons pas le fond et la forme. Sur le fond, il nous appartient de nous rapprocher du terrain. D’aller à la rencontre de ceux qui ont besoin d’être accompagnés pour lutter contre le dérèglement climatique. De les entendre et de les aider à changer ou à s’adapter. Construire avec eux les solutions. Sur la forme, il est bon de faire passer des messages porteurs d’espoir et de démocratiser le sujet, notamment grâce à l’agenda positif. Il est bon de pouvoir se donner rendez-vous et pourquoi pas pour faire la fête ? Mais je le dis clairement : ne confondons pas le fond et la forme. Pire encore, ne substituons pas la forme au fond.

A Lima, comme ailleurs, il y a eu les jeux de pouvoirs, les pouvoirs d’influence, les jeux de rôles et les doubles discours. Mais tout ceci est un rituel. Et un éclairage diplomatique n’est pas de trop. A Lima, la montagne a accouché d’une souris. Ce qui révèle un véritable problème de méthodologie. Les règles traditionnelles ne sont plus adaptées. A ce stade, je finis par penser que le chemin le plus rapide pour parvenir à la réussite de la COP21 est celui qui nous invite à faire un détour. Un passage par le terrain. En apportant des solutions à ceux qui ne les ont pas encore trouvées. En donnant des gages. C’est ainsi que les contributions nationales seront les plus efficientes. Que la confiance sera retrouvée, que les transferts de technologie, tant attendus par certains, en découleront, et que tout ce que nous ne parvenons pas à écrire dans le texte sera réalité. Alors cessons de mouliner en salle. Bougeons. Allons sur le terrain et aérons ces négociations !

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Députée PS de l’Ardèche

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  • Bonjour, je crois que c’est en effet un sentiment partagé par beaucoup des gens qui assistent aux COPs en tant qu’observateurs. Peut également s’y ajouter une sensation un peu désagréable que chacun n’est là que pour défendre un agenda très autocentré. Votre appel est donc louable, mais puis-je vous demander quelle forme devrait prendre pour vous un tel "passage par le terrain" ?

    20.12 à 23h54 - Répondre - Alerter
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