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26-01-2016
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« Irrespirable », docu plein de souffle sur la pollution de l’air

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« Irrespirable », docu plein de souffle sur la pollution de l'air
(Crédit photo : DR)
 
Bien commun par excellence, l'air pur vient à manquer. Ce mardi à 20h50 sur Arte, un documentaire livre une synthèse complète des enjeux liés à sa pollution. Ce tour d'horizon mondial fait l'effet d'un électrochoc.
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Tout débute par une série de grandes respirations. Il faut au moins ça, se dit-on, pour affronter une heure et demie sur la nocivité de l’air qui s’insinue dans nos poumons. Pourtant, une fois les termes « oxyde d’azote », « ozone » et « nanoparticules » démystifiés, les réticences s’évaporent. On plonge alors dans Irrespirable, des villes au bord de l’asphyxie avec la même concentration que dans un thriller. Car c’est bien une traque, fouillée et rigoureuse, qu’a menée la journaliste Delphine Prunault pendant neuf mois. De Mexico à New Delhi, de ministres en scientifiques, elle progresse sur les traces de ce « tueur de masse dont les morts sont invisibles ».

Sept millions de décès prématurés

Ces invisibles, le documentaire leur donne un visage. Celui d’un petit garçon indien de la région de Singrauli qui grandit au milieu des centrales à charbon et tousse dès qu’il tente de courir. Celui d’une petite fille chinoise qui ne sort que quelques jours par mois de l’appartement familial équipé de cinq purificateurs d’air.

Au delà des individus, il y a les foules : les 25 millions d’habitants de New Delhi qui perdent trois ans d’espérance de vie en respirant un air impur. Les Parisiens qui, pour la même raison, vivent en moyenne six mois de moins que si l’air était pur. Et bien sûr les Pékinois, chez qui le nombre de cancers du poumon a grimpé de 50% en dix ans. Ce qui, au total, donne sept millions de décès prématurés à l’échelle mondiale, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Le danger semble toujours abstrait ? Un gros plan sur les poumons noircis, presque bleutés, d’un ancien non fumeur de São Paulo autopsié, matérialise la menace. Haut-le-cœur garanti.

Ponctué de vues aériennes de villes embrumées et d’images de circulation en accéléré, le documentaire s’attaque au « premier risque environnemental de santé publique » sous toutes ses facettes.

Historique d’abord, puisque l’on apprend l’origine du terme « smog », né à Londres en 1952, lorsque cette espèce hybride de fumée – « smoke » – et de brouillard – « fog » – a tué 4 000 personnes. Economique ensuite. La crise, par exemple, n’est pas étrangère à la baisse de la qualité de l’air en Grèce. Poussés par la pauvreté, les Athéniens ont coupé le chauffage central et redécouvert leurs cheminées, où ils brûlent désormais tout ce qui leur tombe sous la main : palettes et meubles peints qui envoient leur lot de chlore et d’arsenic dans l’atmosphère notamment. Le sujet est bien sûr éminemment politique. Au Brésil, la journée sans voitures n’a-t-elle pas entraîné de violentes protestations de la part d’automobilistes ? Il est industriel enfin, comme en témoigne l’audition devant le Sénat français des constructeurs automobiles jurant sur l’honneur de l’innocuité de leurs nouveaux diesel.

Pression de la société civile et gouvernance mondiale

Au delà du constat accablant, Irrespirable est une invitation à l’action. Le problème de la pollution de l’air « n’est pas irréversible, nous pouvons le résoudre si nous le voulons », soutient le chimiste de l’atmosphère Guy Brasseur en guise d’introduction. Dans sa dernière partie, le documentaire en fait la démonstration. De Berlin et sa zone interdite aux véhicules les plus polluants aux fermetures d’usines autour de Pékin en passant par les décisions sévères du tribunal de l’environnement indien, la journaliste dresse un panel des leviers d’action.

Le ton, résolument volontariste, ne passe pas sous silence les impuissances. En témoigne une séquence gênante au cours de laquelle le maire d’Athènes, interrogé sur le retour du diesel banni depuis vingt-cinq ans, se débine lamentablement. Un passage suivi plus loin d’un beau morceau d’enquête sur la corruption systémique qui entoure les contrôles antipollution brésiliens. Un peu plus tard, un cancérologue chinois assure, en plein déni mais en toute bonne foi, que « la situation n’est pas aussi grave que ce que disent les médecins et les journalistes ». Malgré les crispations, le ton n’est pas fataliste : la pression de la société civile et la mise en place d’une « gouvernance mondiale de la pollution de l’air » émergent comme des pistes réalistes. De quoi reprendre son souffle avant le générique.


- A voir ce mardi 26 janvier à 20h50 sur Arte et ensuite en replay sur Arte +7


- A lire, le livre Irrespirable : comment échapper à l’asphyxie, de Delphine Prunault et Alice Bomboy (Arte éditions / Tallandier, 2015).

A lire aussi sur Terraeco.net :
- « Une sortie du diesel est possible en cinq ans »
- Pourquoi on pense tous que Pékin est la ville la plus polluée au monde
- Xingtai, la ville la plus polluée de Chine

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