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5-06-2015
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Climat

La COP dans les starting blocks

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La COP dans les starting blocks
(Flickr - Arnaud Bouissou - MEDDE)
 
Que fait-on avant un sommet sur le climat ? Une nouvelle session de négociation s'est ouverte à Bonn (Allemagne) le 1er juin. Ce rendez-vous n'est qu'une des nombreuses étapes qui jalonnent le chemin vers la Conférence de Paris sur le climat (COP21). Explications.
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L’adoption d’un accord universel sur le climat ne s’improvise pas. Un texte mettant d’accord 195 Etats sur leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) et leurs contributions aux mesures d’adaptation ne s’écrit pas en deux semaines. Le 30 novembre prochain, quand 40 000 personnes s’engouffreront pour douze jours dans les allées du Bourget (Seine-Saint-Denis) à l’occasion de la COP21, le gros du travail aura été fait. Depuis ce lundi et jusqu’au 11 juin, les négociateurs sont à Bonn pour travailler le texte et préparer le terrain. Ce rendez-vous n’est qu’une étape. Depuis la dernière conférence des parties – 195 Etats plus l’Union européenne – à Lima en décembre dernier, rencontres formelles et informelles, rendus de copies par chaque Etat, et annonces de contributions au fonds vert jalonnent le chemin qui mène de la COP20 à la COP21. Détail d’un parcours de sauts d’obstacle.

1. On négocie et on écrit

La rédaction de ce qui pourrait être l’accord de Paris a débuté à Lima (Pérou), en décembre dernier. Le texte adopté alors, l’Appel de Lima pour l’action climatique, est un « avant projet » qui doit servir de point de départ à la suite des discussions. Tout au long de l’année, l’ouvrage doit être remis sur le métier pour arriver le plus abouti possible au sommet de Paris. En février, les négociateur se sont réunis à Genève (Suisse) pour la première session des groupes de travail, les ADP dans le jargon des négociations. Le volume du texte a alors explosé, passant de 38 à 86 pages. Les délégations ont ramené de Suisse « un texte long avec toutes les options possibles et inimaginables » selon Laurence Tubiana, l’ambassadrice française pour les négociations climatiques. Celui-ci compile à la fois des grands principes et des mesures concrètes tout en regorgeant de propositions contradictoires. « Il est impératif de réduire les options sur la table », expliquait alors Ilze Pruse, la responsable de la délégation de l’Union européenne. C’est ce que ce que font en ce moment les négociateurs à Bonn où se tient la deuxième session. « Jusque-là, chacun présentait ses options, à Bonn on négocie pour de vrai, les choses vont se tendre, il va y avoir des discussions plus difficiles, des clarifications », détaillait Laurence Tubiana, lors d’un point presse le 28 mai. « On ne peut pas attendre de miracle et sortir un texte de 30 pages », prévenait la négociatrice.

2. On ramasse les copies

Aborder les négociations avec en tête ce que chacun est prêt à mettre dans la balance, telle est l’envie qui a conduit à la mise en place, à Lima, d’un système de contributions nationales, les INDC dans le jargon diplomatique. Le principe ? Chaque Etat remet à la Convention cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC) une copie dans laquelle il indique les engagements – mais le terme a été remplacé car jugé trop contraignant - qu’il entend prendre en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES) et de mesures d’adaptations. La règle du jeu ? Que ceux-ci soient plus ambitieux que ceux pris jusqu’alors, au niveau national ou international. « Les pays sont préparés, ils travaillent sur leur contributions plutôt sérieusement », estime Laurence Tubiana. Mais alors que la première date de rendu était fixée au 31 mars, seules 38 parties sur 196 ont, à ce jour, levé le crayon à temps. La Suisse, première à rendre sa copie s’est engagée sur un objectif de -50 % de GES d’ici à 2030 par rapport à 1990. Pour l’Union européenne l’objectif a été fixé à -40 %. Dans cette partie de poker mondiale, Etats-Unis, Russie, Chine, Mexique, Gabon et Norvège ont également posé leurs cartes. Mais, cumulés, ces engagements ne suffiront pas à empêcher la température mondiale de dépasser les 2°C, le seuil à partir duquel le changement climatique sera irréversible selon le GIEC. Reste à connaître les intentions de la majorité, celle des retardataires, pour laquelle la prochaine échéance a été fixée au 1er octobre.

Voir notre carte des pays qui ont déjà rendu leur copie

3. On dissipe les malentendus

Quand ils ne planchent pas sur le texte, les négociateurs se rencontrent de manière informelle. A Lima en mars, puis à Paris en mai avant les prochaines discussions de ce type en juillet. Dans ces réunions qui, jusque-là, ont rassemblé entre 35 et 49 parties, « on ne négocie pas, on n’écrit pas, on ne fait pas de texte » , explique Laurence Tubiana. Ces « informelles » permettent surtout de « dissiper les malentendus » et « d’identifier les divergences ». Parmi celles-ci, les négociateurs butent sur la question de la différenciation. En clair, en terme d’engagements, de financement, les règles doivent-elles être les mêmes entre pays développés et pays en développement ?

4. On remplit le fonds vert

Parallèlement aux négociations, « le financement du fonds vert est une brique décisive pour l’accord climatique de Paris », expliquait Héla Cheikhrouhou la directrice exécutive du fonds. Créé en 2010 pour aider les premiers pays impactés par le changement climatique à financer leurs mesures d’adaptation, le fonds vert est censé récolter 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Pour l’heure la tirelire sonne presque vide. Lors de la conférence des donateurs qui a eu lieu en novembre, le fonds a levé 9,4 milliards d’euros, ajoutées à d’autres engagements, la somme promise s’élève à 10,2 milliards. Mais à ce jour, seuls 4 millards ont déjà été effectivement versés par près de vingt pays, dont la France, l’Allemagne le Royaume-Uni. Ce montant est insuffisant pour que les pays impactés touchent un centime, puisque 50 % des sommes promises doivent être versées pour que l’argent du fonds soit débloqué.

5. On compile les solutions

Pour que la COP ne soit pas qu’une affaire d’Etats et de diplomates, les négociateurs ont invité d’autres acteurs, entreprises, collectivités ou ONG, à prendre des engagements. Telle est la raison d’être de l’Agenda des solutions, une initiative construite comme un « menu d’options » consistant à « expliquer ce qu’on attendait des entreprises et voir leur réaction », selon Laurence Tubiana. Les entreprises sont, par exemple, invitées à mettre sur pied un plan d’action de réduction des émissions, comme vient de l’annoncer Ikéa, ou à soutenir les mesures favorables au climat, type taxe carbone, proposées par le gouvernement. A l’image de Bank Track, certaines ONG craignent toutefois que le portail NAZCA, ouvert en mai dernier à cette fin, soit utilisé comme un outil de greenwashing par certains acteurs économiques.

A lire aussi : EDF, Air France et BNP Paribas s’achètent l’amitié du climat Conférence sur le climat 2015 : c’est quoi ? Ça sert à quoi ?

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