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28-10-2015
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France

J’ai testé : le Web écolo

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J'ai testé : le Web écolo
(Crédit illustration : Julien Couty pour «~Terra eco~»)
 
Face à la pollution numérique, j’ai tenté un régime. Une détox ? Trop dur. J’ai préféré adopter de bonnes pratiques, notamment dans ma messagerie.
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N° 72 - novembre 2015

Comment le capitalisme va croquer l’économie du partage

La machine a été la première à tirer le signal d’alarme. « Vous utilisez la totalité de votre espace de stockage. Il vous sera bientôt impossible d’envoyer et de recevoir des mails. » Ce matin-là, en ouvrant ma boîte mail, la douche était froide avant même la salle de bain. « Ce n’est pas illimité ? Je vais devoir trier les 15 000 messages emmagasinés depuis 2007 ? » Avant de me faire moins égoïste : « Je prends trop de place sur la Toile, c’est grave docteur ? » Je connaissais les data centers (« centres de données »), où s’alignent des barres de serveurs qui consomment une énergie monstre pour garder la tête froide.

Avec son nucléaire bon marché, la France se place au 4e rang mondial pour le stockage et le traitement des données informatiques, d’après Datacentermap.com, site qui référence les équipements mondiaux. L’Hexagone compte ainsi 141 data centers qui pompent 1 % de notre consommation énergétique, lit-on dans La face cachée du numérique. J’en suis en partie responsable car tous mes mails sont là. Même les pubs de La Redoute parcourues en cinq secondes. Si on y ajoute l’énergie avalée par mes équipements et leurs composants riches en plastiques et métaux rares, les efforts que je fais pour verdir ma vie sont en partie anéantis par mon double virtuel.

Porte-à-porte en pyjama

Je ne suis pas geek mais j’aime assez Internet pour faire du porte-à-porte en pyjama et emprunter le wifi des voisins quand ma box fait grève. Je reçois une centaine de mails par jour : newsletters, communiqués de presse, messages personnels et professionnels… Voilà comment, année après année, j’ai saturé les 15 gigaoctets de mon compte Gmail. Deux missions : jeter les messages inutiles et me désabonner des newsletters envahissantes. Je panique à l’idée de plonger dans les phrases minuscules qui indiquent, en bas de chaque message, les procédures à suivre pour sortir de tel ou tel mailing. Heureusement, il y a Unroll.me. J’y entre mon adresse mail – attention, cela ne fonctionne pas avec toutes les messageries – et le site détecte 247 abonnements. J’en sélectionne 115 et Unroll.me me désabonne. Ciao les alertes de la Fédération française de volley et les relances de ce magasin pour bébés qui pensait, depuis la commande d’un cadeau, que j’étais une maman adepte du shopping sur le Net. Je suis aussi les conseils de Backbn.fr, un site dédié à l’impact environnemental d’Internet : compresser mes pièces jointes, sélectionner mes destinataires en cas d’envois multiples… Mais mettre ma boîte mail à la diète n’est qu’un premier pas. Car je vais aussi devoir prendre en main ma sérendipité, cette tendance à chercher une étude sur le gaz de schiste avant de finir devant une vidéo de bébé hérisson. « 29 millions d’internautes français effectuent en moyenne 949 recherches par an, ce qui correspond à l’émission d’environ 287 600 tonnes équivalent CO2, c’est-à-dire plus de 1,5 million de kilomètres parcourus en voiture », souligne l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans un guide. Qu’y puis-je ?

Je me décide à créer une liste de favoris digne de ce nom pour ne plus taper « pages jaunes » ou « programme télé » dans ma barre Google. Cela divisera par quatre mes émissions de gaz à effet de serre, promet l’Ademe. Je teste aussi Ecosia, un moteur de recherche qui finance la plantation d’arbres au Brésil. L’idée est séduisante mais impossible de savoir à quelle hauteur j’y contribue. Avec Lilo, c’est plus transparent. A chaque recherche, je collecte une goutte d’eau que je peux reverser à des associations. 18 000 euros ont déjà été distribués. L’opération n’est en fait que financière car Ecosia, Lilo et les autres ne sont que des métamoteurs : ils s’appuient sur les algorithmes de Google ou Yahoo qui les rémunèrent pour mes clics. Rien d’écologique, si ce n’est que, grâce au compteur, je découvre que je dépasse les 500 requêtes par jour. Etait-ce nécessaire de vérifier la date de naissance du présentateur Julian Bugier lors d’une conversation avec une copine ? Pas sûr, mais si ça peut aider des projets solidaires, je m’endors la conscience plus légère.


- La règle de trois

L’idée vient de la signature des mails d’un chercheur : « Après trois mails, parlons-nous. » Cela pousserait ses destinataires à être concis dès leur premier texte.


- Un livre (papier)

La face cachée du numérique, de Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot (L’Echappée, 2013). Une enquête sur les bienfaits (ou pas) de la dématérialisation.


- L’Internet associatif

Une trentaine de fournisseurs d’accès associatifs proposent le surf sans les géants du secteur. Abonnement plus cher mais données protégées.

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4 commentaires
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  • et on peut tester les boîtes mails éthiques ? Genre Newmanity qui sensibilise aussi régulièrement à la conso d’énergie due aux mails :)

    27.04 à 20h46 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    L’impact environnemental de l’utilisation d’internet est un sujet primordial et trompeur.

    J’ai remarqué au niveau de ma profession ( 25 ans d’ancienneté) que depuis l’arrivée de l’informatique, puis d’internet, l’argument premier qui était d’économiser de la main d’oeuvre et du papier, n’est plus valable, du moins, il a atteint sa limite.

    J’observe même l’effet inverse depuis quelques années, à savoir :
    plus de papier imprimé, paradoxalement.
    plus de PC et autre matériel très polluant à renouveler car les performances ne suffisent plus, les pièces de rechange ne se vendent plus, etc...
    baisse de la productivité à cause des tâches satellites à effectuer en plus de notre métier.
    nouvelles pollutions engendrées.

    Conclusion : je pense que l’informatisation à tout prix pour diminuer l’impact sur l’environnement est un leurre.

    25.11 à 08h21 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,

    Les gestes que vous proposez sont intéressants. Mais, comme vous le dites, il s’agit de gouttes d’eau.

    Les 4 gestes clés pour réduire significativement vos impacts environnementaux liés à votre usage de l’internet sont :
    - Allonger la durée de vie des équipements (attendre le plus possible avant de changer d’ordi...).
    - Eteindre sa box et le boîtier TV quand on ne s’en sert pas.
    - Limiter l’usage du cloud au strict nécessaire.
    - Arrêter de regarder la télévision via l’internet.

    Nous avons détaillé ces gestes clés ici en juin dernier.

    Par ailleurs, comme nous le démontrons dans une étude dont les résultats clés ont été publié ici, les impacts sont surtout liés à la fabrication de votre ordinateur, pas aux centres de données.

    C’est franchement décevant que Terra Eco propage ce genre de contre-vérité...

    Il faut absolument faire prendre conscience aux internautes que les impacts sont principalement liés à la fabrication des équipements (200 terminaux internaute pour 1 serveur) et que les internautes et le réseau consomment 2 fois plus d’énergie que les centres de données.

    22.11 à 17h02 - Répondre - Alerter
  • Quand on a un compte Google, on peut demander à se faire faire une archive compactée de tous les messages, toutes les photos, etc. Il faut le demander plusieurs jours à l’avance et on reçoit un lien de téléchargement.
    On peut ensuite supprimer sans remords ses messages anciens.

    10.11 à 08h43 - Répondre - Alerter
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