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5-01-2009

New deal vert : 30 idées pour changer le monde

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Englués dans la crise, les gouvernants sortent l’artillerie lourde. Plan pour l’automobile, milliards pour les banques, programme de grands travaux… « Terra Economica » a décidé d’aller plus vite, plus haut, plus fort. Et a réuni les meilleurs experts internationaux et acteurs locaux pour concocter un New Deal vert. Voici nos 30 propositions pour sortir de cette multicrise.
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"New deal vert : 30 idées pour changer le monde"

« Les Pyramides sont sans conteste l’écoquartier le plus reposant du Grand Paris. La ville nouvelle d’Evry était au siècle dernier l’un des points chauds d’Ile-de-France. Aujourd’hui en 2030, les gens se battent pour intégrer les appartements à énergie positive et équipés de jardins ouvriers. On y trouve des cadres de la Snecma – l’usine de moteurs d’avion reconvertie dans le solaire après le Grand Marasme –, ou des composteurs de la Recyclerie organique du coin. L’émission de microcrédits en monnaie locale, le Coq, a permis l’installation de nombreux ateliers et de commerces fournis directement par les agriculteurs bios de la région… »

Stop. Rembobinons. Nous sommes bien en 2009 en pleine dépression économique. Le « Green New Deal », un ambitieux programme imaginé par le groupe de réflexion britannique New Economics Foundation n’a pas encore eu le temps de créer les conditions de ce changement spectaculaire. Mais les choses se précisent. Barack Obama est peut-être ce nouveau Roosevelt que l’Amérique attend. Un président capable d’appliquer la seule politique possible, la « décarbonisation » de l’économie. « Franklin Roosevelt a mis 100 jours pour imposer le New Deal en 1933, nous avons 100 mois pour enrayer le “ triple crunch ” – crises économique, énergétique et climatique – grâce au Green New Deal », affirme la NEF. Cent mois ? C’est en effet le délai estimé par les experts du climat pour inverser la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre et ne pas dépasser les 2° C d’augmentation critique de la température globale. Aie !

Une bonne guerre

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue) n’a quant à lui laissé que deux ans aux meilleurs économistes de la planète pour élaborer un New Deal écologique. Cinq secteurs sont concernés par leurs propositions : énergies et technologies propres, agriculture durable, écosystèmes, déforestation et villes durables. Cette économie verte pourrait favoriser la création de dizaines de millions d’emplois, selon un rapport du Pnue.

Terra Economica a pris les devants. Notre rédaction a offert une carte blanche et deux semaines à d’éminents spécialistes internationaux pour coucher sur le papier les 30 propositions clés de leur New Deal. « Ce slogan mobilisateur associe chez tout le monde les deux grandes crises du système, de 1929 et de 2008 », note Pierre Calame, polytechnicien et directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer. Toutefois, « le New Deal de Roosevelt était national. Aujourd’hui, un Green New Deal doit être mondial. C’est déjà ce qu’affirme la coalition européenne autour de Daniel Cohn-Bendit ». Pierre Calame souligne aussi que le New Deal n’a pas suffi à relancer l’économie américaine. Il a fallu pour cela la Deuxième Guerre mondiale… Une bonne guerre ? L’effort qui doit être mené pour atténuer les bouleversements du climat y ressemble à s’y méprendre. Voyez plutôt : 500 milliards de dollars par an devraient y être investis jusqu’en 2030, selon l’ONU. Il faudrait en outre consacrer 1 900 milliards aux énergies propres d’ici à 2020. Or, selon la Deutsche Bank, les énergies renouvelables créent, à investissement égal, jusqu’à quatre fois plus d’emplois que les énergies fossiles et nucléaire. De quoi embaucher une montagne de « cols verts ». Tous en voiture… électrique Parfait. Mais où trouver le carburant ? Enfin l’argent. Pourquoi pas dans l’épargne privée ? « Plutôt que pousser les gens à consommer à outrance, et à acheter des produits importés ou à courte durée de vie, le temps est venu de les encourager à investir à plus long terme », propose Andrew Simms, de la NEF. « Cela suppose une réglementation et un cadre de régulation publics qui créent les bonnes incitations économiques et supprime les mauvaises », rebondit Laurence Tubiana, directrice de la chaire de développement durable de Sciences-Po. Et il y a de la marge : les subventions publiques nuisibles à l’environnement s’élèveraient à 850 milliards de dollars par an dans le monde, dont une bonne partie au profit des énergies fossiles, selon Norman Myers dans son livre Perverse Subsidies (Island Press). Détourner les aides de la PAC de l’agriculture intensive vers la production durable aurait, par exemple, des effets positifs sur l’environnement et sur l’emploi.

Les ingrédients d’une relance keynésienne sont donc réunis : une bonne dose d’intervention de l’Etat, une louche de grands travaux, et servez à gogo la croissance verte. Tous en voiture électrique, et c’est reparti pour un tour ? Pas vraiment. Pour Achim Steiner, directeur du Pnue, le marché livré à lui-même a échoué, « déclenchant des pertes toujours plus importantes et plus inquiétantes du capital et des ressources naturelles ». Sa régulation constitue donc un passage nécessaire. Nos experts insistent sur l’indispensable architecture financière mondiale et l’abolition des paradis fiscaux.

Ensuite, comme une économie 100 % administrée n’est pas forcément souhaitable, ils proposent des mesures fondées sur le marché. Leurs propositions vont des échanges de droits de pêche, à la prise en compte dans les prix du coût des impacts sur l’environnement, en passant par la rémunération des services rendus par la biodiversité.

Les revenus du CO2

Cette démarche un poil comptable est censée entraver les logiques qui régissent nos sociétés : l’accumulation des richesses, incompatible avec la préservation d’un monde fini. Ou la concurrence à tout crin, à laquelle certains veulent substituer la coopération entre entreprises autour de l’écoconception, notamment. De marchandises, l’environnement et ses ressources pourraient se muer en valeurs refuges. Les ventes de quotas d’émissions de CO2 aux entreprises polluantes vont générer des ressources. Elles devront être affectées à la solidarité internationale, et aux 2,8 milliards d’indigents, avance l’ONG EcoEquity.

Utopique ? Sans doute. Pierre Calame rêve carrément d’« oeconomie » : « De nouvelles règles de gestion de la maison commune, la planète, assurant à la fois l’équité entre les régions du monde et l’équilibre entre l’humanité et la biosphère. » Mais le Green New Deal exige un autre regard sur nos décisions. « A-t-on pris en considération la mobilité automobile générée par l’obligation faite à un chômeur d’accepter 60 km de transport quotidien pour aller travailler ? », interroge, par exemple, l’économiste Julien Allaire. Et d’autres objectifs que la Sainte Croissance. Malgré une hausse anémique du PIB, la richesse de la France a doublé depuis 1974. Et la nôtre ? —


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