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5-01-2009

A Munich, l’eau baigne dans le bio

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« Nous garantissons une eau “ sans chimie ” pour 1,3 million d’habitants. » Bettina Hess, la porteparole du service des eaux de Munich (SWM) n’est pas peu fière du tour de force de la capitale bavaroise. Depuis plus de cent ans, une eau « naturellement  » pure s’écoule des robinets de l’agglomération. Inaugurée au siècle dernier, l’usine de production d’eau potable n’a jamais eu recours aux filtrages à l’azote ou au chlore. Comme aux premiers jours, elle puise son eau claire dans la vallée du Mangfall à 40 kilomètres de là. Prairie et forêt à perte de vue, ce bassin hydraulique alimente 80 % des besoins de la ville.

Un parfum alternatif

En trente ans, la teneur en nitrates des eaux du Mangfall a été multipliée par 7 pour atteindre 14 mg/l en 1991. La raison  ? Le développement de l’agriculture intensive et le recours aux pesticides. « A l’époque, nous étions encore très loin des valeurs maximales autorisées [50 mg/l], mais cette tendance inquiétante nous a convaincus qu’il fallait agir de façon préventive », se souvient Bettina Hess. Plutôt que construire une usine de purification, Munich décide de s’attaquer à la racine du problème.

Le SWM veut convaincre les exploitants de la région d’abandonner les pesticides. L’agriculture biologique serait-elle un remède à la pollution du fleuve ? Au départ, l’idée a du mal à passer. « Les paysans du cru sont plutôt conservateurs, admet Peter Manusch, responsable de l’organisme de certification bio Naturland. A l’époque, le bio dégageait un déplaisant parfum alternatif.  » Pour les inciter à franchir le pas, le SWM a sorti le carnet de chèques. En moyenne 10 440 euros par an pendant dix-huit ans. A titre de comparaison, en France, les subventions de ce type sont plafonnées à 7 600 euros et s’interrompent au bout de cinq ans.

2 vaches par hectare

En contrepartie, les bénéficiaires du programme, principalement des producteurs laitiers, s’engagent à respecter un cahier des charges très strict : pas plus de 2 vaches par hectare, l’obligation d’un couvert végétal en hiver ou de produire son propre fourrage. « Sans compensation financière, je ne me serais pas lancé, reconnaît Anton Kroell, qui s’est converti dès 1994. Aujourd’hui avec le bio subventionné, je gagne mieux ma vie. C’est surtout cela qui m’a convaincu. » Comme lui, les agriculteurs qui ont souscrit à l’offre du SWM ont vu leurs revenus grimper de 20 % à 25 %.

Huit exploitations sur dix se sont converties depuis le lancement de l’opération en 1992. A l’autre bout de la chaîne, le taux de nitrate rechute à 5 ml/g. L’eau de Munich devient ainsi la meilleure du pays. Et aussi l’une des moins chères. Ce modèle est-il exportable ? « Ici, la conversion au bio n’était pas très compliquée à mettre en oeuvre : les pratiques des exploitants étaient assez peu éloignées de nos exigences, reconnaît Bettina Hess. Mais beaucoup de Français que nous accueillons sont à la tête d’exploitations de très grande taille et estiment qu’ils auront plus de mal à tourner le dos à l’agriculture intensive. » —


POUR UNE PAC AGRO-ECOLO

« L’agriculture productiviste, mécanisée et industrialisée est aussi destructiviste », estime Marc Dufumier. L’agronome prône le basculement du tiers des 9,5 milliards d’euros que reçoit la France de la politique agricole commune vers la reconversion à l’agroécologie. Il décrit les cercles vertueux de méthodes oubliées : la rotation des cultures et le retour des légumineuses (luzerne, trèfle, lentilles, haricots...) donnant des engrais azotés naturels aux sols et des protéines aux hommes et aux animaux. Suffisamment pour ne plus importer le soja transgénique destiné au bétail, ralentir la consommation de viande et, en enrichissant la biodiversité, faciliter la pollinisation des abeilles.

PROTEGER LES CULTURES VIVRIERES

Selon Marc Dufumier, la remise en cause des accords commerciaux internationaux est impérative afin de réinstaurer des droits de douane en Europe sur les protéagineux (soja brésilien...) et de les produire sous nos latitudes. Et surtout pour que les

pays du Sud puissent préserver leurs cultures vivrières, concurrencées par les céréales européennes ou américaines subventionnées. « Les rentrées fiscales ainsi prélevées permettront de subventionner l’achat par les populations des villes d’aliments locaux. »

ARRETER LE PILLAGE DES MERS

Remplacer les quotas nationaux par des droits de pêche individuels et échangeables, c’est l’idée défendue par l’économiste Jacques Weber. Ces droits de pêche sont déjà appliqués avec succès dans certaines régions du monde (Alaska, Pays-Bas pour la sole...). Ils pourraient être revendus, à charge pour les pouvoirs publics d’empêcher la concentration des entreprises, observée notamment en Islande. Autre proposition : taxer les rejets des bateaux, qui ne conservent parfois que 10 % de leurs prises, proportionnellement à la part commercialisée.
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