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5-01-2009

Le palmas, monnaie de la favela

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A Fortaleza, dans le nord du Brésil, un quartier a créé sa banque et sa propre monnaie. Bilan : les habitants achètent local et génèrent des emplois.
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« Ici, nous acceptons les palmas. » Sur les murs des épiceries du Conjunto Palmeiras, l’inscription peinte en vert et blanc côtoie les logos de Visa et de Mastercard. Depuis 2002, ce quartier périphérique de Fortaleza, au nord du Brésil, a créé sa propre monnaie, le palmas, pour inciter ses habitants à dépenser leurs revenus près de chez eux. Objectif : générer de l’emploi et dynamiser l’économie locale pour réduire violence et insécurité.

Quand les premières familles ont débarqué en 1973, Conjunto Palmeiras n’était qu’un terrain vague. La favela ne s’est raccordée au réseau électrique qu’au milieu des années 1980, à l’eau courante et à l’assainissement une décennie plus tard. En 1998, aidée par des ONG, l’Association des habitants a mis sur pied une banque de microcrédit pour encourager la création de très petites entreprises. Puis elle a décidé de doubler son crédit à la production d’une ligne de microcrédit à la consommation, délivré en monnaie locale et sans intérêts.

Pour de nombreux habitants qui sont exclus du système bancaire classique, il s’agit d’un vrai bol d’oxygène.

Des crédits de 30 euros

Maria Nacilia de Lima da Silva est couturière. Elle emprunte en palmas quand ses clients mettent du temps à la payer. Puis rembourse la banque en reals ou en monnaie sociale quand les factures sont acquittées. « Je dépense surtout les palmas pour l’alimentation, raconte-t-elle. Je peux acheter plus avec moins car les commerçants font une promotion quand on paie en monnaie sociale. » Aujourd’hui, le palmas vaut un real, la monnaie nationale brésilienne. Il est convertible, mais uniquement par les producteurs et les commerçants.

En 2007, 609 microcrédits à la consommation d’un montant maximal de 30 euros ont été accordés par la banque. Environ un tiers des commerçants acceptent aujourd’hui la monnaie. 25 000 palmas – un peu plus de 8 000 euros – circulent ainsi dans le quartier.

Francesco Erisvaldo Bezerra, le président de l’Association des commerçants, a fait ce choix « pour le développement du quartier ». Mais son intérêt est aussi commercial : un palmas sera forcément dépensé dans Conjunto Palmeiras et fera l’aller-retour dans sa caisse. « Un jour, j’ai marqué un billet dans un coin au stylo pour le reconnaître. A la fin de la journée, j’ai compté qu’il m’était revenu cinq fois », raconte l’épicier. Le prochain défi de la banque consistera à élargir son périmètre d’action. Les utilisateurs du palmas restent limités au quartier qui compte 32 000 habitants. Mais son pari séduit déjà en dehors de ses frontières : 33 banques communautaires ont été créées sur son modèle au Brésil. —

(Ce reportage réalisé avec la bourse Avina du journalisme d’investigation sur le développement durable.)


POUR UNE MONNAIE MONDIALE VIRTUELLE…

La crise actuelle n’est en rien monétaire, la prochaine le sera sans doute. Pour l’économiste Edwin Le Héron, le G20 doit remettre en question « l’hégémonie et l’hémorragie du dollar ». D’un côté, les Etats-Unis payent leurs importations des clopinettes, vivent audessus de leurs moyens et creusent leur déficit commercial. De l’autre, les dollars s’accumulent dans les fonds souverains (4 000 milliards de dollars) ou en Chine (1 400 milliards). Edwin Le Héron plaide pour une monnaie mondiale intégrant les principales devises, renforçant celles sous-évaluées, comme le yuan chinois, et mettant fin à ce protectionnisme déguisé. Cette unité de compte serait gérée par une Banque centrale internationale.

… OU PHYSIQUE : LE TERRA

L’idée de l’ancien haut fonctionnaire de la Banque centrale belge Bernard Lietaer : une monnaie mondiale « physique » constituée d’un panier de marchandises (pétrole, blé, cuivre…) qui remplacerait l’étalon or. Elle désamorcerait la spéculation sur les matières premières en régulant les marchés mondiaux grâce à des « stocks tampons », appelés à devenir un bien public mondial. Ces stocks stabilisateurs permettraient de faire baisser les prix lors des crises énergétique et alimentaire. Ils seraient financés par les Etats, les fonds de pension, les fonds souverains et les multinationales.

MEGA CLASS ACTION Plusieurs fois promises en France, toujours torpillées, les actions de groupe, ou « class action », permettent aux consommateurs et citoyens de se retourner collectivement contre une entreprise ou une administration, pour réclamer réparation d’un dommage. Chose compliquée et coûteuse à obtenir individuellement.

PRODUITS VERTS DÉTAXÉS

Un taux de TVA réduit à 5 %, plutôt que le minimum actuel de 15 %, sur les matériaux d’isolation, les ampoules écoénergétiques et les appareils ménagers à faible consommation d’énergie. L’idée de Londres et Paris, reprise par la Commission européenne, ne fait toutefois pas l’unanimité.

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