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Au Niger, Areva a mauvaise mine pour l’ONG Sherpa

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Au Niger, Areva a mauvaise mine pour l'ONG Sherpa
((Capture d'écran d'une vidéo sur la mine d'uranium d'Arlit, au Niger - Areva))
 
L'ONG Sherpa, spécialisée dans la lutte contre les crimes économiques met fin à son partenariat avec Areva. Elle juge que le groupe nucléaire n'a pas respecté ses engagements.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

En accord avec ses partenaires nigériens et gabonais, ainsi qu’avec l’Association des anciens travailleurs de Mounana - site minier exploité par Areva au Gabon -, Sherpa s’est retiré des accords passés avec Areva en 2009 et qui visaient deux objectifs : la création d’observatoires de santé, dans un premier temps sur les sites miniers de Mounana au Gabon et d’Arlit au Niger, pour prendre en compte les risques sanitaires liés l’exploitation de l’uranium et l’indemnisation des anciens employés africains ou français du groupe ayant travaillé sur ces sites et ayant contractés des pathologies liées à leur activité professionnelle.

A l’origine de ce partenariat, des enquêtes menées depuis 2003 par Sherpa, Médecins du Monde et la CRIIRAD avaient révélé de fortes suspicions sur les maladies professionnelles contractées par les miniers durant plusieurs décennies. En avril 2007, Sherpa, Médecins du Monde et la CRIIRAD ont publié une seconde enquête qui accusait officiellement les dirigeants d’Areva d’avoir négligé les conséquences sanitaires et environnementales de leurs activités. A l’époque, Sherpa menace de déposer une plainte pour « mise en danger d’autrui, homicides involontaires et faute inexcusable » contre l’industriel. Areva répond alors en arguant des « mesures prises en matière de suivi médical et sanitaire (…) Les actions récentes menées en faveur de la création d’un observatoire de la santé témoignent de l’engagement d’Areva dans ce domaine ». Deux ans plus tard, l’observatoire évoqué par Areva laisse place à un accord conclu avec Sherpa sur la création d’un « observatoire de la santé pluraliste » sur les sites du groupe, afin d’étudier la situation sanitaire des populations locales et le cas échéant, faire reconnaitre les maladies contractées par les mineurs comme « maladies professionnelles », selon la définition donnée par la sécurité sociale française.

Opération de communication

Trois ans plus tard, quel est le bilan de ce partenariat ? Sherpa évoque une « exécution partielle des accords qui a permis la mise en place de manière effective des Observatoires de Santé sur les sites de Mounana et d’Arlit », « le suivi médical de plus de 700 travailleurs africains » et « l’indemnisation de deux familles d’expatriés français ». En revanche, aucune indemnisation n’a été réalisée pour les employés locaux ayant contracté différentes pathologies liées à l’exploitation l’uranium.

L’association évoque un « changement de la culture de l’entreprise en termes de développement durable », la nouvelle direction d’Areva ayant réduit selon elle « l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage ». « La décontamination du site de Mounana, dont l’exploitation a cessé en 1999, promise par Madame Anne Lauvergeon, est en panne (…) La société semble même aujourd’hui se dédouaner des engagements pris par cette personne », indique ainsi l’ONG.

De son côté, l’industriel a fait part de son « incompréhension » concernant la décision de Sherpa et affirme être d’autant plus étonné de sa réaction que l’ONG « l’avait informé publiquement, à deux reprises, de sa "satisfaction" quant aux avancées et résultats provisoires des Observatoires de santé (…) ». Il met en avant la réalisation de ces observatoires qui constituent « une première dans le monde minier » permettant « d’assurer un suivi post professionnel des anciens mineurs mais également une veille sanitaire des populations vivant aux alentours des sites miniers ».

Cet article de Véronique Smée a initialement été publiée sur Novethic le 20 décembre 2012

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  • Comment Sherpa a pu se commettre avec AREVA.
    Quand on connait un tant soit peu ce l’histoire d’AREVA c’est plus que bizarre.
    Je sais Sherpa crevait par absence de moyens et AREVA s’achetait à peu de frais un peu d’image - toujours la poudre aux yeux - mais s’était prévisible. AREVA ne peut pas aller contre ses intérêts. Donc il y avait contradiction flagrante dans l’accord.
    Comme quoi, le fric est du coté des dictatures dans notre système mondial des salauds. LE plus fort décide et asservit les autres jusqu’au moment où un autre parvient à dominer. On appelle cela la loi de la jungle. En contradiction totale avec les principes des droits de l’homme.
    Comment peut-on accepter de vivre dans cette contradiction irréfragable ?
    ça ne peut que générer des guerres perpétuelles ...
    La modernité tant vantée de nos sociétés est une vaste fumisterie !

    30.12 à 12h43 - Répondre - Alerter
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