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21-11-2015
Mots clés
Climat
Europe
Reportage

Marjan Minnesma vs les Pays-Bas : la cour d’assises du climat

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(Crédit photo : Peter Boer / Hollandse Hoogte)

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(Crédit photo : Marco Okhuizen / Hollandse Hoogte)

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(Crédit photo : Chantal Bekker / Urgenda)

 
La décision fait et fera date. Pour la première fois, en juin dernier, la justice néerlandaise ordonnait à l’Etat de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Une victoire inespérée que la directrice de l’ONG Urgenda compte bien faire fructifier.

Dans la file d’attente, elle étouffe un gloussement, deux amies pour spectatrices. Là, sur le tapis qui roule et repart par à-coups, il faut livrer son ordinateur, ses clés, son téléphone, tout ce qu’on a dans les poches, de public et d’intime. Et puis, il faut déposer ses chaussures, offrandes aux policiers stoïques. Elle a un trou dans son collant, échelle sombre qui laisse filer un orteil. Cette bravade discrète dans le cadre formel du Parlement néerlandais amuse la petite bande. Marjan Minnesma est venue d’Amsterdam à La Haye avec son équipe et d’autres ONG écouter les députés débattre à huis clos de l’avenir de son dossier. La veille, l’Etat a décidé de faire appel. Aujourd’hui, la Chambre des représentants s’écoute sur le chemin à prendre : le plus court vers la Cour suprême, le plus long via la procédure d’appel ordinaire. Perchée dans la mezzanine qui domine les politiques, elle écoute, longue silhouette habillée de vif, chignon enrubanné. Sous ses pieds, une dizaine de parlementaires se succèdent à la tribune. Il y a le travailliste qui n’ose trahir son camp, le nationaliste qui souligne, sans rire, que le CO2 fait pousser les plantes, la protectrice des animaux qui dépose, en un murmure étranglé, une « motion de tristesse ». Courbée sur son téléphone, Marjan tweete son agacement, sans hausser une épaule, sans céder un soupir. Prend une photo à la volée malgré les policiers qui veillent, jette un œil sur un communiqué tendu par les siens. Puis se lève à la suspension de séance pour dire, tout en sourire, qu’on ne fera jamais d’elle une politicienne. Le Parlement a choisi la voie longue, celle que Marjan, impatiente, redoutait.

Ce 24 septembre n’a pas la couleur d’un 24 juin. Pas simplement parce que la bruine glace les doigts et mouille les encolures. Trois mois plus tôt, devant une cour de justice du district de La Haye, il avait suffi qu’un juge, barbe blanche et lunettes raides, prononce quelques mots pour que les poings de Marjan se serrent vers le ciel et que les cœurs s’embrasent. La victoire avait fusé en cris, des corps en avaient étreint d’autres, un avocat, robe noire et rabat blanc, avait osé un sanglot. Ce jour-là, Urgenda, l’ONG fondée par Marjan huit ans plus tôt, avait remporté la bataille. Après une procédure de trois ans, elle avait convaincu un tribunal que l’immobilisme du gouvernement néerlandais en matière de lutte contre le changement climatique était illégal. Qu’au nom du devoir de protéger ses citoyens, il lui fallait réduire a minima ses émissions de gaz à effet de serre de 25% à l’horizon 2020. Jusqu’alors parée de chiches efforts, la coalition au pouvoir affichait un objectif de réduction de 16% à la même échéance.

Ridicule. « Nous étions des précurseurs dans les années 1980 et 1990, nous sommes désormais à la traîne. En Europe, nous sommes vingt-sixièmes sur vingt-huit en matière d’énergies renouvelables (1). On a juste un peu d’éolien et de biomasse, qui pèsent pour 4%. Et puis, on est aussi dans le top 10 mondial des plus gros pollueurs par tête », s’agace la directrice. Au petit jour, dans le train qui roulait lestement vers La Haye, Dennis van Berkel, spécialiste des questions judiciaires chez Urgenda, avait déroulé l’argumentaire de l’Etat : « Pour le gouvernement, nos efforts n’ont pas beaucoup d’importance. Nous sommes un petit pays qui émet peu en termes absolus (environ 0,4% des émissions mondiales, ndlr). Pourtant le juge l’a bien dit à l’Etat en juin : “Cela ne vous autorise pas à passer outre l’obligation de réduire vos émissions”. » (…)

Vous pourrez découvrir l’intégralité de ce reportage dans le hors-série « Le climat de vous à moi », disponible en kiosque et sur commande, en suivant ce lien. Bonne lecture !

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