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Scènes, climat et remue-méninges

Par Hervé Fournier, Dominique Béhar
13-12-2013

Reporting environnemental dans les équipements culturels. Retour sur l’expérience Britannique.

En 2012, l’équivalent de notre Ministère de la Culture en Grande Bretagne impose dans l’attribution de ses financements une obligation de reporting environnemental. Cette écoconditionnalité des aides concerne environ 700 organisations et doit être honorée sous trois ans. Un premier bilan de l’expérience vient d’être édité par l'agence Julie's Bicycle, pour le compte des autorités gouvernementales.

Retrouver le bilan d’un an de reporting sur :

SUSTAINING GREAT ART, Environmental report results Year One and Highlights

Un reporting léger en année de lancement

Lors de la première année, il est simplement demandé aux établissements de formaliser une politique environnementale et d’écrire un plan d’action [1]. Le reporting en fin d’exercice comprend a minima la délivrance de données sur les consommations d’énergie et d’eau. Ces données sont collectées via un outil sous logiciel libre (surveymonkey) spécialement adapté par Julie’s Bicycle dans le cadre d’une co construction avec les opérateurs culturels [2]. Les données sont ensuite traduites en CO2 et en montants financiers selon des facteurs d’émission reconnus.

Une approche filière de la question environnementale

Sur les 700 organisations ciblées, 635 ont répondu à l’obligation. Près de la moitié satisfait aux exigences en année 1 ce qui permet d’évaluer par extrapolation un impact carbone annuel de la filière des équipements culturels de 121 000 tonnes de carbone, soit l’équivalent environ des émissions annuelles de 50 000 français. Les quelques données chiffrées collectées ont une vertu pédagogique et de mobilisation des équipes au sein d’une filière culturelle qui depuis 2006, sous l’impulsion à l’époque de la ville de Londres [3] puis du Arts Council national, s’interroge sur son impact environnemental.

Mais ce sont les réponses aux questions qualitatives qui donnent tout son intérêt à cette évaluation. 86 % des répondants s’accordent sur le caractère différenciant qu’apporte ce reporting à la filière culturelle. 79% reconnaissent que cette démarche singularise leur équipement en terme d’innovation.

Penser autrement l’investissement, être imaginatif dans le fonctionnement

Les limites de cet exercice sont connues par les autorités et constituent autant de pistes d’amélioration pour la seconde année de mise en œuvre : l’outil est inadéquate pour les micro entreprises culturelles, pour celles qui produisent des tournées, pour celles qui ne contrôlent pas leurs flux environnementaux. De fait, les données sur les transports et les déchets deviennent obligatoires en année 2, les échanges d’expériences seront accentués.

Du côté des opérateurs culturels, la vague de scepticisme sur un tel sujet est passée. Chacun dans son périmètre d’action et d’influence accepte désormais cette approche nationale qui incite à penser l’investissement dans l’équipement autrement et à être imaginatif dans son fonctionnement quotidien.

Nous ne sommes pas dans une transition mais bien dans la construction de nouveaux modèles de gestion pour la filière culturelle britannique qui garantit ainsi sa pérennité économique.

(extrait page 7) « A holistic approach to arts and culture, intent on shoring up strength and wellbeing over the coming decades, will consider the likely systemic changes already influencing mainstream thinking and put environmental sustainability and innovation at the forefront.

This thinking should start now. »

[1] Pour une analyse comparée, rappelons que le niveau 1 du management environnemental par étape, qui découpe la norme ISO 14001 en 3 étapes, comprend les points suivants : le lancement de la démarche par la direction ; l’analyse réglementaire préliminaire ; l’analyse environnementale préliminaire ; le plan d’action ; la mise en œuvre et suivi du plan d’action ; la formalisation de l’engagement et une revue de direction.

[2] Sept séances d’information ont eu lieu de mai à juillet 2012, impliquant plus de 241 structures.

[3] Voir billet A Londres, les musées aussi se mobilisent

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A PROPOS

Hervé Fournier et Dominique Béhar animent Terra 21, un bureau d’étude qui intervient notamment dans la sphère des industries culturelles, principalement la filière spectacle.

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