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Scènes, climat et remue-méninges

Par Hervé Fournier, Dominique Béhar
30-05-2008
Mots clés
Chronique

La fin de la pêche à la sardine

La fin de la pêche à la sardine
Le festival de musiques de Glastonbury au Royaume-Uni veut promouvoir son image verte. Et pour cela, ses organisateurs ont inventé la sardine bio.

Quand près de 200 000 personnes se rassemblent le temps d’un week-end et que l’essentiel de ces spectateurs campent sur place, le péril écologique constitué par les piquets de tentes est grand. Ces fameuses sardines métalliques (aluminium en général) produisent des effets d’autant plus pervers pour les agriculteurs et leur cheptel bovin qu’elles sont incrustées dans les terres mises à disposition des organisateurs et de fait difficiles à récupérer. Les organisateurs du plus ancien festival pluridisciplinaire de plein air (1970) britannique ont déniché la solution. Une sardine biodégradable ! Le million de sardines bio remis aux campeurs dès leur arrivée constitue d’ailleurs le coeur du programme Love the farm, leave no trace de l’édition 2008 du festival (27/29 juin 2008).

Du sac plastique aux éco-toilettes

Le Glatonsbury Festival figure au coeur des préoccupations environnementales. Tant dans son contenu (partenariats avec Greenpeace et de multiples ONG) que dans son organisation : plan transport, plan déchets, plan énergie, toutes les facettes de l’éco-festival y sont abordées. Il est vrai que les chiffres sont impressionnants. On peut notamment citer les 15000 sacs poubelles utilisés, les 2000 tonnes de déchets produites, dont plus de la moitié sont actuellement recyclés (dont 230 tonnes de nourriture compostable et de vaisselle biodégradable). Mais le festival nécessite aussi 30 megawatts d’électricité - l’équivalent de la ville de Bath - soit 200 groupes électrogènes fonctionnant cette année au bio diesel (huiles de cuisine usagée, utilisées aussi pour les moteurs de la flotte de tracteurs de l’organisation) en plus des panneaux solaires. Il a besoin du concours de 100 bénévoles qui assurent des patrouilles vertes, sensibilisant les spectateurs au respect du site, notamment en utilisant les 3000 éco toilettes mises à disposition.

L’ensemble des prestataires et exposants présents, notamment les restaurateurs, doivent s’engager à ne pas utiliser de plastique dans leurs emballages et à tracer la provenance équitable de leurs produits ou prestations. Des récompenses célébreront les plus vertueux d’entre eux. Tous ces efforts demeurent cependant insuffisants de l’avis de l’engagé Thom Yorke qui a déclaré ne pas vouloir que son groupe Radiohead s’y produise cette année : l’accès au site des spectateurs est qualifié par le chanteur de « désastre écologique avec une ou deux personnes par voiture uniquement ». Avec seulement un quart du public s’acheminant sur le site en transport collectif (26% soit 50000 personnes) et un encouragement systématique des organisateurs au covoiturage et à l’autostop, l’impact environnemental de la manifestation reste élevé et le déplacement le principal défi pour ses organisateurs.

(images : glastonburyfestivals)

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A PROPOS

Hervé Fournier et Dominique Béhar animent Terra 21, un bureau d’étude qui intervient notamment dans la sphère des industries culturelles, principalement la filière spectacle.

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