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26-07-2010
Mots clés
Environnement
Tourisme
Biodiversité
France

Bisbilles dans les Calanques : une terre convoitée (1/3)

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Bisbilles dans les Calanques : une terre convoitée (1/3)
(Crédit photo : Julien Vinzent)
 
Un parc national aux portes d'une métropole de plus d'un million d'habitants ? C'est le défi que s'est lancé Marseille pour protéger ses calanques, véritables joyaux de la biodiversité.
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« Nous ne souhaitons pas faire un parc national simplement au sens de la protection de la nature, mais aussi préserver l’aspect culturel. On ne va pas mettre la nature sous cloche. » En visite à Marseille mi-juillet, la secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno a tenté de calmer les esprits. Car onze ans après les premières ébauches de réflexion sur le sujet, les craintes persistent. Et le projet tarde à voir le jour. « C’est normal que cela prenne du temps. C’est quand même le seul parc européen qui se trouvera en zone périurbaine. Nous ne sommes pas dans les Cévennes. Mais on va trancher. On reste sur le calendrier », a insisté Me Jouanno. Dans un an, ce nouveau parc national devrait donc voir le jour et occuper 112 km2 de superficie sur un territoire qui en compte 600.

Plantes uniques et lézards géants

Mais rien n’est jamais simple avec les calanques. Pour accéder à celles de Sormiou, Sugiton ou encore d’En Vau, il faut crapahuter pendant au minimum une heure dans les massifs. Et souvent affronter un cagnard obstiné qui se réfléchit sur la blancheur des roches. L’été, on en viendrait même à prier les cigales, dont le vacarme ajoute une couche entêtante, de baisser d’un ton. Mais au bout du chemin, ce sont des panoramas superbes, une eau qui déroule une gamme infinie de tons bleus et verts et vient rafraîchir le randonneur. Et demain ? « Pour le randonneur, la circulation ne sera pas trop restreinte, il s’agit surtout d’ajouter des mesures de sécurité. L’interdiction de bivouaquer ou de faire du feu existaient déjà », rassure Evelyne Bartoli, présidente du comité départemental de randonnée pédestre.

Une centaine d’agents de la police du parc seront tout de même là pour veiller au grain. « Le but est avant tout d’expliquer pour éviter que les gens ne s’écartent des sentiers et marchent sur des éboulis. Quand on leur dit : ’vous êtes en train de piétiner l’Astragale de Marseille ou la Sabline de Provence, des plantes que l’on ne trouve qu’ici’, ils comprennent », assure Lionel Royer-Perreault, en charge de la concertation sur le parc à la Communauté urbaine de Marseille. Les rocailles abritent également le lézard ocellé, le plus grand lézard d’Europe dont la population diminue fortement actuellement.

Bouquet garni d’intérêts

Ce qui bloque ? « Nous serons un des rares parcs où la chasse au petit gibier sera autorisée. Mais nous souhaitons basculer progressivement d’une logique de lâcher de tir - dans laquelle du gibier de batterie est lâché la veille - à une logique de repeuplement, où des espèces sont réintroduites pour qu’elles se sédentarisent. Le problème, c’est que ça révolutionne un peu les mentalités, poursuit Lionel Royer-Perreault. Il y a des gens qui ont 70 ans et qui chassent depuis qu’ils sont jeunes… »

D’autres ont aussi tiqué sur la charte, actuellement au stade de pré-projet. Les amoureux de la grimpette et les VTTistes, quant à eux, s’inquiètent de voir fermer des voies ou des pistes. Les vignerons de Cassis ne sont pas très chauds non plus à l’idée de voir s’installer un parc national au régime contraignant. De quoi compliquer l’exploitation de leur vin blanc ou rosé fruité qui se vend très bien sans ce nouveau label. Quant aux célèbres cabanoniers qui ont réussi à planter leurs pénates au cœur des massifs, les pieds dans l’eau, ils craignent d’être regardés comme des bêtes de zoo par des touristes toujours plus nombreux. Aujourd’hui, 2 millions de personnes visitent déjà chaque année les calanques. « Face à certains individualismes, le rôle de l’homme politique est d’avoir une vision plus globale des enjeux », tranche Lionel Royer-Perreault. Mais la terre ferme n’abrite qu’un petit éventail des conflits d’usage. En mer, d’autres problèmes donnent du fil à retordre aux promoteurs du parc.

A lire aussi :
- Bisbilles dans les Calanques : touche pas à ma mer
- Bisbilles dans les Calanques : quand la politique s’en mêle

Sources de cet article

- Le Groupement d’intérêt public des Calanques
- Le site de l’association des Calanques et des hommes, qui regroupe des grimpeurs, kayakistes, VTTistes, plaisanciers, etc.

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Journaliste, collaborateur régulier pour Terra eco.

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