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Vise le green

Par Benjamin Cliquet
4-10-2010

Les vendanges à Venejan

Voici le récit de trois semaines passées à récolter le raisin dans le Gard, une expérience physique mais enrichissante.

Des poiriers, des potirons presque mûres, beaucoup de vignes et surtout du soleil… tel est le décor dans lequel j’ai passé trois supers semaines, à Venejan, dans le Gard, à la limite de l’Ardèche et du Vaucluse. Trois semaines passées là-bas pour 12 jours et demi de travail, le rythme n’était pas infernal pour mes premières vendanges. Malgré ça, c’était pas facile tous les jours pour un Normand habitué à la fraîcheur et à la pluie d’affronter le soleil provençal…

Côté développement durable, je n’ai pas appris ou découvert grand-chose durant ce séjour (et ce n’était pas le but). Mais il n’y a pas que ça dont je puisse vous parler, alors voilà quelques commentaires sur ces vendanges :

-  D’abord, j’étais le seul étudiant. « Avant ils venaient jusque fin septembre et repartait ensuite » me disait Yvan, mon collègue de 70 ans ( !). Un espagnol qui vient dans sa famille française pour trouver des petits boulots, une serveuse du week-end qui vient remplir ses semaines et un futur militaire, voilà les seuls jeunes (de mon âge) que ont travaillé avec moi. Les autres travailleurs (une petite quinzaine en tout) touchaient presque tous le RSA, pères et mères de famille. Comme quoi les vendanges sont davantage un emploi pour les « travailleurs pauvres » qu’un job d’été pour les étudiants.

-  J’avais appris ça à l’école, j’avais planché dessus en concours et vu ça aux caisses de Carrefour, mais pour la première fois, j’ai fait partie des victimes : le remplacement de l’homme par la machine. Etant donnée la pénibilité de ce travail, on peut en être parfois contents (certains champs sont plus pénibles que d’autres, des vignes trop basses ou trop feuillues…), mais c’est dans l’ensemble du temps de travail en moins pour les cueilleurs. Il y a une petite dizaine d’années, ils mettaient un bon mois pour tout récolter et étaient une quarantaine de travailleurs. Quatre semaines (je suis parti avant la fin) seront cette année nécessaires pour faire le même travail alors que nous n’étions pas plus d’une quinzaine. « On était sceptiques au début, on avait peur des problèmes techniques, mais finalement ça va et c’est surtout le côté rentable qui nous pousse à l’utiliser » me racontait Céline, propriétaire du domaine avec son mari et cueilleuse quand elle en avait le temps. Heureusement, Schwarzenegger viendra tous nous sauver quand les machines auront pris le pouvoir…

-  Je vais finir ce court article en tirant un coup de chapeau à Yvan (le même que plusieurs lignes au-dessus), qui à l’âge de 70 ans continue à cueillir, ce qu’il fait dans ce domaine depuis maintenant 9 ans. « Je suis tombé dedans quand j’étais petit, j’adore ça ». Né à 4km de là en 1939, « sous un pont », Yvan est courageux, passionné, sympathique et ce fut mon interlocuteur principal quand nous étions tous la tête dans les vignes. Il est de cette génération qui nous parle de ses souvenirs de la guerre, quand il fallait se cacher, « le bruit des avions »… et j’aime ces récits.

J’ai donc découvert le monde des vendanges, un travail plaisant car à l’air libre et des personnes dont je me souviendrai longtemps. Mission accomplie : l’expérience a été enrichissante.

Pour la suite, je pars ce vendredi en bus de Paris, arriverai dimanche soir à Riga (Lettonie) et passerai par Tallinn (Estonie) pour une arrivée à Helsinki prévue le mardi 12. Rendez-vous donc dans une dizaine de jours pour un compte-rendu du voyage.

A très bientôt, Visez l’green, Ben

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