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29-12-2014
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Société
Monde

Leçon numéro 10 : l’amour vert

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Leçon numéro 10 : l'amour vert
(Crédit illustration : Julien Couty pour « Terra eco »)
 
Le sexe, quoi de plus naturel ? Petits scarabées, suivez votre coach chérie pour vous envoler vers un bio septième ciel !
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 64 - janvier-février 2015

Les nouveaux résistants

Mes petits scarabées d’amour. Nous y sommes, il est temps d’achever ce cycle quasi libidinal de coach écologique lors duquel je vous ai prodigué de nombreux conseils frappés au coin du bon sens. Pour finir en bioté, je voudrais vous entretenir d’amour, car au carrefour de l’intime et du social, il y a la baise, euh, non pardon, la vie amoureuse. Je tiens à ce sujet parce que sous ses dehors hormonaux, il est éminemment politique. Eh oui, cette saloperie géniale qu’est la politique s’immisce jusque dans nos draps en coton bio.

Qu’est-ce que l’amour bio ?

Tel un légume fort savoureux, poussé sans intrants à la seule force de l’eau et du soleil, l’amour bio est un amour dénué d’artefacts et de biocides. Sans possessivité, sans autoritarisme, bourré de respect, de confiance et d’honnêteté (intellectuelle, s’entend), l’amour bio est pur comme l’eau des torrents tibétains. Idéalement, les rapports de force en sont exclus. Mais bonjour le vœu pieu, je sais, car l’amour est un rapport de force ! A part ça, c’est un amour qui respecte les saisons : « Il y a des moments avec et des moments sans dans une vie amoureuse, explique Françoise Simpère, auteure de deux livres phares du paysage pluriamoureux français (1), et il est tout aussi absurde de tout plaquer quand ça ne va pas que de couper un arbre en hiver en oubliant que revient le printemps. »

Je rêve d’une relation à deux unique et magnifique. Mais n’est-ce pas de la possessivité ? Ne devons-nous pas être libres et nous nourrir de diversité, de belles rencontres d’âme à âme ?

Mais si, ma Sandrine, au-delà du couple monogame érigé en norme absolue, il existe une pluralité de choix presque infinie. Un écolo qui se respecte s’oppose à la brevetabilité du vivant, il est donc logique qu’il s’oppose à l’appropriation d’un être vivant ! Et la biodiversité amoureuse, alors ? Attention, le polyamour, comme certains l’appellent, n’est pas une ode au libertinage, c’est un sacré boulot qui mêle confiance mutuelle, communication, juste distance… Les polyamoureux ne sont pas des obsédés de la bagatelle, mais de véritables explorateurs qui goûtent à tous les plaisirs, sensuels, visuels, odorants, auditifs et pas forcément uniquement pénétrants. Pour s’y lancer, autant vous dire qu’il faut bien se connaître, c’est-à-dire connaître son histoire, explorer sa sexualité, gérer ses émotions, les traduire, c’est un immense travail sur soi, pas si facile que ça à mener dans cette société. « L’amour est un choix individuel alors que la notion de couple est un choix social », écrit Françoise Simpère. Cela dit, parvenir à ce nirvana émotif permet une chose capitale : que l’irruption du désir pour une tierce personne ne vienne pas systématiquement mettre en danger ou briser un attelage déjà emmanché. Eh oui, figurez-vous que les agrégats d’atomes que nous sommes flashent sur d’autres agrégats d’atomes, c’est ainsi, c’est presque de la physique quantique. C’est là que ça devient politique, car les amours plurielles ne peuvent fonctionner que s’il existe une parfaite égalité entre hommes et femmes. Elles apprennent aux protagonistes la liberté, mais aussi l’insécurité, elles forcent à l’autonomie, enseignent le libertarisme.

Quel est le contraceptif le plus bio ?

La pilule n’a clairement plus la cote, mes petits scarabées. D’après la dernière étude Ined-Inserm consacrée à la contraception, en 2013, elle ne convainc plus que 41% d’utilisatrices. Si on ne veut pas truffer son corps d’hormones, on peut pratiquer les méthodes naturelles empiriques comme le retrait ou l’abstinence temporaire, désormais prisées par 10% des femmes. Au-delà, plus radicale certes, mais ultra-efficace, la stérilisation volontaire, c’est-à-dire la vasectomie pour vous, messieurs. Bah quoi ? Complètement taboue en France et dépénalisée en 2001 seulement, cette méthode contraceptive concerne jusqu’à 20% des hommes en Grande-Bretagne et 8% en Espagne ou en Suisse. Pour les filles, la ligature des trompes est certainement moins fun mais en termes d’efficacité, je vous mets au défi de me trouver autre chose ! — (1) Aimer plusieurs hommes (Éditions de la Martinière, 2002 puis 2010) et Guide des amours plurielles (Pocket, 2009)

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Bridget Kyoto est un double déjanté de Laure Noualhat, journaliste, qui offre chaque semaine une Minute nécessaire sur Internet.

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  • Gwladys Porracchia : L’amour vert...décevant

    Je viens de lire cette leçon numéro 10 sur l’amour vert et je suis vraiment déçue.
    Certes, la tonalité humoristique de cette chronique est sympa et un peu de légèreté fait du bien, mais cela n’empêche pas un minimum de contenu et de sérieux.
    Déjà, l’article comporte trois parties sans lien cohérent entre elles. Une première partie sur une pseudo définition de l’amour bio...dans laquelle on n’apprend rien, c’est juste un maniement de langage pour parler d’amour à la sauce bio mais franchement je n’en vois pas l’intérêt... Peut-être que finalement, le thème "amour bio" est casse-gueule et n’a pas d’intérêt... ? C’est vrai qu’en voyant le titre je me demandais bien de quoi on allait pouvoir parler et je croyais apprendre des choses...et bien non...
    La deuxième partie s’éloigne du sujet, ça n’a rien de bio, mais évoque un phénomène, le polyamour, qui est un sujet passionnant. Mais ce sujet mérite qu’on s’y arrête plus longtemps car on ne peut pas faire de raccourcis dans ce domaine. Je crois que c’est une vraie question de société la place du couple, le sens des relations amoureuses et sexuelles, etc. Donc aborder un tel sujet en commençant par dire que si on est écolo et qu’on s’oppose à l’appropriation du vivant donc on s’oppose forcément à la notion d’exclusivité amoureuse...mouais...c’est un peu léger... ! Mais par contre le sujet du polyamour vaudrait vraiment le coup d’être traité, journalistiquement.
    Quant à la dernière partie, la plus décevante sans doute...Un petit paragraphe sur la "contraception bio" -ce qui ne veut rien dire d’ailleurs- qui n’évoque même pas le stérilet ni les préservatifs (ne serait-ce que pour dire que le plastique ce n’est pas bio)...Je trouve ça carrément choquant de ne parler que de méthodes naturelles empiriques ou de stérilisation définitive comme alternative à la pilule...Alors que là aussi c’est une vraie question, que beaucoup de femmes (et d’hommes peut-être) se posent : comment trouver une contraception qui correspond à la fois à mes valeurs, à ce que je veux faire de mon corps, etc. ?
    Alors traiter ces sujets par-dessus la jambe est vraiment décevant...
    En lisant le titre "l’amour vert", je m’attendais plutôt justement à quelque chose de plus approfondi sur la contraception par exemple ou alors sur des manières de fêter la Saint Valentin écolo (c’est un peu bateau ça je vous l’accorde), ou encore quelque chose sur l’harmonie avec soi-même et avec l’autre.
    Mais surtout, c’est sur la contraception où je trouve cela choquant, vraiment.
    J’aime bien les chroniques légères et humoristiques mais il ne faut pas tomber dans la désinformation...

    15.02 à 10h00 - Répondre - Alerter
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