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14-02-2014
Mots clés
Agriculture
Allemagne

A Berlin, la ferme urbaine qui s’auto-alimente

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A Berlin, la ferme urbaine qui s'auto-alimente
(Crédit photo : DR)
 
A Berlin, une start-up applique l'économie circulaire à l'agriculture. Son principe ? Une ferme urbaine destinée à produire des denrées agricoles de haute qualité en misant sur la réutilisation des matières premières.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Avec plus de 75% de la population vivant en ville, les fermes urbaines sont-elles l’avenir de l’agriculture ? Les projets en ce sens se multiplient un peu partout dans le monde. Nous voici, ici à Berlin, sur le campus d’Euref, un site industriel et universitaire d’environ 55 000 m2 entièrement dédié à la « Nachhaltigkeit » (« développement durable » en allemand), où sont hébergés les locaux d’une petite start-up, objet de bien des attentions : l’ECF pour « Efficient city farming », « ferme urbaine de haute efficacité ».

Son co-fondateur, Christian Echternacht, nous reçoit dans son bureau. Sur les étagères, les incontournables de la littérature dédiée au développement durable comme le Facteur cinq, la formule pour une croissance durable, d’Ernst Ulrich von Weizsäcker. Sur la table, des boissons rafraîchissantes issues de l’agriculture biologique et distribuées dans des bouteilles en plastique recyclé. Le ton est donné. « Notre vision ? Produire des biens de haute qualité accessibles au plus grand nombre, en réduisant au maximum les trajets, la consommation d’eau et d’électricité, et ça, en milieu urbain, car c’est dans les villes que la population mondiale va grandir le plus vite », explique le co-fondateur. Avec Nicolas Leschke, il est l’initiateur du projet industriel ECF, qui prévoit la distribution et le montage de fermes « aquaponiques », c’est-à-dire de fermes qui combinent aquaculture et hydroponie (la culture de fruits et légumes hors sol), en milieu urbain. Clou du projet : les excréments des poissons sont transformés via un filtre biologique en engrais, qui est, lui, utilisé par la suite pour la culture des plantes. L’eau utilisée pour l’aquaculture sert dans un deuxième temps à l’arrosage des plantes, qui, elles, absorbent le CO2 dégagé par l’élevage de poissons. Par ailleurs, le conteneur dispose de filtres absorbant la vapeur d’eau dégagée par les plantes pour être ensuite réutilisée pour les poissons. En d’autres termes, le concept présenté par ECF brise la linéarité des pratiques industrielles et agricoles conventionnelles et entend montrer que les principes de l’économie circulaire peuvent s’appliquer tout aussi bien à l’industrie qu’à l’agriculture.

« Tout le monde en profite »

Le prototype logé dans la Malzfabrik, une ancienne brasserie située non loin du bureau de ECF, se compose de deux conteneurs maritimes superposés l’un sur l’autre et aménagés pour répondre aux besoins spécifiques des fermes aquaponiques. Les poissons, des perches, se trouvent au rez-de-chaussée, et les plantes, principalement des tomates, au-dessus. « Nous pouvons élever des poissons d’eau douce et faire pousser une grande variété de légumes. La seule contrainte pour le moment, c’est que nous ne pouvons pas faire pousser de légumes à racine, comme les carottes », précise Christian Echternacht. L’accent est mis sur le circuit court. « Il n’y a plus d’intermédiaire entre le producteur et le consommateur : les prix sont les mêmes que dans le commerce conventionnel, mais la marge des bénéfices du producteur est plus grande et le consommateur profite de produits biologiques et frais pour lesquels il devrait normalement payer bien plus cher. »

Par ailleurs, cette façon de produire en pleine ville limite non seulement les circuits de distribution et donc les transports, mais également les importations de poissons tout en apportant une solution à la surpêche. « Tout le monde en profite », sourit l’entrepreneur berlinois qui ajoute que « c’est notre vision que d’intégrer les éléments clés de l’économie circulaire dans notre projet industriel. Réutilisation des conteneurs, réduction des surfaces agricoles, transformation de déchets organiques en matières premières de haute qualité, réduction de la consommation d’eau, sobriété énergétique et carbone, tout est là pour aboutir à une plus-value environnementale et sociale mais aussi au succès économique ».

Fermes industrielles pour équilibre financier

Car si ECF prévoit bien la construction de ces fermes qui ne dépassent pas la taille d’un conteneur maritime, l’entreprise mise sur la construction de fermes industrielles pour trouver l’équilibre financier. « Notre but est de construire d’ici 2015 deux fermes industrielles. Il est possible qu’avec la construction d’une seule de ces fermes nous puissions déjà atteindre l’équilibre financier », rapporte Christian Echternacht. Ces fermes, qui démarrent à partir de 2000 m2, respectent le même principe que le prototype de la Malzfabrik. Et c’est au même endroit que les deux entrepreneurs berlinois entendent construire la première ferme aquaponique industrielle du monde. A cette fin, ils attendent actuellement l’accord des derniers investisseurs pour boucler le budget de construction estimé à 1,6 million d’euro, ce qui, d’après Christian Echternacht, ne saurait tarder. « D’ici neuf mois, nous allons pouvoir commencer. »

Cet article de Clairs Stam a initialement été publié, le 13 février, sur Novethic, le média expert du développement durable.

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  • Intéressant, on pourrait y ajouter un lombricompost pour utiliser les déchets végétaux, le surplus de vers ferait un apport nutritionnel appréciable pour les perches, et le compost (avec un ajout de terre provenant de chantiers) servirait de support de culture pour les légumes racine (je ne vois pas pourquoi l’utilisation de terre semble inenvisageable).

    17.02 à 22h36 - Répondre - Alerter
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