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16-07-2015
Mots clés
Economie
France

« Un engagement moral entre assurés »

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« Un engagement moral entre assurés »
(Crédit photo : milosdizajn / fotolia.com)
 
Emmanuelle Mury a cofondé la société InsPeer. Créée en 2014, elle investit le tout jeune secteur de l’assurance collaborative. Ou quand votre voisin vous soutient en cas de pépin. Interview.

Economie collaborative - Comment est née InsPeer ?

Pendant son MBA (maîtrise en administration des affaires) d’actuariat, mon associé, Louis de Broglie, a fait un roadtrip avec cinq amis. Lorsqu’ils ont loué leur voiture, ils avaient le choix entre une assurance peu chère avec une franchise (la somme restant à la charge de l’assuré en cas de sinistre, ndlr) élevée ou une plus chère avec une franchise réduite. Ils ont opté pour la première et se sont dit qu’en cas de problème ils partageraient les frais. L’idée était née. Nous nous sommes ensuite rencontrés via le réseau de l’IE Business School de Madrid. J’étais indépendante en marketing et organisation, mon père venait de subir un sinistre à cause de la grêle : son idée m’a séduite !

L’assurance collaborative, ça ne coule pas de source…

C’est un domaine très émergent : nous sommes à ce jour trois dans le monde, avec les Britanniques de HeyGevara et les Allemands de Friendsurance.

Quel est le principe ?

Il s’agit d’aider les gens à mutualiser leurs franchises d’assurance automobile ou habitation avec un réseau d’autres personnes, et ce en complément d’une assurance classique. L’utilisateur choisit les personnes avec qui partager les frais. Cela peut être un proche, mais pas seulement. Nous avons développé un indicateur de risque, via un logiciel propriétaire, qui permet de donner une bonne indication des personnes avec qui se lier.

En cas de sinistre, l’utilisateur demande à son réseau de contribuer à sa franchise, selon un montant défini à l’avance et, inversement, il s’engage à contribuer d’un montant équivalent. Il fait une déclaration habituelle à son assureur. Nous nous chargeons ensuite de la collecte des fonds de la franchise auprès de son réseau. Nous prélevons une commission de 10 % de la somme collectée, mais nous ne signons aucun contrat avec les utilisateurs : c’est un engagement moral d’entraide entre eux. Cela permet d’étaler les coûts. Au lieu de payer 300 euros d’un seul coup, l’utilisateur paye 50 euros à chaque fois qu’une de ses relations a un sinistre.

Votre démarche s’inscrit-elle d’une façon ou d’une autre dans une démarche durable ?

La motivation première des utilisateurs reste économique, mais la solidarité joue tout de même beaucoup. Dès l’année prochaine, nous souhaitons mettre au point des contrats d’assurance conçus avec les assureurs. Peu de gens le savent, mais plus une franchise d’assurance est élevée dans un contrat, plus les cotisations baissent. Un contrat avec une franchise totalement couverte par un réseau de proches permettrait donc d’obtenir une couverture beaucoup moins chère.

Les assureurs sont-ils réceptifs ?

Ils sont plutôt curieux. Un contrat mutualisé contribue à diminuer le montant de leurs primes, mais cela peut aussi réduire la fréquence des fraudes, puisque les gens se sentent plus responsables. Il est moins facile de frauder des gens que l’on connaît. Et cela peut restaurer la confiance en rendant l’assurance plus abordable pour tous.


Création en 2014

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