publicité
Accueil du site > Actu > Rio+20 > Rio + 20, Rio pour rien
22-06-2012
Mots clés
Développement Durable
Monde
Edito

Rio + 20, Rio pour rien

Taille texte
Rio + 20, Rio pour rien
(Crédit photo : DR)
 
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET
Article publié dans le

N° 38 - juillet août 2012

Vivre autrement

A Rio de Janeiro, vingt ans après les promesses du premier Sommet de la Terre, ce n’est pas à un concert des nations engagées sur le chemin d’un authentique développement soutenable que nous avons assisté. Ce n’est pas l’enthousiasme, la responsabilité et la détermination à relever le plus grand défi de l’histoire que nous avons vus. Une fois de plus, la « communauté internationale » s’est contentée du plus petit dénominateur commun. Exit, l’Organisation mondiale de l’environnement. Oubliés, les engagements chiffrés. Et, puisque le ridicule ne tue pas, on a pu tranquillement recycler les Objectifs du millénaire sur l’éradication de la pauvreté en 2015, en Objectifs pour le développement durable.

Signés en 2000, ils n’auront – bien entendu – pas été tenus. La déclaration de Rio + 20, ce n’est en définitive qu’un triste parchemin signant le triomphe d’une époque : celle du consensus mou. Tout engagement a été réduit au rang de promesse vague et sans lendemain, emballé dans un langage aussi lisse qu’un dialogue de série télévisée pour adolescents. Après l’échec du sommet sur le climat de Copenhague en décembre 2009, Rio + 20 sonne évidemment le glas des grands-messes internationales. Pour y avoir cru comme tout le monde, il faut bien reconnaître qu’elles ne sont en réalité qu’un théâtre. Avec le recul, imaginer que Rio + 20 puisse changer le cours de l’humanité, c’était aussi naïf que croire qu’un G8 nous sortirait de la crise financière.

Le théâtre des marionnettes

Certes, cette prise de conscience n’est pas réjouissante. Mais, puisqu’il faut inventer les solutions positives pour changer le monde, autant bien savoir sur qui l’on peut compter ou pas. En l’occurrence, la régulation internationale des crises – financière, climatique, alimentaire – est aux abonnés absents, parce qu’une partie du monde refuse de questionner ses pratiques et rejette toute idée de régulation, au nom de la protection des libertés individuelles poussée jusqu’à l’absurde. Résultat, des centaines de milliards d’euros potentiels dorment dans des paradis fiscaux.

Et l’on objecte à l’autre partie de l’humanité, celle qui n’a encore accès ni à l’eau, ni à la santé, ni à l’éducation, que les caisses sont vides. Restent, heureusement, les forces de la société civile. A elle de mener son bout de chemin, de s’organiser, d’inventer les nouvelles voies que les politiques n’auront jamais l’audace d’enfanter. Changer le monde commence par changer la vie, ici et maintenant. —

Faites réagir vos proches, diffusez l'info !
Vous aimez Terra eco ? Abonnez-vous à la Newsletter

Cofondateur et directeur de la publication du magazine Terra eco et du quotidien électronique Terraeco.net

- Suivez-moi sur twitter : @dobelioubi

- Mon blog Media Circus : Tant que dureront les médias jetables

7 commentaires
TOUS LES COMMENTAIRES
COMMENTAIRES SÉLECTIONNÉS
RÉPONSES DE LA RÉDACTION
Trier par : Plus récents | Plus anciens
Affichage : Voir tout | Réduire les discussions
  • Emmanuel Dudret : Rio + 20, Rio pour rien

    Tout à fait d’accord avec votre analyse quant au déplorable simulacre qu’a été RIO+20, on ne pouvait par ailleurs pas s’attendre à autre chose, après Copenhague ou Johannesburg, et j’en passe. Quant au Rio "fondateur", il pourrait être pertinent de rappeler qu’en matière d’engagements de réduction des GES qui y ont été actés (je ne dis pas "pris" à dessein !), la base de calcul de ces émissions de GES n’a cessé d’être modifiée pour finir toujours réindexée haussière, ipso facto toujours plus dans l’air d’un temps saturé des résidus d’une combustion toujours plus effrénée de fossiles carbonés...

    Je n’écrirai pas des tonnes sur le sujet, je reviendrai cependant sur cette [étonnante] vue, et notamment sa finale, de votre article :
    “la régulation internationale des crises – financière, climatique, alimentaire – est aux abonnés absents, parce qu’une partie du monde refuse de questionner ses pratiques et rejette toute idée de régulation, au nom de la protection des libertés individuelles poussée jusqu’à l’absurde. Résultat, des centaines de milliards d’euros potentiels dorment dans des paradis fiscaux.”

    Très honnêtement, je ne pense pas que ce soit un défaut de questionnement qui en soit la source et que les libertés individuelles aient quoi que ce soit à y voir ! Très tristement, je pense plutôt qu’il ne s’agit là que de la résultante intangible de l’agonie d’artifices toujours plus thuriféraires déployés par la caste dirigeante en place, localement et mondialement, pour plaire aux ministres du culte de l’argent et continuer de recevoir leur adoubement...

    Quant à une Belle au Bois Dormant de centaines de milliards d’euros, n’oubliez pas qu’elle n’a pas de substance ! Aux 4/5, cette manne n’a aucune contre-valeur réelle puisqu’issue du système de bulles et uniquement destinée à en recréer une nouvelle sitôt qu’une autre crève. Si - oserai-je dire "par chance" et "le plus vite possible" ? - venait une crise terminale de cette finance internationalisée trans et supra étatique, le monde ne se trouvera plus riche de rien, sauf du [bon] débarras d’un parasitisme poussé à son paroxysme y compris au détriment de la survie de son espèce nourricière via la destruction de son biotope vital.

    Je crois que tout tient véritablement en cela, une vulgaire gloutonnerie imbécile, meurtrière et irresponsable de l’oligoploutocratie qui manie les fils des désolantes marionnettes "d’élite" à l’oeuvre dans nos pays et les sommets internationaux... Vous voulez un exemple ? Allez, au hasard, que vous évoque la toute récente "promotion" gouvernementale de Mme Bricq ?

    Malheureusement, la politique continue de faire montre d’une immuable mais croissante inanité, ce qui me fait penser qu’un paradigme alternatif à celui actuel ne s’y substituera que dans la plus grande violence, et sans qu’on sache encore ce qui en résultera, raison pour laquelle je ne m’avance pas à tenter de le décrire...

    25.06 à 11h26 - Répondre - Alerter
  • L’histoire de l’humanité nous apprends maintes fois que seules les révolutions ou les guerres déclenchent réellement des avancées politiques, à défaut du consensus ... et l’environnement n’échappe pas à cette triste règle.
    Il faudra encore attendre quelques décennies, histoire de bien terminer le tableau de destruction écologique pour que de la souffrance humaine fasse bouger encore une fois les choses.

    Le politique c’est avant tout de la com, du théâtre et des jeux de pouvoir...il suffit de voir l’état de la France où il ne s’est pas passé grand chose en terme de réforme depuis des décennies. Le grenelle de l’Envt devait être une reprogrammation d’une partie du logiciel..malheureusement il a avorté avant même d’avoir pu voir le jour.

    Ceci m’ammène à me poser une autre question...la démocratie est-elle l’outil adapté à un changement de paradigme économique et écologique ? Permettez moi d’en douter, celle-ci pronant avant tout la liberté d’entreprendre des acteurs économiques, seul le marché donne le "la" des avancées du monde.

    Face à ce constat, il est temps de laisser le temps faire son oeuvre. Les desastres écologiques arrivant peu à peu à leur paroxysme forceront bien l’humanité à ces prises de conscience. Même s’il sera peut trop tard pour nous, l’essentiel n’est-il de vivre en phase avec ses idées et ses convictions ?

    23.06 à 11h22 - Répondre - Alerter
    • Je pense malheureusement que vous analysez parfaitement le probleme ...la chine fait bientot mieux que nous en matiere d environnement. Il y a aussi le probleme de la surpopulation qui est en fait le probleme numero un et la encore seule une catastrophe de grande empleur aura un impact : l egoisme des hommes est sans pareil !

      24.06 à 09h03 - Répondre - Alerter
      • Emmanuel Dudret : Rio + 20, Rio pour rien

        Euh, la Chine "fait bientôt mieux que nous en matière d’environnement" ??? On ne doit pas habiter la même planète, je pense...

        25.06 à 10h47 - Répondre - Alerter
    • Fortement étonné de voir un article aussi virulent dans Terra Eco ! Virulent mais tout a fait juste.
      La revue commence t elle enfin a se rendre compte que le DD est une belle fumisterie ?
      Félicitation pour cette article

      24.06 à 09h08 - Répondre - Alerter
    • " Permettez moi d’en douter, celle-ci pronant avant tout la liberté d’entreprendre des acteurs économiques..."
      Votre affirmation est fausse. Ce n’est pas la démocratie qui prone ceci, mais la doctrine ultra libérale adulée par les deux partis majeurs en France.

      Ceci étant, il est juste de questionner la démocratie telle que notre convention de la V° république la conçoit. Les pouvoirs sont trop délégués aux politiques. Les politiques sont trop "professionnalisés" et complètement coupés de la réalité. Celle-ci leur est repeinte par les lobbyistes de tout crin, avec la fidelité approximative qui leur est coutumière.
      Le peuple ne peut plus rien une fois ce bal des fauves lancé... Sauf à basculer vers l’émeute. Ce serait mieux s’il y avait d’autres fusibles quand même.

      25.06 à 09h08 - Répondre - Alerter
  • Excellent bilan, s’il en faut, d’un sommet qui n’a pas tenu toutes ses promesses. Un consensus, certes, mais bien trop doux au regard des enjeux dont il est question.
    Il est usant d’entendre que ces enjeux planétaires ne sont pas prioritaires au nom de la conjoncture actuelle... à force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel...

    22.06 à 11h14 - Répondre - Alerter
PUBLIER UN COMMENTAIRE

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

  • Se connecter
  • Créer un compte

publicité
publicité
publicité
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
publicité