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29-02-2016
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J’ai testé : le téléphone éthique

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J'ai testé : le téléphone éthique
(Crédit illustration : Julien Couty pour « Terra eco »)
 
Démontable et réparable, l’ovni Fairphone se veut anti-obsolescence programmée. Et affiche des performances similaires aux smartphones classiques !
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N° 75 - mars 2016

Demain, tous végétariens

Le rendez-vous était donné un soir de décembre, au Centre commercial, une boutique du Paris branché. Des trentenaires en pantalon trois-quarts sirotaient des mojitos devant de jeunes entrepreneurs fraîchement débarqués des Pays-Bas pour présenter leur nouveau bébé : le Fairphone 2. Avec cette soirée de lancement, la start-up néerlandaise, décorée du prix Momentum for Change des Nations unies, entendait prouver aux mordus de nouvelles technologies qu’un téléphone peut être équitable sans avoir l’aspect d’une cabine téléphonique portative avec écran noir et blanc et clavier proéminent. Après un premier modèle en 2013, Fairphone propose un smartphone haut de gamme depuis la fin de l’année 2015, contre 525 euros déboursés en ligne ou dans ce magasin du Xe arrondissement. L’emballage annonce la couleur. Le Fairphone 2 est livré dans un étui façon boîte d’œufs.

Dès que je l’ouvre, surprise : batterie, circuits imprimés, emplacement pour deux cartes SIM et une carte mémoire, mon nouvel ami m’expose son intimité. « Ils ont oublié un morceau ? Il est cassé ? » Avant de crier au scandale, je farfouille dans la boîte. Ni chargeur ni accessoires. C’est un parti pris de la marque pour éviter l’accumulation de fils dans les tiroirs. Dans mes placards, je dégotte deux chargeurs compatibles, vestiges de mes changements d’appareil. Puis je trouve, cachée au fond de l’étui, la pièce en plastique souple qu’il me manquait pour fermer mon Fairphone. Elle remplit le double rôle de coque et de protection. Une pièce économisée, une ! Et tant pis si elle est un peu compliquée à installer, car je vais avoir l’occasion de m’entraîner. Il me suffit de poser mon portable sur une table pour que mon entourage s’intéresse à ce téléphone qui fait figure d’ovni parmi les modèles phares qui envahissent nos poches. Moi qui ne suis pas franchement branchée high-tech, je me surprends à tenir ce genre de discours : « Tu ne connais pas ? C’est un Fairphone 2. La marque contrôle les conditions de travail de ses fournisseurs et n’utilise aucune matière première des zones de conflit en Afrique. Tu peux changer toutes les pièces. C’est anti-obsolescence programmée. » Et pour que mes interlocuteurs aux smartphones scellés à la glu restent bouche bée, j’enlève la coque et leur montre le message, « Yours to open, yours to keep » (« Ouvre-le, conserve-le »), inscrit au-dessus de la batterie. Mon smartphone m’invite à le dépecer !

Bricolage en cas de casse

J’ai attendu d’être tranquille, sur un bureau rangé, pour me lancer. Sans outil ou presque, je parviens à détacher l’écran grâce à des clips bien pensés. Avec un petit tournevis, je démonte l’appareil photo et le micro. Fairphone vend chaque pièce séparément entre 20 euros (pour la batterie) et 85 euros (pour l’écran). Un guide de réparation est disponible en ligne et dans l’application installée sur mon smartphone, certes peu accessible une fois mon portable disséqué. Le bricolage servira en cas de casse mais pas que ! L’appareil photo greffé à la version initiale fait 8 millions de pixels, par exemple. Si, à l’avenir, la marque en conçoit un plus performant, je pourrai le remplacer sans investir dans un nouveau téléphone.

« Et sinon ton Fairphone, il téléphone ? », m’a lancé un ami, un brin jaloux. Oui ! Il est un peu grand pour tenir sereinement dans ma main lorsque je l’utilise dans la rue mais la qualité de l’écran 5 pouces dépasse celle de mon ancien smartphone. Il s’adapte à tous les opérateurs et la batterie tient seize heures, en utilisant la 3G et le GPS quelques instants. Après plusieurs appels manqués faute d’avoir compris comment décrocher, son utilisation ne m’a pas déboussolée. Le Fairphone s’utilise avec Android et propose les mêmes applications de base que mon ancien portable. Côté son, RAS. Idem pour les photos, que je pourrai stocker sans souci dans la mémoire extensible de 32 gigaoctets. Le petit plus ? Un widget installé sur la page d’accueil m’indique le temps écoulé entre deux coups d’œil à mon écran. « Vous avez eu l’esprit tranquille pendant six minutes. Votre record : quatre-cent-une minutes », soit une petite nuit. Fairphone ou pas, la détox, c’est une autre affaire ! —



Comprendre

En juillet 2015, le magazine « Cash investigation » s’intéressait aux secrets inavouables de nos doudous électroniques.

Réparer

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