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25-08-2015
Mots clés
Pollution
France

Pollution, une appli pour changer d’air

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Pollution, une appli pour changer d'air
(Crédit illustration : Guillaumit pour « Terra eco »)
 
La start-up Plume Labs a conçu une appli pour que les citoyens sachent à quels polluants ils sont confrontés dans leur ville et puissent ainsi adapter leurs comportements.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 70 - septembre 2015

Avec les derniers aventuriers

« La pollution atmosphérique, c’est sept millions de morts par an dans le monde (1). S’informer, c’est se protéger », insiste Romain Lacombe. Ça n’est pas à Terra eco que l’on vous dira le contraire ! Romain Lacombe, polytechnicien de 31 ans, est cofondateur, avec David Lissmyr, de Plume Labs. Cette start-up a lancé au printemps une application gratuite sur la pollution de l’air. Le jeune homme est convaincu que l’accès aux données par le plus grand nombre est une question de démocratie. Il a d’ailleurs contribué, au sein de la mission gouvernementale Etalab, à la politique française en matière d’open data. Pour lui, Plume Air Report n’est pas une appli gadget de plus, puisqu’il s’agit de rendre lisibles à tous les infos complexes concernant la pollution. « C’est de l’“empowerment” (le fait d’octroyer plus de pouvoir aux individus, ndlr), explique-t-il. Un outil pour ne pas subir. Sur la question du tabac, il a fallu cinquante ans pour qu’il y ait une prise de conscience. Elle n’a pas encore eu lieu en matière de pollution. On se bat contre l’apathie. » Depuis quelques années, les technologies aident à diffuser l’info en matière de pollution atmosphérique. L’appli Qualité de l’air, par exemple, publie chaque jour les taux mesurés par les observatoires officiels régionaux. Le site Obsairve, soutenu par la Commission européenne, propose des données sur la qualité de l’air en Europe grâce à des vues satellitaires et a aussi lancé une appli.

Faire du vélo ou sortir bébé

Quant à Plume Air Report, nous l’avons testée le 29 juin dernier à 16 h 30. Les infos y sont mises à jour heure par heure. En un clin d’œil, on découvre qu’à Nantes, la pollution est, à ce moment-là, « modérée », soit supérieure « à la limite maximum pour un an établie par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) », comme c’est le cas 246 jours par an dans la cité des Ducs. Cela signifie qu’« une exposition à long terme constitue un risque pour la santé ». Et que chaque matin, une alerte sur votre smartphone vous coupe l’envie de respirer. Ce jour de juin, c’est le taux de particules fines (PM) qui est mauvais, les taux de dioxyde d’azote (NO2) et monoxyde de carbone (CO) restant très bas. On peut donc courir, faire du vélo, sortir bébé ou boire un coup en terrasse sans danger, signale l’appli. Même jour, même heure à Montpellier. C’est moins rassurant. « Pollution forte », indique l’appli, soit un niveau « supérieur à la limite maximum pour vingt-quatre heures établie par l’OMS », avec un taux d’ozone (O3) costaud. Les Montpelliérains sont incités à « ne pas forcer » avec le footing ou le vélo. « Faites attention », leur dit-on, s’il s’agit de sortir bébé. Pour l’apéro en terrasse, l’air n’est « pas idéal ». Ils peuvent se consoler en consultant la fiche d’Ankara, la capitale turque, où le niveau de pollution est « très fort », avec « effets nocifs sur la santé, même en cas de courtes expositions ».

« L’interface nous a demandé des mois de travail », souligne Romain Lacombe. Afin de traiter des données, il faut aussi avoir la bosse des maths. « Pour la ville de Paris, on a mis au point des algorithmes statistiques qui nous permettent de publier des prévisions sur vingt-quatre heures. » Des modèles prédictifs basés sur des années de relevés de concentrations de polluants et d’historiques de conditions météo. Plume Labs prévoit aussi un capteur grand public pour mesurer les polluants chez soi ou dans la rue. Il devrait être mis sur le marché dans un an, à un prix encore indéfini. Les capteurs, en quelques années, ont vu leur prix dégringoler et leur taille se miniaturiser. Ils sont désormais accessibles. Dans le domaine de la mesure de la qualité de l’air, des étudiants de Berkeley, aux Etats-Unis, ont créé l’an dernier Clarity, un capteur en forme de porte-clés pour mesurer les particules, la température et l’humidité. Le Air Quality Egg évalue, lui, les concentrations en azote et monoxyde de carbone partout dans le monde. Ce petit œuf open source a été lancé aux Etats-Unis grâce à une campagne de crowdfunding en 2012. On peut aujourd’hui l’acheter pour 215 euros.

Ouvrir les yeux sur l’ampleur des dégâts

Celui de Plume Labs n’aura pas de formes arrondies mais tiendra dans la poche, sera fabriqué en France et pourra être utilisé aussi en intérieur, chez soi. L’objectif est que les mesures soient très affinées. « La pollution peut varier du simple au triple dans une même ville, entre une rue pleine de voitures et un jardin public », précise Romain Lacombe. Les infos recueillies par ces objets connectés rejoindront le flot des données pour créer des cartes plus détaillées. Peut-être nous aideront-elles à ouvrir les yeux sur l’ampleur des dégâts, à ajuster nos comportements et à provoquer les décisions politiques qui s’imposent. —

(1) Chiffres 2012 de l’OMS


- Plume Labs


- La mission Etalab


- Obsairve

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