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26-06-2014
Mots clés
Santé
France

En Provence, bienvenue au mas de la mue

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En Provence, bienvenue au mas de la mue
(Crédit photo : DR)
 
Aromathérapie, qi gong, kinésiologie, meilleure alimentation, on vient dans cet « hôtel universitaire du mieux-être » pour changer de vie.
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N° 59 - juillet-août 2014

Changer de vie : ils ont osé, pourquoi pas vous ?

Changer de vie, c’est un truc de crustacé. On change de carapace pour mieux affronter l’avenir. Du coup, en pleine mue, on a toujours besoin d’un bon gros rocher sous lequel reconstituer son armure. Niché dans le parc national du Luberon, à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), le mas de Fontefiguières, ancienne auberge à l’abandon, pourrait remplir ce rôle. Cet « hôtel universitaire du mieux-être », comme l’appellent ses propriétaires, est un lieu enchanteur où l’on vient apprendre à prendre soin de soi.

Cocon méridional

Entouré de chênes centenaires et d’acacias fleuris, le site présente tous les atours de l’hôtellerie de luxe : piscine, court de tennis, spa, sauna… mais son vrai luxe, c’est que l’on cajole aussi l’âme dans un unique objectif : fournir les clés pour aller mieux. Ainsi, le séjour est agrémenté de cours (gym posturale, aromathérapie, qi gong, kinésiologie…) mis à disposition de tous, gratuitement. Cinq heures quotidiennes d’exercices accessibles aux plus rouillés d’entre nous. La gym posturale réveille les muscles en douceur. L’aromathérapie se pratique dans un spa bouillonnant en plein soleil. Quant au qi gong, gymnastique de la longévité, il vise la maîtrise de l’énergie vitale par la pratique d’une série de postures. « Personne n’est obligé de suivre les cours », rassure Philippe, le propriétaire, avant d’ajouter, espiègle, que c’est comme à la fac, « si vous les loupez, vous passez à côté de quelque chose ! » Autres leçons quotidiennes : l’alimentation. Dans une classe à manger, on réapprend à s’alimenter correctement. Point de café ni de thé venus des confins du monde, mais du café d’épeautre et du thé d’Aubrac. De la viande une fois par semaine – le samedi soir –, tisane et légumes à foison… Bref, une certaine austérité dans l’assiette. « Au bout de quelques jours, on s’y fait », nous promet-on.

Patricia et Guillaume, les deux clients du moment, ont découvert Fontefiguières dans des magazines, « un peu par hasard ». Après des semaines de coma et une maladie chronique, Guillaume a trouvé un refuge où rebooster sa masse musculaire. « Je suis conquis », avoue-t-il, encore fragile. Patricia, insomniaque chronique, « dort comme un bébé » depuis qu’elle a posé ses valises ici. Changer de vie ? Ils disent ne pas trop avoir le choix. Et que le mas est « un cocon » qui aide à adopter de bonnes habitudes.

Néophytes de l’hôtellerie

Ce lieu enchanteur doit tout à ses propriétaires, Philippe et Laurence, deux néophytes de l’hôtellerie qui y ont misé toute leur seconde vie. Lui organisait des événements culturels à Paris. Elle était sophrologue. Si elle a impulsé le départ vers Marseille, il a volontiers embrayé, vendu son affaire, et le couple a tout investi dans le mas. « Nous aurions pu vivre le restant de nos jours sans travailler », précise-t-il. « Tout placer en Bourse et vivre de nos rentes, renchérit-elle, mais ce n’est pas ce que nous voulons. » A la place, ils ont cherché un lieu magique, à deux pas de Saint-Michel-l’Observatoire (Alpes-de-Haute-Provence), « parce qu’ici le ciel est le plus pur de France », confie-t-il.

Rien d’ostentatoire dans les 14 chambres qui accueillent les « étudiants », mais une sobriété de bon goût où les matériaux nobles côtoient les enduits à la chaux. Tout a été récupéré chez des brocanteurs. Ici, la moindre porte ou brique revit. Les vélos en libre-service sont siglés Lapierre, l’électroménager est européen, la nourriture, bio et locale. Les graviers ont été remplacés par des noyaux de pêche concassés. Les deux femmes de ménage disposent d’un Smic majoré de 20 % et ne travaillent jamais les week-ends. Mickaël, le kinésiologue, Kaddar, le prof de qi gong, et Aurélien, qui initie à la gym posturale, sont même payés en périodes de disette. Surtout, le couple refuse d’inscrire son établissement sur le site de réservation Booking.com. « Cette société hollandaise paye ses impôts en Irlande, n’est pas soumise à la TVA en France, mais fait du business sur le dos des hôteliers français. » Autant dire que Fontefiguières multiplie les obstacles. Peu importe, ils croient dur comme fer à leur projet et s’accordent « trois ou quatre ans pour que ça marche ». —

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Journaliste errant dans les sujets environnementaux depuis treize ans. A Libération, mais de plus en plus ailleurs, s’essayant à d’autres modes d’écriture (Arte, France Inter, Terra of course, ...). Il y a deux ans, elle a donné naissance (avec Eric Blanchet) à Bridget Kyoto, un double déjanté qui offre chaque semaine une Minute nécessaire sur Internet.

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