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Recyclage des matelas : la France se réveille

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Recyclage des matelas : la France se réveille
(Crédit photo : Alan Stanton - Flickr)
 
Que faire de votre vieux matelas ? Aux côté d'Emmaüs et des ressourceries qui récupèrent ceux en bon état, une filière se met enfin en place pour recycler à 95% ceux qui arrivent en fin de vie.
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Les plus vieux sont en laine. D’autres sont en mousse, avec des ressorts et plusieurs couches pour que vous dormiez à point fermés... En règle générale, au bout d’une dizaine d’années en moyenne, « les matelas finissaient avec les encombrants puis en centre d’enfouissement ou à l’incinérateur », indique Jean-Charles Caudron à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Seule exception : ceux qui étaient déposés en bon état à Emmaüs ou dans une ressourcerie. Une goutte d’eau parmi les 5 millions de pièces mises au rebut chaque année. Et si on recyclait les matelas ? « Il n’y pas de problèmes environnementaux avec des composants dangereux, il s’agit plutôt d’un gisement important de matières à recycler », précise-t-on à l’Ademe. Les matelas, qui mettent une centaine d’années à se décomposer, sont aussi des déchets volumineux qui encombrent inutilement les décharge.

Montée en puissance

Mais la France se réveille enfin : « Nous sommes en phase de finalisation d’une filière de responsabilité élargie des producteurs pour l’ameublement, ce qui comprend donc la literie, avec un démarrage opérationnel en 2012 », Jean-Charles Caudron. Une disposition initialement prévue par la loi Grenelle II pour le 1er janvier 2011 et qui n’attend plus qu’un décret pour démarrer.

En clair, les producteurs et distributeurs auront l’obligation de gérer, y compris financièrement, la fin de vie de leurs matelas. Par exemple via la mise en place d’éco-organismes, comme c’est le cas pour les lampes ou les équipements électriques (D3E). « On ne va pas du jour au lendemain tout collecter », reconnaît-on à l’Ademe, notamment parce que « c’est plus compliqué à transporter qu’un grille-pain », mais surtout parce que l’alternative à la décharge est encore balbutiante : la première usine française spécialisée dans le recyclage de matelas a ouvert en septembre dernier à Limay (Yvelines). Un seul autre projet est recensé actuellement, en Ardèche.

Appuis-tête de voitures

Après un démarrage artisanal et des tournées « en camion pour aller les chercher au pied des immeubles », raconte Franck Berrebi directeur général de Recyc-Matelas, l’entreprise francilienne a conclu des partenariats : grande distribution, hôtels, sociétés de traitement de déchets.... Elle est ainsi passée de « de 200 pièces par jour en novembre à 700 en janvier, pour une capacité à terme de 350 000 par an, soit environ 10 000 tonnes ».

Et à la sortie, comment les matelas se réveillent-il ? « La mousse de latex va dans l’industrie automobile pour faire des appuis-tête ; le coton, le polyester et la laine sont utilisés comme absorbants ou isolants ; la mousse peut servir dans la fabrication de tapis ; le métal va dans les aciéries ; pour le bois c’est plutôt la valorisation énergétique », détaille Franck Berrebi. Bilan : un produit recyclé à 95%. Un savoir-faire que cet ancien directeur financier dans la grande distribution est allé chercher au Québec, où la société éponyme recycle déjà la moitié des matelas jetés dans la province. Il compte désormais développer 7 à 8 sites en France, avant d’exporter le concept en Europe.

Priorité au réemploi

Du côté du Réseau des ressourceries, qui regroupe 73 structures, on se réjouit de cette solution complémentaire. A condition que « n’entrent pas dans ces usines des objets qui peuvent être réemployés », glisse Nathalie Siméon, responsable du pôle développement. Pour cela, « il ne faut pas attendre que les matelas soient entassés et transportés en benne, car à ce stade il est trop tard », poursuit-elle. Cela vaut pour les tables, les canapés, mais aussi pour les matelas qui, sous la pluie, deviennent irrécupérables.

Tout comme Emmaüs, qui privilégie la collecte sur rendez-vous, le dépôt sur place ou la création de caissons spécifiques, le réseau espère,être partie prenante de la future filière. Même attente à la communauté de communes du Ribeauvillé, pour qui l’association d’insertion Espoir démantèle déjà de manière « artisanale et manuelle » des matelas. Si un éco-organisme était mis en place, la collectivité risquerait de perdre le contrôle direct sur le dossier, explique Michael Gruny, responsable du service environnement et collecte de déchets. La collectivité espère que les locales déjà existantes seront préservées, comme c’est le cas pour les D3E.

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Journaliste, collaborateur régulier pour Terra eco.

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