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30-03-2009

Les géants du Net ont le feu aux câbles

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Alerte chez les mastodontes du Web : leurs serveurs dévorent des watts. Leurs émissions de gaz à effet de serre s’envolent. Et leur facture électrique explose. Un petit régime s’impose.
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n°2 - avril 2009

Sommes-nous prêts à consommer mieux ?

Faudra-t-il freiner Internet pour lutter contre le réchauffement de la planète ? Si la question était saugrenue il y a quelques années, elle se pose désormais de façon brûlante. L’ensemble des serveurs informatiques de la planète, qui stockent et fournissent à la demande les documents d’Internet et des entreprises, rejettent déjà autant de gaz à effet de serre que la moitié de l’aviation mondiale en un an, autant qu’un pays comme l’Argentine. Si l’on ajoute nos ordinateurs, nos téléphones et les infrastructures qui vont avec, le pouvoir de nuisance climatique des avions est dépassé.

Pas du pipeau

Chez les mastodontes d’Internet comme chez les gros utilisateurs, c’est le branle-bas de combat même si l’on rechigne à évoquer ce sujet tabou. Parce que sur Internet, le vainqueur sera sans doute celui qui dépensera le moins en énergie. La motivation est parfois environnementale. Mais ce qui inquiète surtout les entreprises, c’est que leur facture électrique grimpe à vue d’ ?il. Selon Subodh Bapat, un haut responsable du fabricant de serveurs Sun Microsystems, elle devrait être multipliée par 13 entre 2005 et 2012 ! Et ce n’est pas du pipeau d’analyste : selon l’électricien PG&E qui alimente la Silicon Valley américaine, les centres de serveurs de la région avaient besoin de 50 à 75 MW de puissance en décembre 2006, notamment pour faire fonctionner des sites comme Google, Yahoo, You Tube et leurs concurrents. Dix-huit mois plus tard, la demande a dépassé 400 MW.

Des montagnes d’études

Et qui dit explosion de la consommation d’énergie, dit envol des émissions de gaz à effet de serre. Celles du secteur devraient doubler tous les cinq ans. Sans compter toutes celles provoquées par l’inquiétude des entreprises et des gouvernements : des centaines d’études ont été publiées l’an dernier sur cette question aux Etats-Unis ! A y regarder de près, c’est le fonctionnement même des centres de serveurs – aussi appelés « fermes de calcul » – qui constitue un gouffre énergétique. Les milliers de machines, parfois dizaines de milliers, qui y sont entassées, créent des ambiances caniculaires qu’il faut climatiser pour éviter les pannes.

Car la nature est ainsi faite que l’électricité consommée dans les puces informatiques, les disques de stockage et les infrastructures de réseau se transforme en chaleur. Sans compter toutes les installations annexes chargées de sécuriser la qualité du courant (onduleurs, groupes électrogènes…). L’addition est implacable : en moyenne, pour 1 kWh utile dépensé dans un serveur, il faut en brûler un deuxième pour la climatisation et un troisième pour garantir que le courant ne soit pas interrompu.

Ruée sur les vidéos « pipole »

Face à ce constat, les entreprises cherchent d’abord à optimiser le fonctionnement des ordinateurs-serveurs. Aujourd’hui, un tiers d’entre eux sont allumés mais jamais utilisés. Des dizaines de sociétés de la planète – fabriquants d’ordinateurs, de puces électroniques ou gros utilisateurs du Net – se sont ainsi regroupées au sein du Climate Savers Computing pour trouver des solutions communes.

Mais pendant que les industriels imaginent des ordinateurs et des serveurs moins voraces, les utilisateurs, eux, se ruent sur les nouveaux usages d’Internet. Entre lire un texte et mater la dernière vidéo « pipole », il y a un gouffre énergétique dont personne n’a conscience. In fine, la facture énergétique se déplace donc des fournisseurs vers les internautes. Elle n’est, dans tous les cas, pas près de baisser.


Comment faire baisser la note ?

Les initiatives pour réduire la facture de climatisation fusent dans tous les sens. Notamment celle de containers remplis de centaines d’ordinateurs, qui seraient empilés et connectés ensemble. Reste à trouver le lieu idéal pour les installer.

Des fermes de calcul sous terre. Pourquoi ne pas installer les serveurs dans des caves souterraines, plus fraîches ? C’est ce qu’a fait Strataspace, avec un centre enfoui à 18 mètres de profondeur près de Louisville, dans le Kentucky. Sun Microsystems va faire de même dans une ancienne mine de charbon japonaise, où règne une température de 15° C. Autre avantage, ce genre d’endroit constitue une protection contre d’éventuelles attaques terroristes.

Des ordinateurs sur l’eau. Google a déposé un brevet de « bateaux-serveurs » afin de profiter de l’eau de mer comme réfrigérant naturel et gratuit, et de la force des vagues pour produire l’électricité. Une autre société, IDS, espère équiper une flotille de navires désarmés. Pourquoi pas le Clemenceau ?

Des serveurs dans la neige. Certains pays, comme l’Islande, n’hésitent pas à vanter leur bon air pour attirer les entreprises informatiques. Sans grand succès. Certes, la fraîcheur du climat permettrait de climatiser les serveurs sans bourse délier. Des rumeurs prêtent même à Google l’intention de s’établir dans le pays. Mais rien n’est moins sûr : car l’Islande est une zone volcanique et mal desservie par la fibre optique. Le Groenland, la Sibérie et l’Alaska offrent des atouts climatiques, mais sont très isolés aussi.

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