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innovation politique

Par Rodrigue Coutouly
25-02-2011

Faut-il se préparer à la fin du pétrole ?

Le dernier numéro papier de Terraeco, contient un dossier qui s'intitule : Tous accros au pétrole, pourquoi il va nous ruiner ? Comment s'en passer ? C'est un sujet aussi passionnant qu'inquiétant. Et Terraéco nous apprend des tas de choses sur la question. Et pourtant, la lecture du dossier me laisse sur ma faim.

En effet, si il est décrit de manière précise le rôle crucial du pétrole dans nos vies (transports mais aussi nourriture, logement, ...), si il est envisagé quelques solutions alternatives de pointe, mis en place par quelques pionniers, qui déclarent "je vis sans pétrole (ou presque)", le dossier n’aborde pas la question bien inquiétante de savoir ce qui se passera quand nous y serons : quand le peak oil sera derrière nous, que les prix auront triplé ou quadruplé, ce qui arrivera dans 10 ans, dans 4 ans ou ... dans 6 mois !

Comment allons-nous vivre à ce moment là, quelles transformations, quels traumatismes vont subir nos sociétés soumises à l’addiction au pétrole depuis plus de 40 ans ?

Rappelons simplement quelques données sur cette omniprésence du pétrole dans nos vies : le prix du pétrole aujourd’hui est 30 fois supérieur au prix de 1973, un kilo de boeuf "coûte" 2 litres de pétrole, 1 kilomètre d’autoroute 60 000 litres et chaque français en consomme en moyenne 4,5 litres par jour...

Les hommes et femmes politiques qui se préparent à l’élection présidentielle, futur président ou futurs ministres dans les six ans à venir, vont avoir une responsabilité écrasante : c’est à eux qu’il reviendra d’adapter notre société française à ces bouleversements, à ce pétrole qui se prépare à nous ruiner.

Car quand le prix de notre alimentation, de notre essence, des voyages aériens sera multiplié par deux ou par trois. Quand tous les investissements dans les routes, dans le bâtiment nécessiteront de doubler leur prix, que se passera-t-il ?

Il ne s’agira plus de maintenir à flot le taux de croissance mais de ne pas le voir plonger trop bas en négatif ! La décroissance considérée comme le diable par de nombreux économistes, nous y serons complètement, jusqu’au cou !

Et sans espoir de retour, puisque cette augmentation du prix du pétrole, dûe à la rareté ne sera pas un cycle parmi d’autres, mais une constante avec lequel nous allons devoir faire !

On pourrait y voir l’apocalypse à nos portes et se dire que c’est la fin du monde !

Prenons-le au contraire comme une chance ! Le laissez-aller des politiques qui ont abandonner leurs pouvoirs au nom du libéralisme triomphant ne sera alors plus possible. Il faudra alors inventer des politiques publiques volontaristes et innovantes. Nous devrons aussi abandonner des manières de vivre bien négligentes en matière d’environnement.

Aller, sur un coup de tête, faire une virée en bagnole un week-end à 600 kilomètres de chez soi ne sera plus guère possible. Les contraintes nouvelles permettront de changer les comportements plus sûrement que les discours moralistes de quelques écologistes éclairés.

Mais sans politique volontaire qui permettrait de changer l’organisation sociale, de "redistribuer les cartes" du pacte social, la société risque de sombrer devant les coups du butoir du manque de pétrole. Tel un junkie non accompagné, sans méthode de substitution, la France pourrait ne pas se relever de ce choc.

Tout dépendra alors du médecin au chevet du malade. Si le président de la République est intelligent, sans idéologie, au service de la société toute entière, de l’intérêt général et non d’intérêts particuliers, si il sait trouver les mots et les traitements qui accompagneront efficacement le malade, nous nous en sortirons. Si il sait s’entourer de gens compétents, au service de la société et non de leur (ré)élection, alors nous aurons quelques chances de nous en tirer.

Dans le cas contraire, attention à la catastrophe ! Décidément, l’élection de 2012 contient bien des enjeux ! Ceux qui iront à la pêche ce jour-là n’auront sans doute plus les moyens d’y aller dans les années qui suivront ! Et ils pourront se maudire d’avoir considérer que la politique ne servait à rien !

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A PROPOS

Principal de collège, agrégé d’histoire-géographie, j’ai été, dans une autre vie, technicien forestier à l’Office national des forêts et j’ai travaillé en Afrique sahélienne.

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