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Euro : pourquoi nous n’avons rien sauvé

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Euro : pourquoi nous n'avons rien sauvé
 
Le succès du sommet de Bruxelles n’est qu’un leurre. Car en sous-sol, l’incendie couve toujours. Et c’est à un changement de modèle de civilisation qu’il faut œuvrer.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Ce qu’il reste de l’« Union » européenne a donc stoppé l’incendie financier. Et consenti, enfin, à tendre une main secourable à la Grèce. Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et l’euro n’en sortent pas sains et saufs pour autant. Seules les apparences sont sauves. Car en sous-sol, l’incendie couve toujours. Le remède administré dans les prochains mois en Italie et en France, et déjà bien connu des Grecs, des Espagnols et des Portugais, risque de nous amener une nouvelle fois aux portes de la récession. Nous savons bien, puisque nous l’avons connu en 2009, ce qu’implique pareil scénario. Notre modèle économique et social, qui ne tient que par la confiance et la croissance du PIB, se met alors à yoyotter, devenant une formidable machine à broyer. On arguera qu’en France, une certaine protection par la dépense publique et un « modèle » social moins distendu qu’ailleurs, permettent toujours de limiter la casse.

La croissance, ça ne se décrète pas

En réalité, si l’on jette un œil dans le rétroviseur, il semble que notre « modèle » n’ait vraiment bien fonctionné que pendant les Trente Glorieuses, ces années « bénies » parce que porteuses d’une croissance économique « infinie ». Les ennuis ont commencé avec les Trente Piteuses, inaugurées par les chocs pétroliers des années 1970, qui ne nous ont plus jamais permis de financer notre « modèle », à supposer que 3 millions de chômeurs constituent un modèle. D’année en année, les déficits publics se sont empilés, constituant une montagne de dettes financières, devenues insoutenables pour nos enfants. Et nous voici pris au piège : pour résorber cette dette et continuer de tenir l’objectif – indiscutable, nécessaire, républicain – de justice sociale, il faudrait de la croissance, davantage de croissance, toujours plus de croissance du PIB. Seulement voilà : la croissance, on ne sait pas faire, ou pas assez. Parce que la croissance, ça ne se décrète pas, en tout cas pas complètement, et surtout plus pour longtemps.

Terres rares

Car il y a cette chose qu’aucun dirigeant européen n’admet publiquement : notre croissance économique est une chimère, puisqu’elle implique une surconsommation de ressources naturelles intenable à long terme. Le stock de ces ressources fond en effet à vue d’œil. Les pays riches manquent déjà de terres rares pour fabriquer leurs joujoux électroniques, tandis que les pauvres manquent de terres arables pour y élever leurs cultures vivrières. Les pays du Nord ne pensent qu’à croître, car ils n’ont rien trouvé d’autre pour (re)financer leur « modèle » social. Ceux du Sud ne pensent qu’à croître, car ils n’ont rien trouvé d’autre pour sortir de la misère sociale. Résultat, nous sommes de plus en plus nombreux à lorgner des ressources tout aussi vitales pour nos pays, qu’inexorablement condamnées à un sort de peau de chagrin.

Ni démondialisation, ni décroissance

Dans ces conditions, on peut parier que le temps qui nous sépare de la prochaine crise se compte en mois. Nouveau choc pétrolier, pénurie d’électricité, émeutes de la faim, faillite financière. Peu importent les symptômes. Le point fondamental est qu’ils renvoient tous au même mal : c’est notre modèle économique et, au-delà, notre modèle de civilisation fondé sur les ressources physiques de la planète, qui est en phase terminale. Aucune solution miracle n’existe, mais on peut déjà en exclure deux. La démondialisation, tout d’abord : ce concept rassurant porte en germe la menace d’un repli sur soi, à l’heure où nous manquons cruellement d’Europe et davantage encore de gouvernance mondiale. La décroissance, ensuite : certains – comme nos voisins Espagnols – la testent déjà à grande échelle depuis 2009, avec les dégâts humains que l’on sait.

Une vraie transition écologique

D’autres solutions sont à portée de main. Tout d’abord, imaginer de nouvelles formes et de nouveaux indicateurs de prospérité, faute de quoi l’obsession de la croissance du PIB nous tuera. Ensuite, remettre définitivement les marchés financiers au service de l’économie réelle, en osant la taxe Tobin, en puisant dans les paradis fiscaux les gigantesques réserves financières qui y grouillent, en cessant de subventionner les énergies fossiles . Et puis, susciter des générations entières d’entrepreneurs sociaux, au service de l’intérêt général et non plus du seul profit individuel. Enfin, mettre cette force de frappe intellectuelle, humaine et financière, nouvellement constituée, au service d’un programme historique pour la transition énergétique et écologique. C’était, déjà en 2008, le sens d’un « Green New Deal » qui ne fut qu’un effet d’annonce. Nous avons droit à une deuxième chance. Mais vite, car en sous-sol, l’incendie continue de se propager.

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  • Oui, le diagnostic est bon.
    Il n’est pas neuf.
    Déjà en 1948, les Américains W. Vogt et H.F. Osborn parlaient de la nécessité absolue d’un changement radical de nos modes de pensée.

    Mais que faire CONCRETEMENT pour que les gens puissent avoir envie de changer de mode de pensée ? et avoir envie de changer le mode de vie qui va avec, pour aller dans la direction qu’indique l’article ?
    Depuis 60 ans, il n’y a pas de réponse qui permette d’envisager de changer mondialement de cap, avant d’arriver tous ensemble au mur !!

    Et il est probable que nous arriverons au mur !
    L’humain pense toujours avec des automatismes préhistoriques : il est inadapté au monde dans lequel il se trouve propulsé. L’intelligence analytique n’y fait rien : il privilégiera toujours la satisfaction du court terme à la raison du long terme.

    Et la Démocratie renforcera ce trait archaïque.

    1er.11 à 22h42 - Répondre - Alerter
  • Walter Bouvais : Sur la décroissance

    Bonjour,

    1) @Antoine :

    - sur les paradis fiscaux : ils ne sont, comme vous le dites, pas une destination en eux-mêmes, mais une étape ; simplement, cette étape permet à des sommes colossales d’être "blanchies" de tout impôt. C’est là que se trouve le manque à gagner. Du reste, on dit peu que ce système a été organisé par les pays riches dès le début du XXe siècle, et que ces derniers continuent de le faire. Un exemple ? Le Delaware, Etat américain où - curieusement - siègent plusieurs multinationales US. Je vous renvoie vers notre Petit guide des paradis fiscaux

    - sur le Green New Deal : oui, il faudrait le financer, mais il ne s’agit pas seulement de s’endetter plus, mais de s’endetter autrement. En premier lieu, stopper les subventions à toutes les activités "non soutenables" permettrait de dégager des réserves. Combien ? C’est à chiffrer. Ensuite, s’il faut emprunter, pourquoi ne pas mobiliser une partie de l’épargne privée des Européens : un vrai emprunt citoyen permettrait, me semble-t-il, de lever des dizaines de milliards d’euros. Alain Grandjean et la FNH ont proposé que ces investissements soient financés directement par un emprunt auprès de la Banque Centrale Européenne : voir à ce sujet le blog Financer l’avenir sans creuser la dette.

    - sur l’éthique et la responsabilité individuelle, je ne l’évacue pas : je suis, bien au contraire, totalement d’accord avec vous. Le discours simpliste selon lequel seul l’Etat ou les entreprises auraient une responsabilité ne débouche sur rien. Les citoyens doivent, concrètement, se retrousser les manches. Les mouvements participatifs comme OccupyWallStreet mais aussi le développement du social business sont à mes yeux des signes de plus en plus fort : les lignes bougent, le défi est grand mais nous ne sommes pas "tous foutus".

    2) @Badou :

    - oui les Espagnols expérimentent la récession, ce qui est bien une forme de décroissance forcée. Nous ne sommes pas équipés, ni intellectuellement, ni économiquement, ni socialement, pour faire face à de telles situations. La notion de décroissance est à mes yeux la symétrique exacte de la croissance infinie. Les deux sont un leurre, il faut inventer d’autres points de repère que la seule augmentation ou diminution du PIB. L’enjeu ce n’est ni la croissance ni la décroissance en tant que mode d’analyse binaire, l’enjeu c’est de choisir ce qui doit croître et ce qui doit décroître, comme le dit Edgar Morin. La nuance est de taille.

    - sur la démondialisation : il s’agit d’un concept marketing et fourre-tout ; ses contours sont tellement imprécis que l’on peut l’utiliser pour désigner tout et n’importe quoi. Reprendre le contrôle de la finance ? Cela n’a rien à voir avec la mondialisation, c’est mettre fin à la dérégulation aveugle des quarante dernières années. Reconstruire le tissu industriel ? Ce sont des relocalisations. Consommer local ? Cela s’appelle raccourcir les circuits. Vous parlez de garder la mondialisation de la culture. Entièrement d’accord. Mais alors, la culture circule comment : qui transporte les artistes lorsqu’ils se déplacent, qui vous transporte lorsque vous allez ici ou là, qui transporte les bits de vos messages électroniques, qui entretient ces réseaux ? Nous vivons dans un tissu d’interdépendances dont il faut reprendre le contrôle (donc mieux les comprendre, déjà) mais auxquelles il me semble difficile de renoncer.

    31.10 à 10h42 - Répondre - Alerter
  • Je partage très largement votre analyse mais je trouve l’intervention de Badou pertinente (vous évacuez bien rapidement la décroissance et la démondialisation). J’ajouterais quelques éléments :
    - Je pense que c’est une erreur d’appréciation de considérer les paradis fiscaux comme des coffres forts dans lesquels on pourrait puiser. Il y a certes des fortunes privées abritées en Suisse, mais globalement, la finance offshore est surtout une simple étape pour optimiser les prélèvements fiscaux. Les montages financiers prévoient souvent des stratégies pour rapatrier les bénéfices qui transitent par les paradis fiscaux, ceux-ci en sont rarement la destination finale.
    - Le PIB comporte bien sûr de nombreuses limites, mais je pense qu’il ne faut pas trop espérer de ses alternatives. Le PIB reste un très bon indicateur de ce sur quoi on peut prélever des recettes publiques. On ne peut pas financer la santé, l’éducation ou un green new deal sur base d’un agrégat qui valoriserait les activités domestiques, le stock de ressources naturelles ou le niveau des inégalités. Pour cela il faut bien de l’agent frais issu de l’activité monétaire : la valeur ajoutée, dont la somme donne le PIB.
    - J’aimerais avoir des précisions sur ce que vous mettez derrière ce green new deal. Un vaste plan d’investissement aurait probablement recours à l’endettement vu l’état actuel des finances. Or, une dette trop conséquente pourrait n’être viable que si le green new deal débouchait une relance de la croissance (certes verte).
    Quelque-soit la pertinence du PIB, la conversion écologique de l’économie se traduira par un niveau de production soit plus faible soit plus élevé que le niveau actuel. Or l’équation de Kaya me fait pencher plutôt pour une baisse dans les pays développés, et comme vous dites, "à repousser toujours les questions difficiles en sortant le carnet de chèques, on prépare des lendemains encore plus difficiles socialement".
    - Enfin, il se trouve effectivement peu de monde pour défendre "le système" qu’il faut bien sûr repenser de toute urgence. Mais je trouve que vous évacuez trop rapidement la question des responsabilités individuelles et la place de l’éthique. Je suis de plus en plus convaincu que nous sommes en train de le dépasser le modèle actuel par des initiatives plus ou moins isolées (ce qui n’est pas incompatible avec des réformes plus globales de type Kyoto). "Un dirigeant d’entreprise qui voudrait faire "autrement" (qui voudrait être social, écolo, ..) serait rapidement détruit, lui et ou son entreprise"… sauf s’il trouvait des clients, des investisseurs et des collaborateurs qui partagent ses objectifs. Or de plus en plus de gens en quête de sens acceptent de consommer des produits plus onéreux, de démissionner pour des postes moins biens rémunérés, de placer leur argent avec un taux de profit dérisoire… car il y a bien un paradoxe entre en vouloir toujours plus (maximiser son intérêt individuel) et respecter l’homme et la nature.
    Nous ne dépasserons le capitalisme ni par la révolution ni par la réforme (souhaitable mais dont le bilan est bien maigre). Le plus grand espoir réside dans notre prise de conscience de la contradiction entre la rationalité économique et les impératifs sociaux et écologiques.

    31.10 à 00h10 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    excellent article Walter. J’ai eu la même approche sur mon blog http://ysnay.blogspot.com intitulé "Notre Révolution raisonnable".
    Notre intelligence politique est à revoir, le hic c’est que nous ne sommes pas seul sur la planète.
    Nous prenons de l’avance dans notre logique collective mais pourrons nous entrainer les autres nations tels que les BRICS dans ce mouvement ?
    Cordialement,

    Adam.

    30.10 à 12h41 - Répondre - Alerter
  • Eh oui, beaucoup confondent la décroissance de la gloutonnerie, avec la récession. C’est la raison pour laquelle, je préfère évoquer la simplicité volontaire, un choix philosophique pour apprendre à gérer sa vie sans alourdir son empreinte écologique...Si les gouvernements préfèrent investir + dans l’armement, l’industrie automobile ou avion, au détriment de l’enseignement, entre autres...ben, c’est que des veaux ont voté pour des taureaux dotés de ruse et de mensonges, et qui n’ont jamais su respecter leur conscience, et dépasser leur stade mental d’animaux ! En France, Nestlé, l’Oréal, Hachette...etc...sont également impliqués dans l’armement et le nucléaire.
    Même en sachant cela, je continue à essayer d’initier localement, le public aux alternatives économiques telles le LETS dont la monnaie d’échange est basée sur le temps disponible de chacun(e)...quelque soit la qualité des gouvernant(e)s, je tracerai mon chemin malgré les embûches. Sur ce, j’ajoute que les Indigné(e)s de France ne brillent pas par leur nombre...

    30.10 à 08h40 - Répondre - Alerter
  • En effet, en 2008, ils nous avaient parlé de partir sur du développement durable afin de redistribuer la richesse au service du pays...mais ce ne fut qu’un effet d’annonce..

    29.10 à 23h35 - Répondre - Alerter
  • Sauver des dettes pour mieux les perdurer ? Conseil de Mère, sauvez donc déjà, ce qui vous donne Vie ! Tous les éléments vitaux, vous les avez perverti(e)s par votre consommation (j’en fais aussi partie, histoire d’être in direct live, olé !...Je vous prie de préciser votre pensée la + profonde...histoire de causer pour de "VRAI" !

    29.10 à 17h54 - Répondre - Alerter
  • « "La démondialisation, tout d’abord : ce concept rassurant porte en germe la menace d’un repli sur soi, à l’heure où nous manquons cruellement d’Europe et davantage encore de gouvernance mondiale. " »

    L’argument : "qui porte en germe la menace d’un repli sur soi" ne tient pas une seconde.
    Le repli sur soi (au sens des Etat) est une idée sans réalisation possible, ou alors à la marge. Donc exit.
    Sauf dans les esprits qui verraient une généralisation devant de simples actes symboliques, cela n’a pas de sens.

    Par contre rejeter la mondialisation peut avoir un sens.
    En effet, cette mondialisation est essentiellement un résultat de la liberté totale des mouvements de capitaux (et de la plupart des services et marchandises). Inclus, la migration de capitaux représentant la richesse nationale (créée dans un cadre national, social, favorisant les investissements, etc .. - penser à EdF, Total, FT, les géants des eaux, etc qui ne doivent leur capacité, leur richesse qu’à des lois locales, et qui font du bénéfice dans le monde entier et se moquent des services peu rentables, et donc de leur raison d’être originelle ! ) lesquels ne servent plus que les actionnaires et non plus la communauté nationale.
    J’espère me faire comprendre : ces capitaux SONT PERDUS pour le pays d’origine d’où ils viennent. Or ce phénomène quand il est marginal n’a pas d’importance, mais quand il devient général, il se caractérise comme une spoliation. La richesse accumulée ne sert plus que les grandes fortunes détentrices. De plus il y a un phénomène d’emballement : les plus riches profitent des meilleures rendements, les écarts se creusent.
    Cette mondialisation est inadmissible.
    Elle est déterminante.
    Elle est le coeur des principes de l’UE. Donc l’UE est une passoire ! Autrement-dit une absence, ou plutôt un marché libre pour les riches.

    En conséquence, le capital se moque de moi de mes ancêtres qui l’ont constitué (la richesse vient du travail au final, le reste est du vent), il est totalement libre.
    Je ne serais JAMAIS plus au aussi rentable qu’un chinois vivant dans des conditions de plusieurs siècles en arrière de MA société. Le capital lui en profite, seul, et moi je retourne des siècles en arrière, car le capital n’est PLUS ma propriété. Mon pays, la quasi totalité de la population en a été spolié.

    Pour moi, la démondialisation signifierait :
    - contrôle démocratique de l’emploi des richesses, du bien commun

    ceci demande de nombreux actes :
    - certains contrôles sur les banques,
    - contrôle des mouvements de capitaux
    - certains contrôles des bourses
    - certains contrôles des multinationales et autres grands comptes.

    On ne fait pas un pays, un monde dans le laissé-faire, tel que maintenant.

    Cette crise illustre un fait :
    - les entreprises sont contraintes de délocaliser pour survivre, les capitaux ont raisons de chercher le meilleur rendement pour améliorer leur rentabilité, et ce, sans contraintes vis à vis des populations. Cette situation de découplage de la population vis à vis des richesses est au moins absurde,
    dans un contexte de paix, de minimum de démocratie.

    28.10 à 19h25 - Répondre - Alerter
    • Heureusement que vous avez réagi cher anonyme ! Je suis bien d’accord avec les solutions citées en fin d’article comme avec les analyses du début, mais je croyais être le seul à avoir bondi en voyant évacuer aussi rapidement deux solutions, non pas miracles mais qui méritent selon moi un peu plus d’examen que deux lignes péremptoires :
      a) La démondialisation peut être économique sans pour autant être culturelle ou identitaire et forcément mener à un repli sur soi (ce n’est pas parce que toute ma nourriture sera fabriquée localement que je vais devenir nationaliste !)
      b) Il me semble que les espagnols n’expérimentent pas la "décroissance" mais plutôt la "récession", qui n’est absolument pas voulue ni contrôlée

      29.10 à 11h47 - Répondre - Alerter
  • Je partage globalement votre analyse sur l’exploitation irraisonnée des ressources, ce n’est pas difficile.
    Néanmoins votre analyse de la dette est un peu juste et ressemble plus au discours des gens de droite lorsqu’ils veulent justifier la casse de l’état. Je ne suis pas d’accord pour dire que la dette est essentiellement due aux dépenses. Elle est aussi due à la suppression de recettes (TVA, niches, chomage etc.), et ce n’est pas difficile de le dire.

    Je ne suis pas non plus d’accord pour une gouvernance mondiale car elle serait proche d’un état totalitaire comme l’URSS l’a été et comme le devient l’Europe. De toute façon on est déjà dans un monde totalitaire dirigé par la finance. Je ne crois pas en un monde dirigé pour l’écologie car en gros tout le monde s’en fiche de l’écologie. Il faudra aller au bout des ressources pour commencer à prendre ça au sérieux.
    Donc on ne peut pas sacrifier la démocratie pour l’écologie. Il faut que les consciences évoluent d’elles-mêmes. Ca prendra le temps qu’il faut.

    28.10 à 19h03 - Répondre - Alerter
    • Bonjour groumpf,

      Vous avez raison de demander certaines précisions, que voici :

      - la référence au paradis fiscaux est bien là pour souligner que des ressources financières existent et qu’il faudrait surtout mieux les répartir ; c’est vrai aussi au niveau national : bien des niches fiscales mériteraient de disparaître ou, à tout le moins, d’être vraiment débattues. Certaines doivent demeurer parce qu’elles ont une justification profonde ; d’autres doivent donc disparaître et ainsi permettre d’accroître les recettes publiques. A ce titre, je constate sans surprise que l’abattement fiscal accordé aux journalistes n’est jamais questionné (attention, je n’ai pas dit supprimé, mais questionné) ;

      - côté dépenses, au risque de choquer, j’enfonce le clou : nous avons en France une culture de la dépense publique comme réponse pavlovienne à tous nos maux ; nous sommes incapables d’envisager nos mutations autrement que par la dépense publique ; celle-ci n’est pourtant ni le seul levier à disposition de l’Etat, ni le meilleur service à rendre en toute occasion. Je songe, un exemple parmi des centaines, aux aides à la presse. Elles sont nécessaires mais mal pensées et contre-productives. Autre exemple, les marins pêcheurs : parce qu’on manque d’imagination, on préfère subventionner leurs achats de carburant, alors qu’il faudrait les aider à repenser leur métier (d’autant que la ressource halieutique s’épuise). Il n’y a rien d’antisocial à demander que la dépense publique fasse en permanence l’objet d’une étude, non seulement quantitative, mais aussi qualitative ; à repousser toujours les questions difficiles en sortant le carnet de chèques, on prépare des lendemains encore plus difficiles socialement ;

      - enfin votre glissement sémantique de la gouvernance mondiale au totalitarisme déforme complètement mes propos : prenez les questions de l’eau, des règles du commerce, des éventuelles relocalisations, de la gestion des forêts et des matières premières. Soit on entre dans une logique du repli sur soi et la loi du plus fort l’emportera. Soit on entre dans une logique de biens communs universels et alors seule une gouvernance mondiale peut être à la hauteur des enjeux. Je redescends d’un cran au niveau européen : le fédéralisme n’est pas l’abandon de la démocratie, s’il est pensé avec un organe exécutif séparé d’un organe législatif, tous deux élus par les peuples.

      29.10 à 12h43 - Répondre - Alerter
      • Concernant la démocratie Européenne vous n’avez peut-être pas remarqué les épisodes récents : référendums bafoués ou "rejoués" jusqu’à obtention du "bon" résultat, souvent grâce à des pressions pour provoquer des peurs. Je pourrai aussi citer les violations récentes des traités dues à la BCE, les pouvoirs exclusifs de la commission dont est exclu le parlement (seul élu). Une démocratie dans laquelle il faut mettre d’accord 27 pays différents et qui fonctionne "si merveilleusement" devrait selon vous avoir son pendant mondial ? J’en tremble d’avance.
        Je ne pense pas qu’il faut attendre que tout le monde soit d’accord pour agir. Il faut agir à son niveau et espérer que les autres embrayent dans le même sens. Ce n’est pas un replis sur soit de montrer l’exemple. Néanmoins je ne crois plus que nos pays ont la solution aux problèmes qu’ils ont eux-mêmes engendrés. On ne demande pas au pyromane d’éteindre l’incendie qu’il a allumé, non ?
        Bon je crois que je me suis encore égaré dans mon discours :-/

        29.10 à 22h34 - Répondre - Alerter
  • Félicitations Monsieur BOUVAIS pour votre pertinente et concise analyse. Tout ce que vous argumentez est juste et bien vu ; si seulement nos dirigeants (de gauche comme de droite) daignaient s’en inspirer...

    28.10 à 16h03 - Répondre - Alerter
  • Emile Mas : Résorber les dettes

    je vous félicite de la profondeur de vos analyses (et de celles de vos collaborateurs-trices) que j’apprécie toujours plus . MERCI !

    Mais dans les propositions écrites ce matin, ne pensez-vous pas qu’il en manque une de cruciale ?

    Celle exigeant que tous les pays cessent (progressivement ..) de gaspiller tant d’argent pour leur soi-disant "défense" .. ? outre ces dépenses , combien de dégats humains et matériels les conflits armés ne causent-il pas ?? Peut-être est-ce le gouffre de dépenses le plus profond !

    Exigeons que pour commencer au moins 10 % des budgets de défense soient transférés à créer des emplois non délocalisables ( isolation des maisons, développement des énergies renouvelables, augmentation des personnels éducatifs, ce qui réduira sensiblement les dégats causés par les violences croissantes chez les jeunes, politiques de prévention dans la santé, en expliquant aux jeunes , bien plus "éerngiquement" les ravages causés par les consommations de drogues, ( tabas et alcool compris ..) en REBOISANT ( chez nous par plantation de haies, pour éviter tant d’inondations ruineuses, dans le tiers-monde imitant WANGARI MAATHAI qui , avec ses collaborateurs-trices, a fait planter 47 millions d’arbres de variétés locales, fournissant un travail rémunéréà 150 000 femmes, etc et c) ?

    Bien cordialement , Emile Mas, assoc "Espoirs pour les jeunes"

    28.10 à 12h07 - Répondre - Alerter
    • Walter Bouvais : Résorber les dettes

      Bonjour Emile,

      Je partage en partie votre analyse, même si son caractère utopique (et nécessaire) en constitue tout autant la force que la faiblesse, à mes yeux, compte tenu de la pensée ambiante. Le cas de la Grèce est intéressant car, outre la manipulation des statistiques publiques (qui demeurent inacceptables dans le cadre du contrat de la construction européenne), les dirigeants de ce pays se sont fourvoyés dans des investissements militaires colossaux, vains et non productifs d’avenir.

      Merci pour vos encouragements

      28.10 à 12h27 - Répondre - Alerter
  • Merci Walter pour ton article qui dénonce ce que j’essaie d’informer lors des divers événements culturels auxquels je participe, depuis des années...Mais comme d’habitude, depuis des millénaires, les humanoïdes attendent toujours d’être face aux désastres pour réagir. Manque d’anticipation + calculs à court terme + course de compétition vers la domination...des preuves d’immaturité de l’humanité.
    Je tiens à ajouter que lorsqu’ailleurs, certains se battent encore pour la liberté d’expression, ici on ne manifeste que pour augmenter les salaires, pour préserver 1 "pouvoir d’achat" aveugle, glouton et polluant. Au lieu d’oeuvrer vers 1 meilleure qualité de vie, on préfère croire que "d’en Avoir" permet de "l’Etre"...8% d’obèses en France, et sans compter celles et ceux qui ont les moyens de passer par la chirurgie pour gérer leur égoïste goinfrerie, c’est énorme. S’il y a déficit de la Sécurité sociale et autres services publics, les causes résident en la stupidité et l’ignorance entretenues...

    28.10 à 09h51 - Répondre - Alerter
    • Pourquoi nier l’histoire ?
      Il y a eu quelques ’progrès’ concernant l’organisation des sociétés humaines. Le comportement individualiste a été organisé grâce à des institutions. De nombreux ouvrages en attestent.
      Et les humains savent tous qu’il existe des méthodes, des processus des règles qui rendent la cohabitation pacifique possible, la bonne vie pour chacun, etc
      La délégation de pouvoir (une forme démocratique) permet de réguler et d’appliquer ces méthodes.
      Les dirigeants institutionnels sont donc en principe faits pour cela.
      Ils ont tous les moyens et pouvoirs pour éviter les désastres, pour prévoir organiser anticiper.
      Or, ils n’en font rien.
      C’est notre ’système’ économique qui propose comme moteur social la cupidité qui détruit toute possibilité de ’bonne’ organisation.

      Exemple atroce : Un dirigeant d’entreprise qui voudrait faire "autrement" (qui voudrait être social, écolo, ..) serait rapidement détruit, lui et ou son entreprise. Le ’SYSTÈME’ lui impose un comportement de prédateur, de tueur, de salaud.
      Ne pas voir cette trivialité entraine des délires sur la nature humaine ou autres espoirs de changement.
      L’humain a bon dos, c’est d’abord un mortel qui apprend à reproduire ce qu’il comprend, qui subit le matraquage permanent de la propagande des prédateurs.
      Heureusement, l’éducation et l’instruction généralisées de nos sociétés offrent des moyens d’appréhender notre environnement, notre contexte de vie.
      Et vous ne trouverez pas beaucoup de gens pour défendre ce "système".
      En discutant un peu avec à peu près n’importe-qui, il est facile d’en arriver à se mettre d’accord pour constater que le monde actuel marche sur la tête pour de nombreux points de vue. Même, et c’est cocasse, des dirigeants, ceux qui ’font’ ce monde le disent (et le pensent) !
      Il y a bien un problème de ’SYSTÈME’. Donc d’organisation.
      Il y a quelques très rares personnes pour le défendre face aux populations.
      Nous avons donc un fonctionnement de dictature évidente, qui par une propagande soumet les populations à un SYSTEME délirant.

      Par chance, ce SYSTÈME s’effondre.

      Mais ce n’est pas à moi, lambda dans la population, qui peut et saura prendre les bonnes décisions.
      Notre société est (dé)organisée pour cela.

      29.10 à 12h42 - Répondre - Alerter
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