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22-12-2010
Mots clés
Géopolitique
Climat
Monde
Chronique

Cancún  : un compromis inespéré

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Cancún : un compromis inespéré
(Illustration : Toad - www.unsitesurinternet.fr)
 
Les négociations sur le climat reprennent leur marche en avant. Tous les pays ont accepté de faire des concessions pour limiter le réchauffement de la planète à 2° C.
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N° 21 - janvier 2011

2011 : les 100 qui vont changer le monde

La Conférence de Cancún sur le climat vient de se conclure sur un accord inespéré, dans une ambiance euphorique. Tous les participants avaient en tête le scénario de Copenhague et étaient bien conscients de la nécessité d’un succès. L’objectif était à la fois de restaurer la confiance dans le système multilatéral et d’avancer sur le dossier climatique lui-même. Le texte approuvé est loin de régler le problème, mais il pose des bases indispensables à une action internationale efficace sur le climat. Il répète l’objectif de limiter le réchauffement à 2° C. Il installe dans le système onusien les avancées de Copenhague, et en particulier les objectifs quantifiés de réduction des émissions des pays riches et les engagements sur les politiques climatiques des pays en développement. Il pose aussi les bases d’un système pour mesurer et vérifier les efforts de réduction des émissions. En acceptant ces contrôles, l’Inde, le Brésil et la Chine montrent leur volonté de faire des compromis et crédibilisent leurs efforts internes sur le climat.

Insuffisances flagrantes

Sujet particulièrement délicat, l’accord établit le « Fonds climatique vert », prévoit les modalités de sa gouvernance et répète l’objectif de fournir 100 milliards de dollars par an (75 milliards d’euros) pour aider les pays pauvres à réduire les émissions et à s’adapter aux effets du changement climatique. Enfin, le texte met en place un mécanisme pour lutter contre la déforestation dans les pays en développement. Bien sûr, les insuffisances sont flagrantes. Le texte n’a pas de valeur juridique et rien ne force les pays à tenir leurs engagements, sauf la volonté de préserver leur réputation et leur crédibilité. Les objectifs de réduction des émissions sont ceux de Copenhague, et sont insuffisants pour limiter le réchauffement à 2° C, objectif pourtant rappelé par le texte ! Quant au financement des pays du Sud, la source de l’argent reste incertaine, alors qu’aucune avancée n’a été faite sur les financements innovants (taxes sur les transports internationaux ou les transactions financières par exemple). Mais ces limites ne pèsent pas lourd face aux conséquences qu’aurait pu avoir un échec de la conférence.

« Standing ovation »

Alors qu’à Copenhague, les tensions étaient immenses, la conférence de Cancún restera marquée par la standing ovation que les délégués ont accordée à Patricia Espinosa, la ministre mexicaine des Affaires étrangères et présidente de la conférence. Elle a su faire progresser le texte de négociation en toute transparence. Grâce à la confiance qu’elle a créée dans les premiers jours, elle a pu intervenir in fine en proposant un « vrai » texte de compromis.

Preuve du retour en grâce du processus onusien, les pays ont dit très clairement qu’ils acceptaient un texte qui ne convenait pas complètement à leurs souhaits parce que l’ensemble du document leur paraissait bien équilibré et qu’ils avaient l’impression que chacun avait fait des concessions. Seule la Bolivie, complètement isolée, a persisté à refuser le texte. Mais l’essentiel, c’est que les grands pays émergents ont montré qu’ils étaient prêts à faire des concessions pour avancer sur la question climatique, alors qu’ils sont souvent critiqués pour le repli sur leur intérêt national. C’est sans doute la meilleure nouvelle de Cancún. —

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Economiste de l’environnement au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired) et Météo-France.

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