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Ubu en Asie centrale

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Depuis quatorze ans, il règne de main de fer sur le pays. Et sa mégalomanie semble sans limite.
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"Les aventures extraordinaires de TF1 et Bouygues au Turkménistan - Terra Economica nouvelle formule, n°12"

Saparmourad Niazov n’est pas un chef d’Etat très fréquentable. Mais s’il fallait absolument lui trouver une qualité, nous pencherions pour sa dimension autodidacte. L’homme est né à Achkhabad, la capitale, il y a 65 ans. Orphelin de père à quelques mois, il perd sa mère et ses deux frères lors d’un tremblement de terre, alors qu’il n’a que 8 ans. Discret, le jeune garçon enchaîne les années d’études et sort diplômé de l’Ecole polytechnique de Leningrad, vivier des futures élites du pays.

Saparmourad entre au parti communiste et y gravit les échelons à vitesse grand V. En 1985, il est nommé premier ministre par Mickhaïl Gorbatchev. Mais la consécration tombe le 18 mai 1992, lorsqu’il endosse la tunique de Turkmenbachi - père des Turkmènes - six mois après la proclamation d’indépendance de la République du Turkménistan. Dans la foulée, il devient président de la République, titre qu’il conserve encore et auquel la mention "à vie" est ajoutée en décembre 1999.

L’homme cumule aussi les fonctions de Premier ministre, de président du Conseil du peuple, de Commandant suprême de l’armée et chef du seul parti politique autorisé. Depuis son arrivée au pouvoir, raconte David Garcia, "Niazov a transformé son pays en un immense supermarché avec une seule tête de gondole : la sienne". On ne compte plus les statues et les portraits du dictateur à travers le pays. Mieux, Saparmourad Niazov a rédigé un livre - le Ruhnama - qu’il a voulu "guide spirituel" pour sa population. Du coup, plus besoin de bibliothèques. Elles sont désormais fermées, toute demande d’ouvrage devant faire l’objet d’un formulaire en trois exemplaires... Sylvie Françoise et Lorraine Millot, journalistes à Libération et auteures d’un article intitulé "Hors champ impossible", résument d’une phrase le personnage : "A un homme d’affaires de passage à Ashkhabad, Niazov explique à propos des habitants de son pays : ’Ils ont adoré Lénine, puis Staline... Maintenant, ce serait Allah ou moi. Mieux vaut que ce soit moi’."

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