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25-11-2015
Mots clés
Agriculture
France
Monde

Sept plaies agricoles à repanser

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Sept plaies agricoles à repanser
(Crédit photo : Stéphane Mahé / Reuters)
 
Arrêter l’importation du soja qui nourrit nos bêtes, réduire notre consommation de viande, oublier les pesticides… Les solutions pour des prés moins émetteurs existent !
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 73 - décembre 2015

Le jour d’après (sauf si…)

L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL

Le problème. Sur un an, la fermentation gastrique d’une vache émet plus que le pot d’échappement d’un Français. A l’échelle mondiale, l’élevage est responsable de 14,5% des émissions d’origine humaine de gaz à effet de serre. Or, la consommation de viande a quadruplé ces cinquante dernières années.

La solution. Freiner le coup de fourchette sur la bavette. Selon le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, une réduction importante de notre consommation de viande reviendrait à diviser par deux le parc automobile mondial. Revoir nos menus mais aussi ceux des bêtes. Selon l’Institut national de la recherche agronomique, l’introduction d’aliments riches en oméga 3 – lin, luzerne, lupin… – réduit de 15% à 30% le rejet de méthane par les ruminants.

L’IMPORTATION DE SOJA

Le problème. Le repas classique de ces futurs biftecks, le triptyque maïs-colza-soja, n’est pas avare en émissions. Le soja surtout. Sa culture – argentine et brésilienne, notamment – prend souvent la place des forêts. En 2012, la France a importé 7,4 millions de tonnes de CO2 liés à la fabrication et au transport de tourteaux de soja.

La solution. Remettre les animaux aux champs. Un rapport du ministère de l’Agriculture conseille de « rechercher plus d’autonomie dans l’alimentation des troupeaux ». Et donc d’abandonner les fermes-usines.

LA MONOCULTURE

Le problème. Pour cultiver en quantités industrielles le maïs qui atterrira dans l’auge du bétail, on retourne la prairie sur laquelle il aurait pu paître. En France, cette pratique libère 25,6 millions de tonnes de CO2 par an, soit deux fois plus que ce que l’agriculture stocke en tant que puits de carbone.

La solution. L’agroforesterie et l’agroécologie. En clair, ne pas priver les parcelles agricoles d’arbres et de haies, diversifier les variétés et améliorer la couverture des sols par la végétation. L’ensemble augmentera la teneur du sol en matière organique, qui elle-même améliorera les capacités d’absorption des gaz à effet de serre (GES). Selon les données du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, si l’on augmentait de quatre pour mille la teneur en matière organique des sols, ceux-ci absorberaient autant de CO2 que l’homme en émet.

LES ENGRAIS

Le problème. « On importe du gaz naturel de Russie pour fabriquer des fertilisants azotés qui vont servir à cultiver la nourriture des porcs bretons qui produiront du lisier, engrais des algues vertes », s’emporte l’agronome Marc Dufumier. Ces engrais émettent du protoxyde d’azote, dont le pouvoir de réchauffement est 300 fois supérieur à celui du CO2. Puis appauvrissent les sols, phénomène responsable de 30% du CO2 d’origine humaine présent dans l’atmosphère.

La solution. Nourrir les sols autrement. « Planter des arbres dans les champs pour que leurs racines cherchent des minéraux en profondeur. Ceux-ci se retrouveront dans les feuilles, qui fabriqueront de l’humus », explique l’agronome.

LES PESTICIDES

Le problème. Non seulement leur usage détruit la biodiversité et incite à l’utilisation d’engrais, mais ces produits sont des dérivés du pétrole.

La solution. Se sevrer. « Là où les écosystèmes ont été détruits, il y aura des baisses de rendement, dit Marc Dufumier, mais juste le temps de la transition vers une agriculture écologiquement intensive ». La clé ? « Maintenir les insectes auxiliaires, les prédateurs des prédateurs et reconstituer des équilibres. »

LES CIRCUITS (TRÈS) LONGS

Le problème. « Alors que nos bovins nourris au soja brésilien partent vers Taïwan ou le Maghreb, nous allons chercher en Irlande des animaux engraissés à l’herbe pour répondre à la demande française », déplore Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

La solution. Raccourcir les trajets et diversifier les cultures pour que chaque territoire gagne en autonomie. Mais pas à n’importe quel prix : « Les aliments produits localement mais hors saison sous serre chauffée pourront rejeter plus de GES que des produits importés de pays où ils sont cultivés en plein air », met en garde l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

LA MÉCANISATION

Le problème. Au-delà des émissions des engins agricoles, elle implique l’uniformisation des cultures, la destruction des arbres et haies et le recours aux pesticides et engrais.

La solution. Renouer avec une agriculture plus demandeuse en main-d’œuvre, plus proche de la paysannerie que de l’exploitation agricole. —

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  • C’est bien beau d’avoir des idées même intelligentes, mais comment les mettre en pratique ?.
    Lorsque je faisais mes études agricoles courant les années 70, il existait 1, 5 million exploitations agricoles, or actuellement, il y en a moins de 500000.
    Je peux vous assurer que dans 20 ans il y en aura à peine 300000, et sur ces 300000 exploitations, environ seulement 60000 assureront 80% de la production agricole française, et environ 240000, seulement 20%.
    Personnellement, je n’opposerai pas ces 2 types d’exploitations, comme beaucoup de personnes le font idéologiquement, mais à mon avis , elles seront complémentaires
    La taille moyenne de ces 240000 exploitations sera probablement inférieure à 40 ha, alors que celle des 60000, approchera des 400 ha.
    Toutes les politiques agricoles agricoles mises en place par l’union européenne depuis 50 ans ont seulement permis de freiner l’exode rural, mais sans enrayer ce dernier, et ceci, quels que soient les hommes politiques en place.
    Depuis les années 1970, les marchés agricoles comme les marchés industriels, se sont ouverts, d’abord à l’Europe et ensuite au Monde, en faisant disparaitre le protectionisme au profit du libéralisme.
    Quelles en sont les conséquences ?.La compétion à tous les niveaux, mais surtout politique, s’est mise en place sans règles économiques, financières , fiscales, sanitaires, sociales et environnementales, définies équitablement, d’un commun accord.
    Tout celà nous amène aujourd’hui à la COP 21, qui réunit pratiquement tous les chefs d’état du monde, mais qui ne pourront prendre que peu de mesures concrètes, concernant l’agriculture, pourtant très concernée.
    En effet, le poids des entreprises multinationales et transnationales, industrielles,commerciales , financières, et tout ceci sans règles fiscales homogènes, est tel que les décisions politiques en sont dépendant.
    Alors bon courage aux "Sept plaies à repanser", et RDV dans 20 ans pour faire le bilan de la situation agricole !.

    2.12 à 09h28 - Répondre - Alerter
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