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29-06-2012
Mots clés
Tourisme
France

Qu’est-ce que tu fais pour les vacances vertes ?

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Qu'est-ce que tu fais pour les vacances vertes ?
(Crédit photo : catty jean - tendance floue)
 
Se la couler douce en restant solidaire. Des congés éthiques et écolos, c’est possible. Voici comment prendre le large sans se noyer.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 38 - juillet août 2012

Vivre autrement

Georgette et Lucienne voudraient bien profiter de leur retraite et se dorer au soleil à l’autre bout du monde, sans pour autant suivre les pas du milliard de voyageurs annuels dans le monde. Etre ballotées dans le bus du tour-opérateur pour finir la soirée autour d’un punch tiède, c’est niet ! Le couple veut découvrir les cultures locales autrement qu’à travers un Kodak jetable. Et, surtout, donner un sens à son voyage. Un clic sur le site Laroute-dessens.org et la solution apparaît. Via cette association, 22 % du montant du voyage est destiné aux populations qui accueillent les visiteurs et 6 % est reversé à des projets locaux. Pas négligeable quand on sait que 60 % à 80 % des recettes mondiales du tourisme – la première industrie de la planète – reviennent encore aux pays du Nord.

Entre les meules de foin

Même palier, porte droite, leur voisin Guy attend avec impatience son congé… solidaire. Il est comme ça, Guy, toujours prêt à donner de son temps. Mais, sur le site Planete-urgence.org, il réalise que devenir bienfaiteur coûte… 1 645 euros. Aïe ! Heureusement, son entreprise est partenaire. Du coup, sa boîte profite d’une défiscalisation et soutient financièrement le projet de son salarié. Guy n’aura qu’à acheter son billet d’avion, le reste est pris en charge. En juillet, il part deux semaines animer un centre pour enfants à Madagascar. Etage du dessus, Blaise fouille ses poches. C’est la fin des haricots côté finances. Et alors ? Le jeunot est bien décidé à partir aux frais de la princesse. Merci le « woofing » ! Pas de château à l’horizon, mais une ferme. Dans l’annuaire de Wwoof.fr, une ribambelle d’agriculteurs, de viticulteurs ou même de particuliers qui possèdent une ferme familiale, accueillent des inconnus sous leur toit. En France comme à l’étranger. Un seul mot d’ordre ici : on fait de l’agriculture bio ou raisonnée ! En échange d’une demi-journée à repiquer les tomates, Blaise sera nourri et logé.

Sa colocataire Marguerite est jalouse. Elle voudrait, elle aussi, partir à la campagne, mais pas pour bosser ! Un panel de possibilités s’offre à elle. Pour 10 à 25 euros maximum, elle peut dégoter une chambrette entre les meules de foin. Sur Accueil-paysan.com, la jeune femme a repéré une yourte mongole au milieu des pêchers, à Montaulieu, dans la Drôme (30 euros la nuit). Quoiqu’à bien y réfléchir, une rando dans les Cévennes la tente aussi… Mais le camping sauvage, c’est pas toujours sympa pour la nature. Avec Gites-panda.fr, elle est assurée d’atterrir chez des hôtes respectueux de l’environnement, qui ont reçu le label du WWF. Elle évitera bien sûr de générer trop de déchets, moins en tout cas que la moyenne mondiale : 1,5 kg de détritus par jour et par personne (sans compter une consommation d’eau jusqu’à quatre fois plus importante qu’à la maison !). Seul souci pour Marguerite : son copain Firmin, la campagne, ça le botte moyen. C’est un citadin dans l’âme… même si l’anonymat d’un hôtel l’assomme ! Il a pensé à troquer son appartement contre un autre à Rome, via Echangedemaison.com. Zéro frais. Il suffit de faire confiance aux inconnus et de ne pas oublier le brin de rangement avant le départ. Il peut aussi s’inviter directement chez des gens. Sur Couchsurfing.org, les particuliers cèdent leur canapé au visiteur et en échange, la personne accueillie s’engage à loger un touriste chez elle. On rencontre les habitants du coin… et on dégote des bons plans.

Perchés dans les arbres

Mais inutile de négocier : en vérité, Marguerite, ce qui la fait rêver, ce sont les gîtes de charme avec repas bios, toilettes sèches, eau récupérée, toit végétal, douche solaire… Le livre Eco-lodges : les plus beaux hôtels écologiques de France, de Marie Lorrain et Matyas Le Brun (éd. Eyrolles, 2009), recense des perles comme la ferme des Gachets, à Cordéac, dans l’Isère (30 euros la nuit). Et puisque c’est son anniversaire le 31 juillet, elle s’offrirait bien la cabane « Au fil de soi », perchée dans les arbres, à Issamoulenc, en Ardèche (110 euros la nuit à deux). Et voilà maintenant que sa sœur s’y met. Et Sokhna a des arguments qui laissent sans voix le Roméo. Parce que, à la campagne, les activités insolites regorgent dans les coins paumés qu’on aime tant. Exemple : la semaine de randonnée à dos d’âne en Ariège, avec l’équipe Oxalys, à Montseron. Le curieux peut même apprendre à cultiver un potager, faire son fromage de brebis et son pain, lors d’un stage à la ferme agroécologique des Amanins, dans la Drôme.

Paris pas en reste

Mais pour Sokhna, cet été, c’est direction Paris ! Ecolo, elle est aussi fashion victim ! Elle profitera du parcours « Ethic Ethnic » qui relie les boutiques de fringues équitables et les créateurs, responsables. Après les soldes, elle dormira dans le « premier hôtel vraiment écologique de Paris », le Solar Hôtel. Au menu : panneaux solaires, récupérateur d’eau, composteur et petit déjeuner 100 % bio (69 euros la nuit). Ce qui va lui manquer ? Son panier de légumes hebdomadaire de l’Amap. Pas de panique. « La Maison POS » déballe chaque matin, dans le XIe arrondissement, des produits bios ou non traités (fruits et légumes, charcuterie, fromages…), en direct du producteur. Sokhna est ravie et se met à chanter l’hymne de tous les étés verts : « Vacances, j’oublie rien ! » —

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Née au bout de la Loire, un pied dans l’Atlantique, l’autre embourbé dans la terre, elle s’intéresse aux piafs et aux hortensias, observe ses voisins paysans et leurs élevages bovins. Elle enrage devant les marées noires. Licenciée en lettres, elle sort diplômée de l’Institut pratique du journalisme de Paris en avril 2012. Elle scrute les passerelles qui lient les hommes à leurs terres. Parce que raconter la planète, c’est écrire au-delà des pommes bio et du recyclage de papier.

9 commentaires
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  • Merci pour cet article c’est très inspirant. Personnellement j’ai eu l’occasion de tester le woofing pendant une année de césure en Australie. C’était une expérience incroyable que je recommande chaudement à condition de tomber sur un hôte sympathique. C’est important de bien regarder les commentaires que vous trouverez sur le site et tout devrait bien se passer. C’est un bon moyen d’apprendre, de faire de belles rencontres, le tout dans une démarche écologique car c’est uniquement des agriculteurs biologiques qui peuvent poster des annonces. C’est aussi un bon moyen de se faire une belle expérience à l’étranger quand on pas trop d’argent pour voyager :)

    12.04 à 14h17 - Répondre - Alerter
  • « Via cette association, 22 % du montant du voyage est destiné aux populations qui accueillent les visiteurs et 6 % est reversé à des projets locaux. Pas négligeable quand on sait que 60 % à 80 % des recettes mondiales du tourisme – la première industrie de la planète – reviennent encore aux pays du Nord. »

    Donc en fait ça ne change rien ?
    J’exagère un peu, mais seulement 28% versé par l’assoc aux locaux ("au Sud"), ça laisse supposer que "le Nord" profite des 72% restant comme pour le tourisme classique.

    Plus grave encore à mon avis : ce genre d’association fait l’apologie des voyages en avion... on n’est pas loin du greenwashing (que TerraEco devrait dénoncer).

    L’avion pour aller vivre plusieurs années quelques part pourquoi pas, mais l’avion pour quelques semaines de soleil et/ou de solidarité, c’est surtout de la pollution et des inégalités en plus.

    24.06 à 12h09 - Répondre - Alerter
  • Une petite précision concernant le couchsurfing : la personne accueillie ne s’engage à rien du tout !
    Le site repose sur un esprit de communauté, que chacun est libre d’exprimer comme il veut. On peut très bien aller chez les autres, mais décider de n’accueillir personne chez soi, par manque d’envie, de place ou de disponibilité. On peut aussi proposer un simple café, ou une visite des environs, sans loger les personnes.
    De même, on peut accueillir très régulièrement des gens sans souhaiter surfer chez les autres.
    C’est entièrement libre, il n’y a pas de ratios ni de quotas à suivre, et pas d’autres engagements que celui de respecter les autres !

    3.08 à 14h16 - Répondre - Alerter
  • Article alerte et sympathique !

    Vous auriez pu citer aussi http://www.ikinat.com qui propose un large choix de locations de vacances écologiques (gîtes et chambres d’hôtes) à tous les prix et aux 4 coins de la France.

    Bien à vous !

    3.07 à 16h22 - Répondre - Alerter
  • Nous c’est descente sur la cote d’azur en train et ramassage systématique d’au moins un grand sac par jour de déchets plastiques sur les plages.

    3.07 à 11h03 - Répondre - Alerter
  • Personnellement j’ai voulu découvrir un savoir-faire écologique avec le stage "pain, pizzas, brioche au four à bois- 1 journée" (mes photos sur facebook et c’était une journée magique (plaisir, repartir avec des connaissances pour refaire chez soi, ambiance, découvertes)
    et un ami se prépare pour "Randonner et se débrouiller avec ce que la nature nous offre dans les Pyrénées Centrales" pendant 7 jours !

    Maintenant je reprend mon chapeau d’actrice de l’association Savoir-Faire et Découverte et je vous informe qu’il y a plus de 260 savoir-faire écologiques à découvrir sur www.lesavoirfaire.fr. Un moyen de se faire plaisir en repartant avec du durable : un nouveau savoir-faire qui, en plus d’être écologique, est utilisable à vie ! Des vacances durables et qui font circuler les savoir-faire de nos régions !

    Il y en a surtout en milieu rural pour vous faire découvrir des coins paradisiaques mais il y a en a même à Paris, Lyon et quelques grandes villes !

    Sinon je vais aussi squatter des jardins pour bronzer : coût énergétique = 0 :-)
    Bonnes vacances à tous !

    charlotte.oden@lesavoirfaire.fr

    3.07 à 10h28 - Répondre - Alerter
  • 30 € la nuit, pour vous c’est une paille ! Moi, je ne peux pas, ça fait 200 F !!! Et on ne peut plus faire de camping sauvage ... Le tourisme c’est devenu une pompe à fric.

    3.07 à 09h14 - Répondre - Alerter
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