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25-04-2010
Mots clés
Développement Durable
Monde
Pratique

Passer au vert : mode d’emploi

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Passer au vert : mode d'emploi
 
Non, nous ne vous laisserons pas là, entre colère et prise de tête avec vous-même. Nous avons expérimenté quelques chemins vers l’écologie : à tenter sans modération.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Article publié dans le magazine
"Peut-on devenir écolo et garder le sourire ?"

1. Introspection : c’est quoi être écolo pour moi ?

Première prescription : plonger dans vos motivations profondes. « Pour vous, cela peut être d’améliorer votre cadre de vie. Pour un chef d’entreprise, cela peut être la progression de son bilan économique. Quel que que soit le sens de cette motivation, elle est valable dès qu’une personne la fait sienne », affirme Séverine Millet, consultante accompagnatrice de changement et cofondatrice de l’association Nature Humaine. En définissant ainsi sa propre vision de l’écologie, on allège sa culpabilité à ne pas agir sur tous les fronts et on dessine sa propre réponse. « Cette approche personnelle permet de se concentrer ici et maintenant sur ce qui vous préoccupe. Votre inquiétude essentielle est de diminuer votre recours aux énergies fossiles ? Demandez-vous ce que vous êtes prêts à faire chaque jour pour faire évoluer ce comportement », explique la spécialiste. En adoptant cette attitude dès aujourd’hui, vous vous donnez le temps d’explorer toutes les solutions à votre disposition et de faire le bon choix : alors, bois ou géothermie pour remplacer votre vieux chauffage au fioul ?

2. Education : foncez aux cours de rattrapage !

« Pas dans cette poubelle ! » Bercés par les messages écologiques et nourris aux leçons sur le tri sélectif dans leurs écoles, nos enfants désespèrent de nous. De notre incapacité à retenir que les pots de yaourt, ça ne se recycle pas, mais les bouteilles de lait, si. « L’éducation à l’écologie marche très bien avec les enfants car, à leur âge, ils ont encore la possibilité de percevoir l’essentiel, analyse Séverine Millet. Pour les adultes, c’est bien plus difficile. » Pas de mystère, les cours de rattrapage s’imposent pour remettre notre cerveau en situation d’apprendre. Les universités populaires, ouvertes au grand public, peuvent être des moments idéaux pour ouvrir vos horizons verts. Et les travaux pratiques ne manquent pas : certains centres de tri, à l’instar de celui de Lons-Le-Saunier dans le Jura, proposent de visiter leurs installations et de comprendre in vivo la différence entre pot de yaourt et bouteille de lait !

3. Nature : une grande inspiration d’herbes

Autre traitement recommandé : se mettre au vert régulièrement. En plus de (re)prendre conscience de l’importance de Dame Nature, les effets de ce remède irradient sur la santé : en 2007, des chercheurs de l’université de Berne en Suisse ont montré que la présence d’arbres favorisait les sentiments positifs et diminuait frustrations et stress. « Les associations d’éducation à l’environnement qui emmènent les gens sur le terrain font un travail essentiel », reconnaît Séverine Millet. Compter les papillons avec l’association Noé Conservation ou guetter les castors avec les volontaires d’«  A pas de Loup  » : autant d’expériences aidant à se reconnecter avec la nature. Et pour ceux qui n’ont pas de grands espaces à portée de main, planter un jardin d’aromates sur son balcon ou végétaliser une cour intérieure met son lot de biodiversité à portée d’immeubles. A travers son projet Natural Change, le WWF immerge les participants de tables rondes dans un environnement naturel et en retire de précieux enseignements : non seulement ce contexte leur donne envie de vivre d’une façon plus durable, mais aussi de communiquer cet élan à leur entourage.

4. Voisins : vive l’effet boule de neige !

Au volant de sa nouvelle voiture hybride, votre voisin vous fait limite passer pour un ringard, vous qui conduisez toujours votre vieux bolide dépensant 12 litres aux 100 km. « Certaines personnes qui ont des comportements précurseurs et une bonne capacité à transmettre peuvent provoquer un effet boule de neige : des strates sociales de plus en plus résistantes s’installent, jusqu’à ce que le nouveau fonctionnement devienne la normalité », analyse Séverine Millet. Le principe a été appliqué par la mairie de Lyon, au moment du lancement de son Vélo’V. Plutôt que de promouvoir un nouveau moyen de se déplacer en ville, le projet a tablé sur la « contamination » : le passage d’un vélo donnerait en effet envie à une quinzaine de personnes de monter en selle ! Même régime pour le tri sélectif : en quinze ans, cet acte est passé de contraignant à bien vu, voire tendance. Résultats : d’après l’Ademe, les Français jetaient en 2007 moitié moins de papier, de carton et de verre dans la poubelle grise qu’en 1993.

5. Compétition entre bouffeurs d’énergie   151 tonnes de CO2 évitées : c’est le bilan du concours européen 2008-2009 des « Familles à énergie positive », au cours duquel 650 foyers se sont affrontés dans une course à la réduction de leur consommation énergétique annuelle. Partout dans le monde, la compétition aux comportements écolos fait ses preuves : plus efficace que les dépliants sur les écogestes, dire aux habitants d’un immeuble que leurs voisins d’en face sont plus performants qu’eux pour économiser l’électricité entraîne de fait de meilleurs résultats de ce côté-ci de la rue aussi ! L’expérience est tentée à Moulins, dans l’Allier, où l’Opac a équipé plusieurs logements HLM du logiciel Vizélia Green : ce « mouchard » mesure en direct les dépenses d’eau et d’électricité. Heure par heure, les locataires visualisent leurs résultats en équivalent « piscines remplies », « quantité de CO2 à compenser » ou équivalent euros… Ces dépenses étant comparées à celles des voisins de palier, certains compétiteurs dans l’âme sont parvenus à réduire de 20 % leur consommation énergétique.

6. Jeux virtuels pour sauvetage réel

Un des problèmes avec la crise climatique, c’est qu’elle laisse l’humanité dans un timing flou. Pas facile de se motiver pour inventer en urgence des solutions aux catastrophes probables d’un futur incertain. Heureusement, Jane McGonigal est là. « Sauver le monde dans la vie réelle doit être aussi facile que dans les jeux virtuels : voilà mon objectif », a expliqué cette conceptrice de jeux, lors d’une conférence à l’Institute for The Future. Les serious game (« jeux sérieux ») encouragent les internautes à collaborer pour trouver des solutions créatives, en prenant des risques et en mobilisant toutes leurs ressources. C’est dans cet esprit qu’elle a développé, en 2007, « World without oil » (« Un monde sans pétrole ») : 1 800 passionnés devaient réinventer un monde sans une goutte de brut. Dans « Evoke » qu’elle a conçu avec la Banque mondiale, elle encourage les jeunes du monde entier à trouver des réponses innovantes aux défis du monde, tels que celui de la faim, du changement climatique et de l’énergie durable. Ces jeux, où les frontières entre jeu et réalité sont floues, rendraient les participants plus aptes à affronter les obstacles dans le monde réel.

7. Tous ensemble !

En bon animal social, l’homme sait tirer parti de la vie en communauté : ce fonctionnement l’enrichit, crée de l’émulation et une dynamique locale. Appliqués aux questions environnementales, ces réseaux sont un terreau fertile aux bonnes idées : Amap et covoiturage en sont les exemples les plus emblématiques. « On assiste aussi à de beaux projets avec les cantines bio, raconte Séverine Millet. Des discussions formidables se créent entre parents demandeurs, grands chefs conviés à partager leur expérience et cuisiniers des restaurants scolaires finalement emballés par cette nouvelle perspective. » Aux Etats-Unis, des chercheurs de l’Ohio ont montré que l’usage des réseaux sociaux, comme Facebook, favorisaient la propagation des comportements verts parmi ses connaissances. —
Sources de cet article

- Photo : Erik Johansson

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Une enfance en pleine nature jurassienne, des études de biologie et de géologie, l’envie de transmettre cette passion pour le monde vivant, et le monde tout court, et un goût sans limite pour les nouvelles contrées. Alice est journaliste scientifique.

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