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28-06-2012
Mots clés
Océans
Etats-Unis

New York les pieds dans l’eau, c’est pour bientôt ?

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New York les pieds dans l'eau, c'est pour bientôt ?
(Crédit photo : USGS)
 
Une étude américaine montre que le niveau de l'océan augmente trois à quatre fois plus vite sur une zone côtière allant de la Caroline du Nord à Boston. Celle-ci deviendrait donc encore plus vulnérable aux inondations causées par les tempêtes.
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La montée des océans n’est pas uniforme. Si les experts s’accordent à dire que la moyenne globale de l’élévation des eaux tourne autour de 3 mm par an, beaucoup de facteurs régionaux peuvent faire varier les données. Une équipe de chercheurs du Centre géologique américain (USGS) a isolé en particulier une bande côtière de 1 000 km allant de Cape Hatteras (Caroline du nord) à Boston (Massachusetts), au bord de l’océan Atlantique.

Leur étude, publiée sur le site de Nature Climate Change, montre que le rythme de la montée des eaux sur ce point sensible, s’est accéléré de 2 à 3,7 mm par an depuis 1990. C’est trois à quatre fois plus que l’augmentation de la moyenne globale.

Pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont compilé des données provenant de marégraphes - ces instruments servent à mesurer le niveau des mers - depuis la fin du siècle dernier.

Les variations dans l’accélération de la montée du niveau des mers sur la côte Est américaine 1950-2009, 1960-2009, 1970-2009

Chaque cercle représente un point de mesure. Plus la couleur tend vers le rouge, plus l’accélération de l’élévation du niveau de l’océan est prononcée (en mm par an). Crédit : USGS

L’accélération menace directement les villes côtières comme New York ou Boston, ce qui rend les zones habitées plus vulnérables aux inondations en cas de tempête. Si, comme le prévoit l’USGS, le niveau de l’océan sur ce point sensible gagne 20 à 30 cm de plus que l’élévation globale d’ici 2100 – les experts tablent sur une augmentation moyenne comprise entre 60 cm et 1 mètre –, ce sont des millions de foyers qui devront être évacués. Les plages et les zones humides risquent aussi d’être fortement détériorées. « Si les vagues partent d’un niveau plus élevé, elles vont plus loin à l’intérieur des terres, confirme Michel Petit, le président du Conseil d’administration de l’Institut océanographique à Paris. Un simple renforcement des digues ne sera pas suffisant. »

Les variations dans l’accélération de la montée du niveau des mers aux Etats-Unis depuis 1950

Crédit : USGS


« Beaucoup de gens se trompent en pensant que le rythme d’élévation des océans est le même partout à cause de la fonte des glaciers, qui gonflerait le volume global de l’eau », déclare Marcia McNutt, la directrice de l’USGS, dans un communiqué. De fait, il faut aussi prendre en compte d’autres paramètres plus locaux, comme les mouvements de terrain et les courants océaniques, si l’on veut pouvoir anticiper les changements à venir. La circulation océanique dépend à la fois de la différence de température entre différents points de l’océan et de la salinité de l’eau. En clair : plus l’eau est salée et froide, plus elle est dense. Et l’eau la plus dense a tendance à repousser l’eau la plus légère, vers les côtes par exemple.

Déjà trop tard ?

Fonte des neiges et des icebergs, variation des températures... Selon les chercheurs de l’USGS, il faut bien se rendre à l’évidence : le réchauffement climatique contribue largement à l’augmentation du niveau des mers. La solution ? Pour Michel Petit, ça ne fait pas un pli : « Il faut absolument diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et ne plus dépendre des énergies fossiles. »

Mais l’ancien polytechnicien, très impliqué dans les questions climatiques avec le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), s’avoue pessimiste : même si l’on arrivait à stabiliser la température, il ne serait pas possible d’inverser la tendance avant plusieurs siècles à cause de l’inertie du système océanique. « Si le climat se réchauffe de plus en plus, poursuit-il, on pourrait bien assister à l’arrêt du Gulf stream, qui s’enfonce déjà en mer du Nord. » Les conséquences seraient alors catastrophiques pour toute la faune aquatique.

Aux Etats-Unis, le candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney a déclaré à l’automne dernier « ne pas savoir ce qui cause le réchauffement climatique sur cette planète ». Pour l’ancien gouverneur du Massachusetts, pourtant concerné au premier degré par la montée des eaux, les priorités sont la sécurité et l’indépendance énergétique. Alors, après nous le déluge ?

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  • Mitt Romney a déclaré à l’automne dernier « ne pas savoir ce qui cause le réchauffement climatique sur cette planète »
    C’est pas grave, Mitt, tu pourras toujours aller prendre un bain de pieds à Manhattan, et méditer sur cette question.... on est sûr que tu vas trouver !
    Un grand bonjour à tous nos amis Américains et aussi un appel du pied : s’il vous plait, faites que Mitt ne puisse QUE prendre des bains de pieds salvateurs, mais pas diriger votre pays...
    Merci

    2.07 à 16h40 - Répondre - Alerter
  • Inondé par la mer et les déchets : ça fait + môôôderne !

    29.06 à 16h26 - Répondre - Alerter
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