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Les nouvelles frontières du commerce équitable

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Non, consommer responsable, ça ne veut pas dire acheter uniquement du chocolat ou du café. Désormais on peut faire du sport ou l'amour de façon éthique car le secteur s'ouvre progressivement à de nouvelles catégories de produits.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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- Le livre 9 euros. C’est ce que coûte le roman De l’autre côté du regard dans une librairie française. A ce prix, difficile pour son auteur, la Sénégalaise Ken Bugul, d’être prophète en son pays. La solution : la co-édition solidaire. La maison d’édition française du Serpent à plumes a travaillé de concert avec cinq maisons d’Algérie, du Bénin, du Cameroun, de Côte-d’Ivoire et du Sénégal pour réimprimer l’ouvrage, avec un nouveau prix dans ces cinq pays : 3 euros. Grâce à l’Alliance internationale des éditeurs indépendants (AIEI), une association qui regroupe 85 éditeurs de 47 pays, environ 50 ouvrages portent ainsi le label de « Livre équitable ». Avec une caractéristique : « les éditeurs choisissent souvent de soutenir des projets porteurs d’alternatives, ou d’idées critiques », note Laurence Hugues, directrice de l’AIEI. Suite à des demandes extérieures, l’association envisage de devenir « l’attributrice » du label, à l’instar de Max Havelaar pour nombre de produits de consommation courante.

- La musique Marre de la Star Ac’ et du R’nB en boîte à la Universal ? Mettez quelques euros dans une galette dont les conditions de production seront aussi bonnes que la musique. Exemple avec Le son de Ménilmontant, l’un des quatre albums soutenus par l’association Fairplaylist : fabriqué avec du carton recyclé et de la colle sans solvants, 12% de ses recettes, contre 3% habituellement, reviennent aux musiciens. L’un des premiers pas de la « filière et une labellisation équitable, écologique, éthique et solidaire des artistes et des spectacles », que défend son président Gilles Mordan. Avec bientôt un label type Max Havelaar ? Les acteurs du mouvement feront le point du 13 au 16 mai pendant le festival « Ménilmontant, capitale de la musique équitable et écologique », entre chants tziganes et musique traditionnelle du Rajasthan. Et comme « dans la musique, les petits producteurs sont partout, au Sud comme au Nord », la manifestation sera en lien par visioconférence avec Planet Népal, organisé parallèlement sur les hauteurs de Katmandou.

- Le ballon de foot Si le ballon de foot équitable existe, vous n’en verrez pas sur les terrains de la prochaine Coupe du monde en Afrique du Sud. A la décharge des stars qui pourraient montrer l’exemple, « beaucoup de clubs sont sous contrat avec des fournisseurs qui n’ont pas de tels ballons, et il est très difficile d’en sortir », reconnaît Tapio Imporanta, de l’association finlandaise SASK. Mais en s’appuyant sur les consommateurs pour faire pression, SASK a converti des grands noms comme les fabricants Umbro et Hummel. Et les autres ? Depuis l’Euro 1996 et le scandale autour du travail des enfants dans les fabriques pakistanaises, ils ont amélioré leurs pratiques sociales. Mais remplacent de plus en plus le « cousu main » par le thermocollage à l’aide de machines, ce qui « a un impact sur les femmes qui avaient une chance de travailler en cousant des ballons », regrette la marque allemande de commerce équitable Gepa. « Une bonne manière de porter le message en France serait qu’un ancien joueur connu s’y intéresse », estime Tapio Imporanta. Zizou, tu fais quoi cet été ?

- Les bijoux Connaissez-vous les petits derniers de la famille du commerce équitable ? L’or, l’argent et le platine. L’éthique, c’est chic ! Publié en mars, un standard fixe des règles sur les conditions de travail, le développement économique et social, le prix et la transparence pour qu’une organisation de mineurs soit certifiée. Avec en sus de la prime de développement habituelle, une prime écologique pour ceux qui n’utilisent ni mercure ni cyanide et protègent les écosystèmes où ils travaillent. Objectif : totaliser 15 tonnes par an d’ici quinze ans, soit 5% du marché. D’ici là, le diamant les aura peut-être rejoints. Martin Rapaport, l’un des francs-tireurs du secteur, a lancé la démarche des diamants du développement et travaille avec les organismes de commerce équitable pour mettre en place une filière. Il y a urgence car le processus de Kimberley mis sur pied par l’industrie avec des ONG et les Nations unies pour bannir du marché les « diamants du sang » est souvent contourné.

- Le préservatif « Aphrodisiaque », « Désir prolongé », « Douce Caresse » et « Massage excitant »… Il suffit de voir leurs noms pour s’en convaincre : les capotes équitables de la marque britannique French Letter sont tout aussi sexy que leurs homologues conventionnels. Le deuxième effet de vos « kisses » est aussi cool : contribuer à installer des conduites d’eau dans les maisons d’une vingtaine de travailleurs au Sri Lanka, ou encore aider à la constitution d’un fonds pour l’éducation dans une communauté du sud de l’Inde. Et le latex est certifié FSC - pour Forest Stewardship Council – un label qui garantit une exploitation durable des forêts. Mais le plus important est synthétisé par le slogan de la marque : « Faites l’amour, pas des salaires de misère ». Quand on y pense, les conditions de travail des saigneurs d’hévéa thaïlandais ont de quoi refroidir quelques ardeurs… Reste un défaut : comme il n’existe pour l’instant aucun substitut aux lubrifiants chimiques, elles sont toujours aussi nocives pour la nature. Pour les adeptes des ébats en sous-bois, la règle reste donc la même : direction la poubelle.

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Journaliste, collaborateur régulier pour Terra eco.

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  • Bonjour connaissez-vous le miel du soudan ?

    9.03 à 14h30 - Répondre - Alerter
  • Il y a bien une question qu’il faudra un jour aborder : celle d’une communication linguistique équitable entre les peuples, à quelque fin que ce soit, y compris pour le commerce.

    Lorsque certains prétendent faire un cadeau au monde, c’est en fait à eux-mêmes qu’ils se font un cadeau : "Le « cadeau » de Gordon Brown au monde" — PDF

    14.05 à 08h57 - Répondre - Alerter
  • et le tourisme ??

    www.tourismesolidaire.org

    11.05 à 18h25 - Répondre - Alerter
    • Après avoir pédalé des dizaines de milliers de kilomètres à travers l’Europe, un bout d’Afrique et un d’Asie, je me pose de plus en plus la question des langues, du respect de toutes les identités et du DROIT à la communication directe POUR TOUS.

      Nos enfants doivent devenir de bons Européens en apprenant deux langues "étrangères", d’accord ! ...mais quelles langues ? ...et : qu’en est-il des petits britanniques ?

      ...une seule langue leur est présentée obligatoirement entre 12 et 14 ans !

      Qui a lu le rapport de l’économiste François GRIN ?

      ...il qualifie la situation d’aristocratique (avec les milliards d’europs que nous donnons chaque année au Royaume-uni-de-Grande-Bretagne-et-d’Irlande-du-Nord) !

      Et finalement qui a droit à la communication directe ? ...le plus souvent les "natifs" de chaque langue, utilisée dans un cadre international ...le plus souvent les anglophones de naissance.

      Serons-nous longtemps "collabos" de ce système où les gouvernants britanniques (et leurs semblables au niveau mondial) sont tout-à-fait "décomplexés" et les autres de plus en plus "à-plat-ventristes" ?

      Js.

      14.05 à 10h51 - Répondre - Alerter
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