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13-02-2013
Mots clés
Education
France

Réforme scolaire : et si l’école de demain était ailleurs ?

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Réforme scolaire : et si l'école de demain était ailleurs ?
(Crédit Photo : Biblioarchives - flickr)
 
La réforme des rythmes scolaires à l'école primaire va t-elle modifier de fond en comble le fonctionnement des établissements ? Pas totalement car en arrière-fond, c'est tout un système qui est aujourd'hui à inventer. Voici quelques idées piochées ici et là.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Rappelez-vous : il y avait la récré, les meilleurs copains, le sport... C’était pas forcément le bagne, l’école. Mais tout de même, au son de cloche, on avait un peu l’impression de sortir de prison, non ? Aujourd’hui pas sûr que cela ait beaucoup changé. Dans un sondage OpinionWay - Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (Apel)- La Croix, réalisé en 2012 et intitulé « Heureux à l’école, une idée folle ? Inventons l’école de demain », seul un cinquième des bambins estiment se sentir tout à fait heureux à l’école. L’école, elle, peine à s’épanouir, un peu recroquevillée, légèrement asphyxiée. Echecs, exclusions... les maux ne manquent pas et réapparaissent au détour de l’actuelle réforme des rythmes scolaires. Pourtant l’école, il y en a qui tentent, comme ils peuvent, de la réinventer. Car les idées pour l’école de nos rêves, piochées un peu au hasard, ne manquent pas :

L’école des enfants

Au milieu du quartier Malakoff, à Nantes (Loire-Atlantique), il y a l’école Freinet Ange Guépin. 120 bambins venus de tous les horizons socio-professionnels. Après la cantine, une partie d’entre eux passe une heure dans les salles de classe, à lire, jouer au théâtre... sans forcément avoir un adulte sur le dos. « Ce genre d’initiative assez simple est reproductible dans toute école, indique Virginie Douaglin, une institutrice. Ici, les enfants prennent connaissance, dès le début d’année, d’un règlement et de ce qu’il leur est permis de faire. Chacun jouit de l’exercice de ses droits et doit les gérer. Nous partons du principe que notre école n’appartient pas aux enseignants. »

Des enfants médiateurs pour réduire la violence

Autre initiative de l’école nantaise : des enfants médiateurs plus âgés pour aider les plus jeunes à gérer les conflits. « Depuis que nous avons adopté cette formule, qui permet aux enfants d’exprimer leurs émotions, nous n’avons plus aucune violence », poursuit Virginie Douaglin. Toutes les écoles devraient s’y mettre, non ? Pas si évident pour Laurent Ott, ancien instituteur, directeur d’école et actuel formateur-chercheur en travail social : « Les oppositions politiques sont encore trop marquées à l’égard de ceux qui veulent changer l’école. Les enseignants ont également subi une vraie perte d’autonomie, leur liberté s’est amenuisée sous un contrôle croissant de l’administration. Et même d’une certaine façon sous celui des parents, de plus en plus inquiets. »

Twitter pour apprendre à lire et écrire

L’école doit s’ouvrir. Préparer à la société de demain, c’est en substance ce que souhaite l’Apel, qui appelle à une « réforme plus imaginative, un changement en profondeur ». Responsable des relations médias au sein de l’association, Nathalie Cardeilhac enrage : « On ne peut plus faire l’école comme il y a 20 ans. Il faut sortir du système punitif et élitiste. S’adapter aux intelligences de chacun, apprendre à travailler en collaboratif, stimuler les jeunes avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication. » Elle en est convaincue, il est possible d’apprendre à lire et à écrire avec Twitter.

L’apprentissage des langues par immersion

Bon, c’est sûr, ça dépend du contexte. Imaginez le bazar dans l’école bilingue Diwan (breton-français) de Paris si la directrice Fabienne Geffroy se mettait, en plus, à jongler avec Twitter. Tout en construisant, dans la même classe, ses cours autour de trois langues (breton, français et anglais, of course), dix matières et trois niveaux d’élèves dans la même classe ! Mais à Diwan, on a d’autres bonnes idées, à commencer par l’apprentissage des langues par immersion, c’est-à-dire que toutes les matières sont enseignées en breton. Et bien souvent, les parents en profitent pour s’y mettre.

L’école en dehors de l’école

Revenons au sondage « Heureux à l’école, une idée folle ? ». Plus des trois-quarts des parents regrettent que les qualités les plus valorisées aujourd’hui soient la capacité de travail, la discipline, la rigueur et l’esprit de compétition. Que fait-on de la curiosité, la créativité, l’esprit critique ou encore la capacité à s’engager ? Pour Laurent Ott, c’est le cœur du problème. « Il y a 30 ans, le but de l’enseignement était l’épanouissement des enfants, comme l’indiquait la voix gouvernementale officielle. Aujourd’hui, on vise le socle commun, on veut tous son “Smic” de savoir. » En clair pour lui : « L’école n’est plus un lieu d’éducation. » Il en a même quitté l’Education nationale ? Quel exutoire alors ? « L’école du futur naîtra en dehors de l’école, résume t-il. Dans des lieux d’éducation proches des milieux des enfants, avec la participation impliquée des acteurs locaux : parents, travailleurs associatifs... » Il y a encore de la marge, mais certaines écoles (à Torcy ou Bobigny) commencent à s’intéresser à cette théorie de la pédagogie sociale.

Des brebis dans la cour

Question ouverture, certains établissements ont déjà pensé à se « désenclaver ». En Autriche, dans l’école primaire de Bad Blumau, chaque salle de classe donne sur le jardin. L’environnement devient un outil pédagogique, comme le conseillait le pédagogue Loris Malaguzzi. Mieux encore avec l’école “sur-mesure” de Monticello en Corse, pilotée par Hubert Montagner, professeur des universités en retraite, ancien directeur de l’Unité « enfance Inadaptée » de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Dans cet établissement ouvert récemment, les enfants disposent d’une cour à nulle autre pareille. Passé un terre-plein, ils peuvent approcher à leur guise des chèvres. Ils peuvent aussi aller à la ferme ou au centre équestre jouxtant l’établissement. Non loin de là, des tonnelles sont dédiées aux rencontres conviviales entre parents, enfants et professeurs. Vu comme ça en effet, avec du bruccio, ça paraît presque des vacances, l’école. Ça va mieux Messieurs les enfants ?

D’autres modèles ou initiatives :

- Portraits d’enseignants innovants

- Les écoles passives

- Le modèle finlandais

- Architecture pédagogique au Portugal

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  • Les mesures mises en place par ces établissements scolaires sont réellement pertinentes, et s’adaptent bien mieux que les propositions de nos hommes politiques, privilégiant toujours autant la future rentabilité économique des élèves plutôt que leur épanouissement personnel. Aujourd’hui selon moi, l’école n’est qu’une machine inhumaine vouée à former les futurs travailleurs, et, pour les meilleurs d’entre eux, les futurs "décideurs". En ce sens je rejoins parfaitement le commentaire de Darna.

    Pour Twitter, ça ne me semble pas être une mauvaise idée. Qu’on le veuille ou non, les réseaux sociaux sont voués à être de plus en plus importants, avec tous les points négatifs que cela implique... par conséquent, habituer les enfants à vivre avec et à les comprendre peut constituer une bonne chose (même si évidemment, cela doit être encadré).
    Marc, webmaster du site Aboutir Ensemble, établissement de soutien scolaire à Paris.

    14.05 à 11h59 - Répondre - Alerter
  • Rien de mieux que l’école de la vie : pourquoi les enfants ne s’initieraient-ils pas à certaines tâches et responsabilités quotidiennes, telles que semis/plantations au potager, aux récoltes pour la cantine, éventuellement aussi à la cuisine pour ceux qui sont volontaires ? Je vous invite à découvrir le projet pédagogique de http://levillagedes sens.free.fr ou l’école "la Ferme des enfants" de Sophie Rabhi (fille de Pierre) : les élèves du primaire participent également à l’élaboration et construction de leur collège.
    Appliquer la théorie par la pratique, permet de mieux assimiler les cours (et certainement pas sur twitter, car ce genre de procédé contribue à casser de + en + les rapports humains entre élèves et enseignants. Sans parler des terres rares détruites pour multiplier les circuits imprimées pour illusions d’être civilisé(e)). La découverte des ressources naturelles dont on dépend, implique également d’aiguiser l’esprit critique et de mieux mesurer les conséquences de nos actes. Politique existentielle qui manque cruellement dans 1 système qui exige de se casser le dos à rester assis et à principalement apprendre l’obéissance aveugle à 1 institution corrompue et arriérée par le désir de compétitivité.
    La solidarité permet d’enrichir son humanité, plutôt que l’inverse par l’égoïsme forcené.

    14.02 à 09h50 - Répondre - Alerter
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