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2-06-2009
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Interview

L’éco-tourisme façon WildChina

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L'éco-tourisme façon WildChina
 
A l’occasion de la Journée mondiale du tourisme responsable, Véronique d’Antras, directrice Europe de l’agence WildChina à Pékin, explique comment elle met en pratique ce concept. D’ici une dizaine d’années, la Chine pourrait devenir la 2ème économie du tourisme.
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Comment a démarré WildChina ?

L’entreprise a été créée en 2000 par Mei Zhang, une Chinoise originaire de la province du Yunnan, qui a fait ses études aux États-Unis. C’est en aidant le gouvernement de la province à développer son économie touristique tout en préservant la beauté des lieux et des cultures que Mei Zhang a eu l’idée de créer sa propre entreprise. A la même époque, elle s’était aussi rendu compte par elle-même, lors d’un voyage effectué en solo au Tibet, qu’il était très difficile de voyager en Chine si l’on cherchait à sortir des sentiers battus. En faisant l’ascension du mont Kailash, au milieu de paysages splendides, elle a pris conscience du faible soutien apporté aux voyageurs. Pour aller dans ce type d’endroits, les guides ne sont pas intéressés ou pas formés.

Quelle est votre façon de faire du tourisme responsable en Chine ?

Depuis sa fondation, WildChina est naturellement orienté vers l’éco-tourisme. Nous avons commencé par organiser des circuits sur mesure pour des voyageurs individuels et nous avons toujours proposé des itinéraires situés en dehors de lieux traditionnellement prisés par le tourisme de masse, la pratique dominante en Chine. Nous avons volontairement commencé par des circuits dans les provinces de l’ouest, comme le Qinghai ou le Gansu, où personne n’allait en 2000. A cette époque, toutes les agences étaient tournées vers l’est, région la plus développée de Chine. Depuis le début, nous travaillons aussi uniquement avec des guides locaux, que nous formons et que nous rémunérons. Ce fut une petite révolution dans la mesure où beaucoup de guides en Chine sont mal payés et sont obligés de se rémunérer via les commissions des magasins où ils emmènent les groupes. En dehors de cela, nous avons aussi des pratiques responsables dans nos bureaux. Cela peut sembler normal en Europe mais ça l’est moins en Chine. Nous économisons le papier, nos brochures sont en papier recyclé, et nous n’utilisons pas de plastique. Dans les endroits incontournables comme Pékin, nous essayons d’emmener nos touristes dans des quartiers moins fréquentés, et nous organisons des repas avec les habitants, mais aussi des ateliers de tai-chi à l’intérieur de sites classiques. Depuis, cela a été copié ! Pour nous, le but n’est pas de "faire la Chine" mais de rencontrer le peuple chinois.

2009 a été décrétée année de l’éco-tourisme en Chine. Qu’en pensez-vous ?

La Chine a besoin de ça pour populariser le concept. Les Chinois, sauf peut-être les jeunes générations, ne sont pas intéressés par des voyages en dehors des sentiers battus, dans des régions plus pauvres que celles d’où ils viennent. Le tourisme responsable en Chine est encore un secteur de niche, il ne représente tout au plus que 5% du secteur. Les défis sont donc importants, car la plupart des agences ont des visées de rentabilité et ne prennent pas tellement en considération les populations locales. Parallèlement, les Chinois découvrent leur patrimoine. Quand j’ai ouvert un circuit à Yushu dans le sud du Qinghai, personne n’y allait et les populations locales se demandaient ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant à voir chez eux. Nous leur avons expliqué qu’il y avait des sites naturels et des monuments extraordinaires. Depuis, le gouvernement local s’est rendu compte qu’il fallait développer le tourisme. Globalement, le concept est à la mode en Chine, l’envie est là, mais les Chinois ne savent pas comment s’y prendre. Il y a un gros travail de formation à faire, notamment dans les écoles de guides. C’est ce que nous faisons en travaillant avec des réserves naturelles du Sichuan, pour leur montrer comment organiser des trekkings qui ne laissent pas de traces sur l’environnement. Il faut aussi que les sites touristiques prennent conscience qu’ils peuvent être bénéficiaires en faisant du tourisme à faible volume.

A lire aussi dans Terra eco :
- Le dossier : "Tourisme de masse, stop ou encore ?"

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