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Dilemme : saumon bio ou labellisé ?

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Dilemme : saumon bio ou labellisé ?
(Crédit photo : Xinhua - Zuma - Rea)
 
Le chouchou des chariots français frétille-t-il durablement ? Deux filières revendiquent un poisson rose aux reflets verts : le bio et le label Marine Stewardship Council. Pour les départager, remontons le courant.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 20 - décembre 2010

Homme-femme : qui est le plus écolo ?

Ressources

MSC Le macaron ne garantit pas le maintien des stocks. A l’été 2009, 9 millions de saumons de Colombie-Britannique (Canada) ne sont pas venus à leur rencard annuel pour se reproduire mais les pêcheries de la zone ont conservé leur certification. Des scientifiques ont d’ailleurs mis en cause le label dans Nature en septembre. Des critiques balayées par le MSC. Son directeur général, Rupert Howes, a cependant assuré que la certification d’une pêcherie de saumon rouge au Canada dépendrait de « la mise en œuvre d’un plan de rétablissement pour les stocks de saumon Keta ».

Bio L’élevage de saumon – bio compris – dépend de la pêche – non bio – : il faut entre 1,7 et 5 kg de poisson pour produire 1 kg de saumon ! Son alimentation doit intégrer au minimum 60 % de protéines animales, sous forme de farines et d’huiles. Le bio impose que celles-ci soient issues de déchets de la consommation humaine (têtes, arêtes, queues).

Environnement

MSC Le label tolère le chalutage de fond et la drague. Des pratiques – gourmandes en gazole – qui raclent les sols. Un filet de 500 m de large, traîné pendant une heure, détruit une surface équivalente à 180 terrains de football ! Par ailleurs, le saumon MSC vient du Pacifique. Pour être mangé frais en France, il doit prendre des vols longs-courriers, avec les émissions de CO2 démentielles afférentes.

Bio Grands migrateurs, les saumons s’échappent souvent, perturbant leurs congénères sauvages. Agressions et contaminations sont à craindre. Selon une étude canadienne (1), la proximité d’une zone d’aquaculture réduit de moitié les populations de saumons sauvages alentour ! Si « le bio est intéressant en termes sanitaires, il n’est pas du tout satisfaisant pour l’environnement », conclut Emmanuel Buovolo de Greenpeace.

Santé

Le bio subit peu de traitements médicamenteux et tous les saumons sont riches en oméga 3. Résultat, bio ou MSC, c’est kif-kif en termes sanitaires. Mais les deux accumulent les polluants trouvés en mer : mercure, dioxines, etc.

Social

MSC Le label n’assure pas la perpétuation des saumons pour la pêche artisanale des populations indigènes, assure Daniel Pauly, biologiste canadien spécialiste des ressources halieutiques. Or celles-ci dépendent parfois de ce poisson, comme certaines tribus indiennes de Colombie-Britannique.

Bio Il n’intègre pas d’exigences sociales particulières. —

Bilan de la marée

Bio ou MSC, aucun saumon n’a le pas sur l’autre. Les résultats du MSC – label créé à l’origine par le WWF et la multinationale Unilever en 1997 – ne sont actuellement pas à la hauteur de ses promesses. Pour être responsable, dégustez donc le saumon… pour les grandes occasions.

(1) Etude de 2008 de l’université Dalhousie d’Halifax sur l’impact de l’aquaculture sur les saumons sauvages (en anglais).

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