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Delphine Batho : « Je veux des progrès écologiques irréversibles »

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Delphine Batho : « Je veux des progrès écologiques irréversibles »
(Crédit photo : Rémy Artiges)
 
Après avoir critiqué le budget alloué à l'écologie, Delphine Batho a été débarquée de son ministère. « Terra eco » l'avait rencontrée en août dernier, alors qu'elle déterminait les priorités de son tout nouveau mandat.
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N°39 - septembre 2012

J’ai rêvé d’une France 100% renouvelable
Delphine Batho, a été débarquée de son ministère mardi 2 juillet. Tout est allé très vite. Dans le week-end, elle apprenait que le budget dédié à l’écologie était en diminution de 7%. Lundi 1er juillet, sur RTL, elle estimait que le budget 2014 était « mauvais », puis, recevait, dans l’après-midi, une convocation à Matignon. François Hollande, « sur proposition du Premier ministre  » a mis fin à ses fonctions. C’est le député socialiste du Gers Philippe Martin qui devient ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

(Interview réalisée en août 2012) Nous sommes en mai 2017. Après cinq ans de « transition écologique », comment imaginez-vous la France ?

Je l’imagine comme un des pays les plus avancés au monde en termes de reconquête de la biodiversité. Je l’imagine ayant mené une grande politique de sobriété énergétique, vertueuse pour la lutte contre le changement climatique, mais aussi pour le pouvoir d’achat et l’emploi, traduisant ce que doit être l’écologie sociale et concrète. Je l’imagine engagée sur de bons rails pour étendre les énergies renouvelables et ayant développé des savoir-faire, des technologies et des filières industrielles dans ce domaine.


Tout cela est-il possible ou va-t-il falloir choisir ?

C’est possible. C’est l’objectif de la mutation écologique qu’il faut accélérer. On est dans une situation de crise qui se durcit. Ça ne doit pas conduire à se dire que l’écologie, c’est pour plus tard. Au contraire, les choix qui conduisent à relocaliser notre production industrielle, à réorganiser nos modes de production et nos modes de vie participent d’une croissance sélective, intensive en emplois. Les choix de court terme doivent être cohérents avec les enjeux à plus long terme, surtout face au changement climatique et à la raréfaction des ressources.


Pendant la campagne, François Hollande avait déclaré à Terra eco qu’il fallait au gouvernement un n° 2 chargé du développement durable, « un ministre au large champ : celui de l’énergie, des transports, du logement, des grandes infrastructures et capable d’avoir prise sur les questions fiscales ». Aujourd’hui, ces fonctions sont réparties entre plusieurs ministres. L’ambition est-elle revue à la baisse ?

Non. Ça veut dire qu’on l’organise différemment. Tout n’est pas concentré dans un seul ministère mais il y a eu un choix très fort : rassembler l’écologie et l’énergie, ce qui n’était pas le cas durant les dix-huit derniers mois du gouvernement précédent. Les trois derniers mois, il n’y avait même plus de ministre de l’Ecologie ! Ce qui prévaut dans l’organisation du gouvernement, c’est l’esprit d’équipe. C’est aussi la volonté de passer à l’acte. C’est l’objectif de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre.


Ce n’était pas le cas du Grenelle ?

La méthode de concertation du Grenelle est un acquis. Il y a eu des avancées, mais le Grenelle a été enterré lorsque Nicolas Sarkozy a dit : « L’environnement, ça commence à bien faire. » Et puis les sujets difficiles avaient été évacués, il y avait un manque de lisibilité des priorités. Faute de moyens, il y a eu une traduction surtout réglementaire. Avec la conférence environnementale, nous voulons nouer un nouveau partenariat écologique et inscrire notre action dans la durée. La conférence sera annuelle. Ce n’est pas juste un moment fort et derrière des déceptions. C’est la volonté d’un travail sérieux et concret sur le quinquennat. Et nous avons deux priorités claires : la transition énergétique et la biodiversité.


Cette conférence sera, dit-on, celle de la méthode…

Sur la transition énergétique, oui, et je l’assume. C’est là que nous allons fixer les règles du débat national qui s’engagera à partir de cet automne et qui débouchera à la fin du premier semestre 2013 sur un projet de loi de programmation pour la transition énergétique. Il s’agit d’avoir un grand débat démocratique avec toutes les parties prenantes : les ONG, les syndicats de salariés, les entreprises, les élus, les experts et les scientifiques, et surtout avec les citoyens. Ce débat doit permettre la participation de tous, et il s’organisera de façon décentralisée. Il s’agit de faire des grands choix pour l’avenir de la nation, mais aussi de favoriser un changement culturel, une modification des comportements.

Les enjeux de la politique de l’énergie sont considérables – impact sur le changement climatique, pour l’indépendance de la France et sa sécurité d’approvisionnement, pour le déficit de la balance commerciale et la compétitivité de notre économie –, et ce débat n’éludera aucun de ces aspects. Mais, à mes yeux, la priorité numéro un, c’est la sobriété et une grande politique d’efficacité énergétique. Sur les énergies renouvelables, nous définirons aussi des règles du jeu stables pour la durée du quinquennat. Ces dernières années, les changements incessants des règles, tarifs de rachats, moratoires et autres, ont profondément déstabilisé les entreprises. La France a pris du retard.


Ne craignez-vous pas qu’en choisissant la biodiversité comme thème majeur de la conférence on ressorte l’éternel cliché de la protection des petites fleurs et des paysages ?

Eh bien, vive les petites fleurs et les paysages ! Ce n’est pas ringard et les Français ont au contraire soif de contact avec la nature et toutes ses beautés. Une politique de la biodiversité, ce n’est pas de mettre la nature sous cloche, car la biodiversité c’est, comme me le disait un chercheur, « une bicyclette en perpétuel mouvement et dont il ne faut pas perturber l’équilibre ». C’est pourquoi je préfère la notion de « reconquête » de la biodiversité à celle de « préservation ». Le problème, c’est qu’aujourd’hui, et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on est confrontés à un changement global : la problématique du changement climatique s’ajoute à celle de la perte de biodiversité, avec une interaction très forte entre les deux.


Après le Grenelle, on devait réduire l’usage des pesticides. La consommation a augmenté…

Le plan Ecophyto 2018 prévoyait en effet une réduction de moitié de l’usage des pesticides ; il y a eu une augmentation de 2,5 %. J’ai souhaité que la question du lien entre la santé et l’environnement soit pour la première fois discutée lors de la conférence environnementale dans une approche nouvelle. Le bisphénol, les perturbateurs endocriniens, les pesticides, la pollution de l’air sont des sujets majeurs de santé publique.


Y a-t-il une annonce-phare à attendre de la conférence environnementale ?

Oui. La volonté, c’est de placer le dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social. On ne vient pas avec des décisions construites d’avance. Mais, s’il y a aujourd’hui une grande politique à laquelle nous travaillons d’arrache-pied avec Cécile Duflot (ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, ndlr) pour passer à l’acte dans les prochains mois, c’est celle de l’isolation thermique des logements anciens. Le président de la République s’est engagé sur l’idée qu’il puisse y avoir un million de logements chaque année – la moitié neufs, la moitié anciens – qui correspondent à cette volonté-là. C’est l’exemple même d’une grande politique vertueuse écologiquement, socialement pour le pouvoir d’achat, et économiquement car elle créera ou préservera des emplois dans un secteur économique stratégique, celui du bâtiment et de la construction.


Faut-il créer une filière spécifique ?

Non. On a des savoir-faire, notamment avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ndlr). Les artisans et les entreprises maîtrisent les techniques. Je ne crois pas à l’idée qu’on aurait un déficit de compétences. On doit être capables d’accélérer et de mettre le paquet.


Détaillons les sujets énergétiques. Sur les gaz de schiste, où en est-on ?

La fracturation hydraulique, qui est la seule technique d’exploitation des gaz de schiste, est et restera interdite. En l’état actuel des techniques, les risques pour l’environnement comme pour la santé sont avérés.


Faut-il continuer à rechercher d’autres techniques ?

Ça, c’est la liberté des industriels. Je n’ai jamais soutenu l’idée qu’il ne faudrait pas faire de recherches, quel que soit le sujet. En l’état actuel des choses, il n’a été montré nulle part qu’il pouvait exister des techniques d’exploitation qui ne posaient pas de problème pour l’environnement et la santé. Le jour où la démonstration inverse sera faite, il y aura peut-être un débat citoyen. Pour ma part, je ne crois pas que l’avenir de la politique énergétique, ce soit de nouveaux hydrocarbures. Et je constate, pour le regretter, que l’on parle d’autant plus des gaz de schiste que la perspective d’un accord mondial contraignant sur la lutte contre les gaz à effet de serre s’éloigne. Je souhaite que la France soit en pointe dans la lutte contre le changement climatique.


Au large de la Guyane, Shell réalise des explorations en vue d’éventuels forages pétroliers. Peut-on imaginer autre chose après l’exploration ?

Il y a des explorations, il y a une commission de suivi entre les élus et les associations qui est mise en place. Je ne connais pas le résultat d’avance. Le déficit de la balance commerciale atteint 61,4 milliards, notamment à cause des hydrocarbures. La politique du gouvernement, c’est d’abord de soutenir massivement le développement des véhicules électriques et hybrides. C’est une stratégie qui vise à décarboner le secteur automobile. En attendant que ces stratégies aient abouti, on a toujours besoin de mettre de l’essence dans les moteurs. Si on peut réduire le déficit de la balance commerciale, cela fait aussi partie des enjeux.


Peut-on imaginer un débat public avant l’exploitation de ces ressources  ? Cela peut-il faire partie de la réforme du Code minier  ?

L’objet de la réforme du Code minier est le respect de la Constitution et de la Charte de l’environnement qui prévoit l’information préalable du public sur tous les projets ayant un impact sur l’environnement. S’il fallait s’engager sur une exploitation de la ressource, ce principe fondamental devra être respecté. J’espère que les travaux du groupe de travail piloté par Thierry Thuot, conseiller d’Etat et ancien rapporteur général du Grenelle, aboutiront à un texte de projet de loi d’ici à la fin de l’année, après toutes les concertations nécessaires.


Quid du nucléaire ?

Sur le nucléaire, la campagne présidentielle a permis de soumettre démocratiquement nos engagements aux citoyens. Il ne s’agit pas de sortir du nucléaire, mais de réduire sa part dans la production d’électricité de 25 points à horizon 2025, en passant de 75 % à 50 %. Sur la durée du quinquennat, nous procèderons à la fermeture de Fessenheim (plus vieille centrale française, dans le Haut-Rhin, ndlr), nous achèverons l’EPR de Flamanville (Manche) et nous n’engagerons pas de projets de construction de nouveaux réacteurs.


Une mesure a été proposée par plusieurs associations : l’arrêt des aides pour l’achat de carburant pour les transporteurs. Cela peut-il faire partie des premières mesures de la transition ?

Sur le secteur de l’aviation, cela ne paraît pas possible à court terme au regard de la situation de nos entreprises et du fait qu’elles s’acquittent déjà d’une forme de taxe carbone avec la directive européenne ETS (1). Il faudrait un dispositif mondial comparable qui s’impose à toutes les compagnies. Pour les autres dispositions fiscales, nous en parlerons lors de la conférence environnementale.


On a vu, durant l’été, tous les efforts déployés par le gouvernement pour aider le secteur automobile national. N’est-ce pas incompatible avec ces vœux de transition ?

L’enjeu stratégique, je le répète, c’est le véhicule propre ou le moins polluant possible. Tels que les modes de vie sont organisés aujourd’hui, je crois difficile de se défaire du véhicule individuel, je le dis d’autant plus que je suis élue d’un territoire rural. L’enjeu est d’orienter les consommateurs et les constructeurs vers ces véhicules.


D’eux-mêmes, les constructeurs ne le font pas ?

Ces entreprises privées ont fait des choix stratégiques, ont retenu des plans de licenciements qu’elles avaient sous le coude depuis longtemps. Plusieurs milliards d’euros ont été investis dans l’automobile ces dernières années… pour en arriver là ! Que peut faire la puissance publique ? Outre ce qu’elle doit faire en matière de respect des règles, c’est orienter l’achat, par exemple vers la Mia, fabriquée à Cerizay (Deux-Sèvres), la Zoé, à Flins-sur-Seine (Yvelines) ou encore la 3008, assemblée à Sochaux (Doubs).


Autre débat entre long terme et réalités de court terme : le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Comment l’arbitrer à moyen terme ?

Les recours juridiques doivent arriver à leur terme.


Mais cet aéroport s’inscrit-il dans la transition écologique ?

Je vous ai répondu. Respectons l’engagement qui a été pris et la concertation qui a eu lieu localement au début du mois de mai (2). Nous ne sommes pas arrivés au terme de ce processus.


Avez-vous prévu des mesures qui favorisent le « made in France » ?

Oui, avec Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif, ndlr), notre volonté, c’est de favoriser la relocalisation industrielle et de développer les circuits courts à grande échelle.


Ça existe déjà un peu côté alimentaire…

Les démarches qui existent au plan local, notamment dans les cantines scolaires, doivent monter en puissance. Il est dommage d’importer un certain nombre de produits bios parce que la croissance de la demande est largement supérieure à celle de l’offre. Sur les céréales, notamment, on a vraiment des grandes marges de progression. Sur le bio aussi, sur les produits locaux, sur les produits de proximité et de qualité.


Retour en 2017. Vous vous imaginez dans le même bureau ? Le poste a beaucoup changé d’occupant dernièrement…

Je ne sais pas où je serai dans cinq ans. Mais je sais qu’une action efficace a besoin de durée. Je veux réussir des changements en profondeur, remettre en marche ce ministère, qu’il y ait des progrès écologiques irréversibles. Cela fait longtemps qu’il n’y pas eu ce sentiment d’arracher des conquêtes, de franchir des caps. C’est ça, mon objectif, pas mon destin personnel. —


(1) « Emissions trading scheme ». Système de quotas carbone lancé en Europe en 2005.

(2) L’accord prévoit que «  tous les habitants, exploitants et propriétaires ayant un titre au moment de la déclaration d’utilité publique du 9 février 2008 ne sont pas expulsables tant que les procédures juridiques engagées au Conseil d’Etat, à la Cour de cassation et au Conseil constitutionnel ne sont pas épuisées  ».


En dates

1973 Naissance à Paris

1988 Adhère à SOS Racisme

1994 Adhère au Parti socialiste

2004 Secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité

2007 Elue députée des Deux-Sèvres

16 mai 2012 Nommée ministre déléguée à la Justice

21 juin 2012 Nommée ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie

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Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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  • connaissances définitions nouvelles
    l’accès apatite kpudz

    28.06 à 10h43 - Répondre - Alerter
  • Ministre ambitieuse et visionnaire, trop en avance sur son temps, surtout sur ses contemporains et la doctrine.. d’autres en ont fait les frais auparavant, mais il semble que l’homme n’apprenne rien de l’histoire

    4.07 à 11h30 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,
    On ne dit pas ’Think Thank, mais Think tank ou, en français, un groupe de réflexion.
    Monsieur Barthès a tout à fait raison. Nous sommes la seule espèce ayant conscience de son impact (plutôt très néfaste) sur l’environnement et pouvant réduire de manière voulue le nombre de ses membres. De toute façon, cela arrivera forcément, d’une manière ou d’une autre, car la part du gâteau est de plus en plus petite et les affamés (au propre et au figuré) de plus en plus nombreux.
    Comment répondre à cette question ? Par la contraception et surtout par le partage des richesses (plus on a des personnes avec un bon niveau de vie, moins elles font d’enfants). Une infime minorité exploite les ressources finies de la planète, les avides de pouvoir et d’argent, ces Homo auctoritas ou Homo pecunia dont la sous-espèce semble être bien loin de Homo sapiens (souvent bellicus).
    Nous sommes déjà beaucoup trop nombreux par rapport à notre impact sur notre environnement. Entasser les uns sur les autres crée stress, agressivité, déconnexion d’avec la nature, dépression, médicaments, etc.
    De toute façon , cette régulation se fera en même temps par la Nature et par nous, qui, ne pouvant plus accéder à l’eau, à la nourriture, à l’accaparement du vivant par les criminels nantis, nous ferons allègrement la guerre, car incapables pour le moment d’avoir une conscience globale de la planète en tant que notre seul lieu de vie. Et les nantis aiment tellement leur Monopoly, qu’ils sont prêts à s’entretuer et à détruire le monde pour conserver "leurs" conquêtes.
    Cela arrive déjà chez dans beaucoup de pays et régions. Ce n’est qu’une question de temps, lequel nous n’avons plus. C’est la triste histoire de notre espèce, super puissante et hyper stupide. Suis-je pessimiste ? Je dirais réaliste.

    3.07 à 12h31 - Répondre - Alerter
  • Irréversibles ? Et si les réformes s’avèrent être mal construites, comment fait-on pour les changer ? Ex : la façon dont est géré la construction des parcs éoliens est clairement centralisatrice. Il s’agit de laisser le contrôle de l’énergie aux grandes entreprises. S’il se trouve que c’est une mauvaise idée, dommage, ce sera irréversible. Breuuuuh... !!!

    15.09 à 14h23 - Répondre - Alerter
  • Didier Barthès : La question démographique.

    Fondamentalement les intentions de Madame Batho sont excellentes, mais hélas deux contradictions empêchent, selon moi, leur réalisation.
    D’une part l’appel à la croissance du pouvoir d’achat est une impossibilité dans un monde fini, la croissance c’est par définition une augmentation des activités matérielles de l’homme (sinon il ne s’agit que d’un enregistrement dans la comptabilité nationale de services autrefois réalisés gratuitement). Toute croissance matérielle dans un monde fini conduit à l’impossible.
    L’autre contradiciton est bien sûr la non évocation de la question démographique. Madame Batho parle avec juste raison de la protection de la biodiversité. Sauf à entasser les hommes (est-ce souhaitable ? Je ne le crois pas) toute expansion démographique revient à consommer des territoires retirés à ce qu’il reste du monde sauvage. Si de plus, nous voulons une agriculture moins intensive et plus respectueuse de l’environnement nous arrivons à une impasse où il nous faudra sacrifier tous les espaces au profit de l’homme ( profit d’ailleurs très provisoire, nous en serons après la nature les victimes suivantes). Donc, de grâce, brisons le tabou sur la question du nombre des hommes, car le meilleur service que l’on puisse rendre à l’humanité est de lui permettre de durer dans un monde habitable. Cette ambition est incompatible avec une Terre (et plus localement une France) surpeuplée.

    13.09 à 10h35 - Répondre - Alerter
    • voilà le digne héritier de Malthus.
      Jared Diamond nous dit que le problème n’est pas le nombre mais la consommation par personne.

      Vous prenez la décroissance dans un premier temps, mais ensuite vous voulez qu’il y ait moins de monde pour pouvoir continuer à conserver votre propre mode de vie. Voilà le problème du malthusianisme.

      Jean-Christophe Victor l’a clairement montrée plusieurs fois dans son excellente émission le dessous des cartes sur Arte.

      que proposez-vous comme solution pour réduire la population ? Toujours dans le même objectif de réduire la population, que pensez-vous de l’homosexualité ?

      30.09 à 03h33 - Répondre - Alerter
      • Comme on peut le lire dans cet article publié sur le site de Démographie Responsable, Jean-Christophe Victor n’a absolument rien démontré dans l’émission "le dessous des cartes" à laquelle vous faites allusion et qui a été sans doute une des plus idéologique de la série...
        Maintenant, pour réduire une population, il suffit de descendre au dessous du seuil de renouvellement (2,1 enfants par femme) pendant quelques générations et tout se fait alors en douceur. C’est d’ailleurs ce qui se passe aujourd’hui au Japon et dans une moindre mesure en Allemagne.

        30.09 à 08h55 - Répondre - Alerter
      • Didier Barthès : La question démographique.

        Pour avoir lu Jared Diamond, j’ai plutôt l’impression, au contraire, qu’il est parfaitement conscient des contraintes quantitatives liées au nombre des hommes. Quant à Malthus, certains éléments de sa réflexion me semblent justes, je n’ai aucune honte à le reconnaître. Dans un monde fini une croissance donnée ne peut qu’être limitée dans le temps, nos effectifs doivent se soumettre à cette règle.

        Je ne vois pas non plus ce que Jean-Christophe Victor a démontré, il a notamment passé sous silence une question essentielle, celle de la préservation de grands espaces pour le reste du monde vivant. Cette préservation s’oppose à notre expansion démographique, il est impossible d’ignorer cette contrainte. La question démographique ne se résume pas à celle de l’alimentation.

        Plus fondamentalement se pose le problème des ordres de grandeur, nous sommes 7 milliards et seront probablement 10 milliards à la fin de ce siècle. Il faudra bien arrêter un jour (vous en conviendrez). Alors, n’est- il pas plus raisonnable d’arrêter à des effectifs plus modestes (en essayant d’établir une fécondité en dessous du seuil de renouvellement pendant quelques temps) ?

        Sur quelles tables de la loi est-il écrit que plus est toujours mieux ? Cela engendre au contraire une multitude de contraintes.

        Quant à la préservation de mon niveau de vie.... Il ne s’agit pas que du mien, il s’agit de celui de l’ensemble des humains. Tous les hommes veulent vivre mieux. Est-il souhaitable, au nom de la religion du nombre, de leur imposer d’être tous pauvres et frugaux pour nous permettre à toutes forces d’être le plus nombreux possible ? Pour ma part, je crois que l’humanisme peut prendre une autre voie et que celle-ci et qu’il passera par une certaine modestie démographique.

        30.09 à 11h21 - Répondre - Alerter
  • D. Batho peut tjrs se vanter de convictions écologiques profondes, si elle a été nommé à ce poste, C d’abord pour dire "oui, oui" sans broncher à chaque fois que cela lui sera demandé.
    C’est la triste réalité de ce nv gvt incroyablement décevant au plan écologique. Il me semble, que même dans le gvt précédent, Mme la ministre de l’écologie et du DD avait une liberté de parole bien plus forte que Mme Batho. Mais C vrai qu’en matière d’écologie, elle avait aussi un bagage un tout petit peu plus conséquent que Delphine.

    La France a de nbx atouts pour se positionner en leader mondial de la protection de l’environnement & de la (bio)diversité, au lieu de ça, nos dirigeants ont les yeux rivés sur la compétitivité et l’emploi, se demandant comment rivaliser avec les grandes puissantes (polluantes) d’une économie désormais mondialisée.

    Quelle triste époque.

    13.09 à 09h26 - Répondre - Alerter
  • Si cette conférence n’aborde pas la question démographique, elle ne servira pas à grand chose. En effet, la charge écologique que représente 350.000 nouveaux français par an est un handicap majeur. Il nous conduit finalement à bâtir dans cette même hyper-courte période une ville de la taille de Nice : excusez du peu... Et l’on sait maintenant qu’un département de la superficie de l’Isère (c’est-à-dire un des plus grands) disparaît sous le béton tous les 10 ans. Seule une Démographie Responsable est à même d’aider notre pays et plus encore de sauver notre espèce.

    13.09 à 07h44 - Répondre - Alerter
    • encore Malthus !

      L’étalement urbain et l’expansion démographique sont deux choses différentes. Ayez toujours à l’esprit exemple du Japon. Les allemands sont 80 millions dans un pays plus petit que le notre.en revanche, regarder leur politique nataliste et voyez leurs problèmes démographiques.
      Donc ce qu’il faut revoir c’est surtout l’urbanisme pas forcément la politique nataliste.

      je vous adresse également les mêmes remarques que j’ai fait plus.

      30.09 à 03h43 - Répondre - Alerter
      • Encore un nataliste !
        Comment peut-on écrire sans sourciller que "l’étalement urbain et l’expansion démographique sont deux choses différentes", alors que toute l’histoire de l’humanité est là pour prouver le contraire ? Depuis combien de temps construit-on sérieusement à la verticale (disons au delà de 4 à 5 étages) ? Et d’ailleurs est-ce un avenir souhaitable pour nos semblables que de vivre dans des tours ?...
        J’ai effectivement à l’esprit l’exemple du Japon, qui avec ses 336 habitants au km², est clairement surpeuplé. Avec des importations d’énergies fossiles représentant 96% de la consommation, c’est même une des raisons pour lesquelles il a été obligé de construire des centrales nucléaires dans des lieux exposés avec les conséquences que l’on sait. Ne parlons même pas de l’expansionnisme passé dû, en grande partie, à un nombre d’habitants excessif pour un territoire qui rappelons le est plus petit que la France. Un classement tout récent des pays en fonction de l’importance de leur empreinte écologique met d’ailleurs le Japon en 8ème position sur 145 pays (derrière Singapour, Koweït, Israël, EAU, Jordanie, Maurice et Liban). Au final pour ce pays, la population "soutenable" est de 17,9 millions d’habitants au lieu des 126,5 actuels ! Mais je ne doute pas que nos amis japonais vont faire des efforts colossaux pour diminuer leur consommation...
        Je ne m’étendrais pas sur le cas de l’Allemagne dont la population soutenable est de 35,2 millions au lieu des 82,5 actuels et dont la lente décroissance démographique annoncée est une excellente nouvelle pour ses habitants.

        30.09 à 08h45 - Répondre - Alerter
  • Pour concilier le respect de la biodiversité et le pouvoir d’achat inutile et glouton...serait-ce le nouveau gadget du bonus socialo-capitalo-crétino ?

    7.09 à 17h29 - Répondre - Alerter
    • Je veux.....c’est bien impératif....c’est très désagréable...moi qui reçois ce "je veux" en pleine poire déjà bien déformée par les gens de pouvoir...j’ai bien le droit de ne pas en vouloir et même le devoir de dire je ne veux d’aucun je "veux"...non mais pis quoi....mais c’est que ça nous ferait veutvoter ces gens là...je veux bien rire.

      9.09 à 12h36 - Répondre - Alerter
  • Des progrès écologiques irréversible ? Chiche.

    Pour commencer, déjà, ne pas commettre un saccage écologique irréversible en protégeant les 2000 hectares de bocage humide de Notre-Dame-des-Landes au lieu d’en faire un aéroport inutile serait un réel signal fort.

    Madame Batho sait-elle seulement que la zone du projet est à 98% en zone humide et que que le concessionnaire aura bien du mal à compenser ce désastre ?

    Qu’il faudrait détruire des espèces protégées si cette aberration va à son terme.

    Sait-elle aussi que la DUP s’appuie sur des données économiques maquillées ?

    5.09 à 09h14 - Répondre - Alerter
  • Pas très à l’aise Delphine Batho quand il s’agit de répondre à une question sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.
    Pourtant l’abandon de ce projet devrait être la première mesure à prendre pour un Ministre de l’Ecologie qui se respecte.
    Il est évident qu’elle ne connaît pas le dossier, ni le site (bocage très préservé du point de vue de la biodiversité).
    Mais elle n’est pas écolo. Elle est socialiste !
    Et on peut être certains que la conférence environnementale qu’elle pilotera prochainement ne sera pas le grand débat démocratique annoncé mais une nouvelle tromperie du PS.

    4.09 à 22h44 - Répondre - Alerter
  • Voici la liste des Think Thanks admis par le monde dans ses colonnes.
    Les think tanks généralistes

    Fondapol
    Fondation Jean-Jaurès
    Fondation Res Publica
    Institut Montaigne
    Terra Nova

    Avec une interview de ce genre Terra Eco devrait lui aussi former un think thank dont les propositions permettraient de de répondre au tirage qui se manifeste entre socialistes et verts.

    30.08 à 19h27 - Répondre - Alerter
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