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15-12-2009
Mots clés
Russie
Reportage

Comment j’ai failli interviewer le chef de la délégation russe

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Comment j'ai failli interviewer le chef de la délégation russe
 
Ma mission : réussir à rencontrer Alexander Bedritsky, ancien président de l'Organisation météorologique mondiale (2003-2007) et chef de la délégation russe par tous les moyens. Mais avant : identifier le lieu et établir un premier contact.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Aucune barrière ne doit résister aux journalistes de Terra eco, c’est la règle. Encore moins à son directeur de la rédaction, cela va de soi. Attraper le chef de la délégation russe n’est donc a priori qu’une formalité. Rompu aux différentes techniques de séduction et d’approche des attachées de presse, je file donc bille en tête direction le "parc" des délégations.

Coup d’oeil bref sur les plans qui m’obligent à me mettre la tête à l’envers pour réussir à me repérer. Une paire de moufles attrapée au vol et distribuée par une ong, un serrage de paluches à José Bové qui traîne dans un couloir et j’accède enfin au précieux lieu.

Mauvaise nouvelle, la délégation de Papouasie n’est pas la délégation russe. Mauvais aiguillage, je fais marche arrière, reprend une paire de moufles pour notre reporter vidéo-photo-son-guide-interprète-cuisinière et m’accroche à l’objectif. Ca chante côté brésilien, ça pousse près du bar et miracle... l’allée quêtée s’ouvre devant moi.

En file indienne, les délégations serbe, monténégrine et chinoise avec la Fédération russe coincée au milieu ont un point commun. Toutes affichent portes closes. Pas une âme, ni un bruit. La délégation russe fait même mieux. Sur la seule fenêtre de son petit box, un grand drapeau empêche tout coup d’œil à l’intérieur.

Mais il en faut (bien) plus à un journaliste formé aux techniques d’encerclement des mouvements activistes sud-américains. J’attaque de front et pousse la porte. C’est une charmante blonde, l’air bad James Bond’s girl qui m’accueille. Dans son dos, sur une table, gisent les cartes de visite de quelques journalistes aventuriers - russes pour la plupart - en quête de l’entretien fantasmé.

La jeune femme se dit juriste. Pas au fait des demandes d’interview. La faute à pas d’attachée de presse ? Pas seulement. En quinze ans de couverture des négociations climatiques, une journaliste française m’informe qu’elle n’a jamais assisté à une seule conférence de presse de la moindre délégation russe avant celle... d’hier. Plate c’est une évidence, sans info aucune et dans une ambiance, disons congelée.

Bref. Je tends ma carte, le charme a fait son effet. Aucun doute. Je reprends avec elle les codes et indicatifs qu’elle devra composer pour me rappeler - avant ce soir - et caler le rendez-vous.

Mais patatras. L’unique porte au fond de la salle s’ouvre brutalement. Un colosse d’1m90 au bas mot passe la tête, le portable vissé à l’oreille. Courageusement, je me rapproche de mon hôte en balbutiant - c’est récurrent chez moi - quelques bafouilles en anglais. Mais trop tard. Le cerbère, membre de la délégation officielle, nous expulse de la salle et ferme à double tour.

Soulagé de ne pas m’être retrouvé seul en carafe devant la porte de la délégation voisine (Chine), je déchante illico. Ma future-ex-amie juriste m’écarte du coude et commence à secouer nerveusement la porte. Qui finit par s’ouvrir à nouveau, laissant apparaître la mine paralysante de mon hôte du jour. La porte me claque sur le nez une seconde fois doublée d’un seul tour de clés. Plutôt bon signe à vrai dire.

J’attends maintenant LE coup de fil m’annonçant l’heure de l’interview. Rendez-vous demain pour l’épisode 2.

- INFO COOL : la Russie a accepté une réduction de ses émissions de 20 à 25% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

- INFO MOCHE : ce chiffre "autorise" en fait la Russie à... augmenter ses émissions jusqu’en 2020. En effet, la Russie a déjà dépassé cet objectif. En fait les émissions de GES de la Russie ont déjà chuté de plus de 30% par rapport à 1990 en raison de la crise économique. Moscou peut donc augmenter ses émissions en toute quiétude... et ce, jusqu’en 2020.

A lire aussi sur terraeco.net :
- A qui profite le réchauffement climatique ? Aux Russes, entre autres...

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Président de l’association des Amis de Terra eco Ancien directeur de la rédaction de Terra eco

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  • Je ne vois pas vraiment l’intérêt journalistique de ce genre de chronique, si ce n’est de permettre au journaliste que vous êtes de prendre quelques libertés avec l’objectivité et l’information pour nous rapporter un non-évènement personnel. J’attends donc de lire demain "Comment j’ai réussi à interviewer le chef de la délégation russe".

    16.12 à 18h35 - Répondre - Alerter
    • Bonjour,
      Malheureusement, je cherche encore à trouver la faille, mais c’est un exercice complexe. Aujourd’hui, je vais vous raconter comment j’ai échoué dans ma tentative de rencontrer Hugo Chavez.
      Il faut considérer tous les contenus que nous publions comme un ensemble : des synthèses, des interviews, des reportages, et des chroniques plus décalées comme celle que vous venez de parcourir.
      David Solon
      Directeur de la rédaction

      16.12 à 18h47 - Répondre - Alerter
      • Oui à la légèreté, oui au décalage mais...pas sur ce sujet. Avec vos making-off (terra eco en vadrouille, terra eco qui mange, terra eco qui visite le Bella center) et vos chroniques "décalées" vous tombez complètement à côté de la gravité de ce qui était en jeu à Copenhague. Pour un magazine soi-disant d’experts du développement durable qui vise à la vulgarisation vous tombez dans la vulgarité ; celle d’une pantomime idiote qui prend par-dessus la jambe la très forte compromission de l’avenir de l’humanité. Avec l’échec de Copenhague, vous pourrez en tout cas vous en donner à coeur joie dans le décalage et "l’humour". Je vous propose d’ores et déjà un titre pour votre article de demain : "Comment on a failli sauver l’Humanité à Copenhague ?"

        18.12 à 20h28 - Répondre - Alerter
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