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30-03-2009

Carbone en quête d’étiquette

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En France, seules deux enseignes – Leclerc et Casino – affichent le bilan CO2 de certains produits. Mais chacune possède son comptage maison. Décryptage des deux méthodes.
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Mais où est donc passée l’étiquette carbone ? A l’automne 2007, le Grenelle de l’environnement avait promis d’améliorer l’information des consommateurs. Un an et demi plus tard, difficile de dénicher l’ombre d’une mention CO2 dans les grandes surfaces. Le consomm’acteur aura beau examiner les emballages sous toutes les coutures, éplucher les étiquettes : néant. Ou presque. Pour l’instant, rien n’oblige les distributeurs à le faire. Résultat, seules deux enseignes affichent du CO2 en plus des euros : Casino et Leclerc. Mais elles le font avec deux logiques très différentes. Lecture, à la loupe, de leurs estampilles.

Casino : indice carbone

Prenez un gâteau moel-leux prêt à cuire de marque Casino. Sur le paquet, en bas à droite, une petite feuille verte indique « 210 g de CO2 ». Juste au-dessus figure la mention « Indice carbone » et, en petit : « voir au dos ». Exécution. On y apprend que l’indice carbone est « une estimation de la quantité de gaz à effet de serre émise lors des principales étapes du cycle de vie du produit – production, transformation, emballage, transport et distribution ». A côté, une réglette à sept degrés donne une idée de l’impact environnemental du moelleux. Jaune, c’est faible. Vert bouteille, c’est fort. Avec trois degrés, le gâteau obtient la mention passable. Enfin, à droite, un carré façon Tetris. Il s’agit d’un « mobile tag », une image à photographier avec son portable qui permettra ensuite d’accéder à des informations en ligne. Encore faut-il disposer du bon attirail.

Pour l’heure, seuls 107 produits alimentaires de marque Casino sont ainsi étiquetés, « toutes enseignes du groupe confondues » (1). « D’ici à la fin 2009, nous passerons à 300 références, puis la démarche sera étendue à toute la marque alimentaire Casino », précise Philippe Imbert, le directeur qualité. Mis au point par le cabinet indépendant Bio intelligence service, l’indice carbone de Casino a été lancé en juin 2008. « Nous avons entamé cette réflexion il y a deux ans et demi, bien avant que les groupes de travail du Grenelle ne proposent un étiquetage écologique », vante Philippe Imbert. 

Leclerc : affichage CO2

Chez Leclerc, ne cherchez pas d’indication CO2 sur les produits. L’affichage se fait sur l’étiquette apposée sur le rayon. A côté du prix de l’article figurent donc les données CO2. Ainsi, le pot de crème fraîche de 500 g marque Repère – celle du distributeur Leclerc – indique 3,72 kg éq. CO2. Juste à côté, un pot de marque différente, mais avec le même type d’emballage, affiche un bilan identique. « En fait, nous nous appuyons sur des données génériques, c’est-à-dire des moyennes pour chaque produit », explique Catherine Gomy, directrice qualité et développement durable de Leclerc.

Ainsi, les bilans CO2, tirés de ces bases de données, varient en fonction du mode de fabrication, de conditionnement et des trajets parcourus. Peu importe finalement la marque du produit. Le consomm’acteur peut, de fait, constater qu’un article de petit volume, suremballé, coûte plus cher à la planète qu’un plus grand avec peu de plastique. « Cette méthode, que nous a proposée le cabinet Greenext, a l’avantage d’être rapidement exploitable et applicable à toutes les marques », ajoute Catherine Gomy.

Bilan des deux méthodes

Avec un bilan spécifique à chaque produit, le groupe Casino ne peut étiqueter que les produits de sa marque. Et ce bilan ne tient pas compte du lieu de commercialisation. Tandis que chez Leclerc, « les données spécifiques à chaque magasin sont intégrées dans le calcul ». Ainsi, mon pot de crème n’a pas le même impact à Wattrelos ou à Templeuve, les deux magasins du Nord de la France où la chaîne expérimente son affichage depuis avril 2008. Autre avantage de la méthode Leclerc : elle permet de calculer le poids carbone de la totalité de son chariot. Ainsi, le consommateur trouve en bas de son ticket de caisse une addition CO2 de ses courses accompagnée de la mention : « Plus le chiffre est faible, mieux c’est pour la planète ».

(1) Casino, Super Casino, Casino Proximité, Géant.


Compte à rebours pour le CO2

En janvier 2008, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui réunit 80 enseignes, a signé une convention avec le ministère de l’Ecologie dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Elle s’est notamment engagée à expérimenter « la mesure des principaux impacts environnementaux de 300 produits de consommation courante ». Un bilan de cette démarche sera dressé à l’occasion de la semaine du développement durable. Le temps presse car le projet de loi Grenelle 2 pourrait rendre obligatoire l’étiquetage environnemental des produits alimentaires dès janvier 2011. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a créé une plate-forme de travail, abritée par l’Afnor, chargée de plancher avec la grande distribution sur un code de bonnes pratiques. Il lui faudra notamment résoudre l’épineuse question de l’harmonisation de la méthode de calcul. Car, chez Leclerc comme chez Casino, chacun est convaincu que sa méthode servira de modèle.
Sources de cet article

- Un minisite de Casino avec des conseils pour lire les étiquettes et un récapitulatif des indices carbone des produits évalués.

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  • Même si ces initiatives méritent d’être saluées, le chemin est encore long avant un étiquetage écologique vraiment discriminant entre les produits.
    A terme, ce genre d’initiative devra permettent au consommateurs d’identifier les produits les plus respectueux de l’environnement et ainsi tirer le marché vers une meilleurs prise en compte de ces aspects.
    Si chez Leclerc, seul le conditionnement permet de distinguer les produits entre eux, nous sommes encore loin du compte... Quid des matières premières et de la fabrication ? Pourtant très différents d’un industriel à l’autre !
    Ma conclusion serait qu’un étiquetage réussit devrait pouvoir empêcher le greenwashing, les performances environnementales d’un produit "vert" ou s’annonçant comme tel étant systématiquement vérifiées, quantifiées puis comparées aux autres produits...

    15.04 à 15h19 - Répondre - Alerter
    • Je suis tout à fait en accord avec votre conclusion. Évidemment les producteurs ont tendance à minimiser leur empreinte écologique. Il est hasardeux de demander à un contrevenant quelle est l’ampleur de sa faute. En la matière on ne doit rien négliger, tout doit être évalué, mesuré et contrôlé. J’adore me renseigner et renseigner les autres sur de tels sujets. À cet effet j’aimerais présenter, à ceux que ça peut intéresser, mon blog qui contient des articles sur le climat, les économies d’énergie, les énergies renouvelables, le réchauffement climatique, etc. www.denis-laforme.over-blog.com

      23.04 à 18h40 - Répondre - Alerter
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