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A Berlin, la mie publique numéro 1, c’est elle !

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A Berlin, la mie publique numéro 1, c'est elle !
(Crédit photo : mirjam wählen)
 
Sa capitale allemande, une Suédoise troque ses pains faits maison contre des cours de guitare ou de la vanille !
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 61 - octobre 2014

Sauvez Terra eco !

Son parcours semblait destiner Malin Elmlid à d’autres chemins qu’un potlatch à base de pain blanc. Pourtant, depuis 2007, cette Suédoise de 34 ans, résidant à Berlin et consultante de mode, échange contre du pain fait maison toutes sortes de biens : cours de guitare, voyages et nuits d’hôtels, vanille de Madagascar, réparation de son vélo… Puis, via son blog, elle chronique ses rencontres boulangères. « Pour faire un pain, j’ai besoin de vingt-quatre heures, raconte-t-elle. Je ne les passe pas les mains dans la pâte, mais je me réveille la nuit pour régler le four, puis, à l’aurore, pour l’éteindre. »

Sans idées préconçues sur les échanges non monétaires, son projet est né d’une insatisfaction : les innombrables variétés de pains noirs allemands ne parvenaient pas à lui faire oublier le pain blanc de sa Suède natale. Elle a alors décidé de le produire elle-même, puis perfectionné ses recettes.

Boulangeries de Kaboul

« En 2008, j’ai commencé à vraiment échanger, sans rien demander en retour, sinon une opinion sincère : que pensez-vous de mon pain ? » Jusqu’au jour où elle reçoit en remerciement un billet pour un concert au Philharmonique de Berlin. De là, « les gens ont commencé à vouloir mon pain, et à me demander quoi donner en échange. » Depuis, elle estime avoir troqué 1 400 pains. Dans ses voyages – elle est en déplacement environ 170 jours par an –, sa pâte ne la quitte pas. Pour autant, elle n’envisage pas son projet comme une forme de protestation contre la société de consommation. « Le fait qu’il n’y ait pas de concept politique derrière rend le projet plus universel, avance-t-elle. Il s’agit de pain, la plus basique des nourritures. C’est un vecteur de communication global, indépendamment de sa religion, de sa classe, de son appartenance politique. » Et de citer l’exemple de l’Afghanistan, où elle a passé une semaine derrière les fourneaux, en compagnie des femmes qui préparent la pâte destinée aux boulangeries de Kaboul. « Il n’y a que le pain qui aurait pu m’attirer le respect de ces femmes. Elles m’ont acceptée et m’ont parlé de leurs vies, de leurs familles… »

Photos contre billets d’avion

Une démarche un brin angélique ? La jeune femme réfute cette idée. « Je ne pense pas que cela soit naïf. C’est une façon d’inverser les perspectives. » L’idée fait son chemin. Sa route a notamment croisé celle de Shantanu Starick, un Australien qui, depuis deux ans, voyage autour du monde en échangeant son travail de photographe contre des billets d’avion. Berlin n’est d’ailleurs pas en reste en matière de projets de ce type. Une fois par mois se tient ainsi le Food Exchange, un forum où des passionnés échangent leurs produits alimentaires. Malin Elmlid, elle, vient de mettre la dernière main à un livre (1) qui fait le récit de son aventure. —

(1) « The Bread Exchange » (Chronicle Books, octobre 2014)


Impact du projet

1 400 pains troqués
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