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9-08-2011
Mots clés
Environnement
Politique
France

« La crise décale les préoccupations environnementales »

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Le développement durable sera-t-il au cœur de la campagne présidentielle ? Pas sûr pour Dominique Reynié, politologue. Si les Français craignent le nucléaire, ils redoutent avant tout la perte de leur pouvoir d'achat.
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Dominique Reynié est politologue et directeur de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).

Terra eco : Pourquoi le développement durable ne sera-t-il pas au cœur de la campagne de 2012 ?

Dominique Reynié : L’élection présidentielle, en France, fonctionne sur une logique de clivages forts. Or, si vous prenez l’écologie ou l’environnement, en 2011, il n’est plus évident de dire de la droite ou de la gauche, qui possède un avantage ou une spécialité en ce domaine. C’est un thème devenu universel tellement il est prégnant et majeur. Aucun parti de gouvernement sérieux ne peut laisser de côté cet enjeu-là. Pour la majorité des électeurs – je ne parle pas des militants écologistes - il n’y a donc pas un écart significatif entre la gauche et la droite. Paradoxalement, cela n’incite pas les candidats à jouer la carte de l’environnement pour se départager.

A votre, avis, la catastrophe de Fukushima ne va donc pas s’immiscer dans la campagne en poussant les candidats à se positionner sur le nucléaire ?

En tant que citoyen, je pense que le nucléaire devrait faire partie des grands sujets de la présidentielle, au même titre que la dette ou la croissance. Mais en tant que politologue, je pense que ce ne sera pas le cas.

Car les Français sont soumis à des besoins contradictoires : ce qui occupe chaque jour leur esprit, c’est le pouvoir d’achat et la volonté de consommer plus. Ils sont, dans leur généralité, très attachés à leur niveau de vie et n’acceptent pas de le négocier à la baisse. Ils sont en même temps très inquiets du danger nucléaire. Ils sont dans cette contradiction et quand ils ont le sentiment que le discours politique leur offre le choix entre le risque nucléaire ou le risque de décroissance, ils sont indéterminés. Les Français flottent entre des peurs et des confusions, sur le coût d’une sortie du nucléaire, sur les énergies renouvelables... Les différentes options n’ont pas été formulées avec clarté. Du coup, ceux qui vont choisir leur candidat en fonction de la question du nucléaire sont peu nombreux. Donc, axer sa campagne sur la sortie du nucléaire constitue un risque. D’ailleurs, on le voit bien, même le parti socialiste n’a pas voulu être très clair sur le sujet.

Les préoccupations purement économiques font-elles de l’ombre aux sujets environnementaux ?

S’il n’y avait pas eu la crise économique, Fukushima aurait pesé beaucoup plus dans le débat. Mais les gens appréhendent les problèmes par ordre d’importance et d’urgence. Pouvoir d’achat, emploi, logement, santé, retraites... La crise décale les préoccupations environnementales. Reste que l’on ne sait pas ce que l’agenda nous réserve. Un événement peut relancer le débat sur des tas de thèmes, l’environnement comme la sécurité. Mais sans ça, on ne se disputera pas en 2012 à propos de l’écologie.
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Journaliste indépendante. Collabore à Terra eco depuis novembre 2010.

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  • Réveillons nous ! Mettre l’environnement au coeur de nos préocupations est la solution pour répondre aux craintes des français : pouvoir d’achat (jardins participatifs, moins de sur-consommation) emploie (économie verte la seule qui affiche des taux à 2 chiffres aujourd’hui) santé (exiger une alimentation saine, un air sans polluants et une eau de qualité) Nous marchons à l’envers la tête en bas...

    20.08 à 10h44 - Répondre - Alerter
  • En lisant cette interview, on pourrait presque croire que les sujets économiques et environnementaux sont parfaitement indépendants... comme si les cours des matières premières, pétrole en tête, n’avaient pas d’influence notable sur le PIB, comme si aucun économiste n’avait établi que le climat et la biodiversité menacaient de peser très significativement sur la croissance etc. Certains évoquent 0,3 points de PIB pour 10 dollars sur le baril (http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...). En repassant du cours actuel à celui de 2008, l’impact serait de 1,8 points de croissance... soit de quoi passer en récession.

    Oui, on peut redouter un perte de notre pouvoir d’achat, mais il faudrait aussi que l’opinion soit capable d’entendre que celui-ci est exceptionnellement haut par rapport à ce qu’on a connu par le passé ainsi que par rapport au reste du monde. Les promesses politiques n’y aident pas.

    15.08 à 21h05 - Répondre - Alerter
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