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31-01-2010
Mots clés
Climat
Chronique

«  A Copenhague, des acquis indiscutables  »

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« A Copenhague, des acquis indiscutables »
 
Hervé Le Treut est climatologue et directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace. Il participe aux travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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n°11 - Février 2010

65 millions de carnivores

« Le sommet de Copenhague a généré, tout au long de l’année 2009, une attente et un espoir immense relayés avec une force croissante par les médias de tous les pays. La profondeur de la déception est à la mesure de cette mobilisation exceptionnelle. Peut-on pour autant parler de surprise, d’une surprise qui remettrait tout en cause ?

Un regard vers le passé récent montre avec quelle difficulté se sont faits les progrès : le Protocole de Kyoto, signé en 1997 – cinq ans après le sommet de la Terre à Rio – n’a finalement été ratifié qu’en 2005 par des Etats dont beaucoup n’auront pas respecté leurs engagements à l’échéance de 2012. Comment penser qu’à Copenhague, les intérêts divergents des uns et des autres seraient brutalement effacés, alors même que la crise climatique est associée à un enjeu énergétique grandissant ? D’autant que le diagnostic scientifique ne laisse pas le choix : il est impossible de stabiliser le climat de la planète sans les Etats-Unis, la Chine ou les pays émergents. Et l’urgence qu’impose la volonté de ne pas dépasser un réchauffement de 2°C impose à son tour de traiter avec leurs gouvernements actuels, quelle que soit leur attitude. Avec des émissions liées à l’usage des combustibles fossiles représentant plus de 5 tonnes de carbone par an et par habitant, les Américains se situent loin devant l’Europe (un peu plus de 2 tonnes) ou la Chine (1 tonne environ) ce qui explique des réticences gouvernementales partagées par une opinion publique peu motivée par ces thèmes. La Chine, elle, défend l’idée qu’elle est nouvelle dans le club des pays émetteurs de gaz à effet de serre et que son développement a, pour le moment, un coût écologique par habitant très inférieur à celui des pays occidentaux.

L’ONU responsable ?

Compte tenu de ces obstacles, l’annonce d’engagements américains et chinois, même faibles, constitue donc l’acquis indiscutable d’une pression internationale qui a produit des effets avant la conférence, à défaut de les confirmer et de les amplifier pendant. La mise en place d’une action en direction des pays victimes – ou victimes à venir – du changement climatique est un autre acquis très important. Une forme active de vigilance citoyenne, la poursuite inlassable d’une politique d’explications – avec une rigueur que doit encore renforcer la vague de « climato-scepticisme » – continuent donc d’être des leviers crédibles et essentiels qui doivent se coupler au développement de politiques concrètes aux échelles locales et régionales.

A un niveau politique plus large, par contre, on peut constater que la déception des uns et des autres prend des formes souvent très différentes. Peut-on tout attendre du seul processus de l’ONU ? Doit-on regretter que certains pays aient cherché à agir en groupe plus restreint ? Afficher des objectifs contraignants est-il le seul moyen d’entraîner les pays émergents ? Tout ceci mérite un effort d’analyse et d’explication plus précis que celui qui a accompagné la fin de la conférence de Copenhague. » —


HERVE LE TREUT EN 5 DATES

18 juin 1956 : naissance à Toulon.

1976 : entre à l’École normale supérieure

1985 : doctorat sur la modélisation des nuages dans le système climatique

2005 : membre de l’Académie des sciences.

2009 : publie Nouveau Climat sur la Terre : comprendre, prédire, réagir (édition Flammarion).

Photo : DR

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Hervé Le Treut est climatologue et directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace. Participe aux travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

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