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24-07-2013
Mots clés
Recyclage, Déchets
France

Entreprises, réduisez vos déchets et économisez !

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Entreprises, réduisez vos déchets et économisez !
(Crédit photo : ComputerHotline - flickr)
 
Alors que le gouvernement travaille sur un nouveau Plan des déchets, l'Ademe espère inciter les professionnels à diminuer leurs rebuts en mettant en exergue leurs coûts cachés.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE

Le ministère de l’Ecologie planche cet été sur le nouveau Plan national de prévention de la production des déchets (PNPD) pour 2014-2020. Dans ce document, qui devrait être validé à la rentrée par le Conseil national des déchets, l’Etat doit accentuer les efforts de prévention des déchets. Cela lui est imposé par la directive européenne cadre déchets.

Pour ce faire, le PNPD entend cibler « toutes les catégories de déchets et tous les acteurs économiques », selon le site Actu-environnement.com qui a pu consulter le plan quasi achevé.

Pas d’objectif précis pour les entreprises

Pour autant, les seuls objectifs chiffrés concernent la réduction des ordures ménagères et assimilées. Chaque citoyen devra mettre 7% de déchets domestiques en moins à la poubelle d’ici à 2020. Objectif clair et net pour ce qui représente 7% de la totalité des scories produites en France, d’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Mais concernant les 93% restants, dus aux activités économiques, l’horizon fixé est nettement moins précis. « Il est (…) proposé que [l’objectif de réduction] des déchets d’activités économiques fasse l’objet de réflexions et d’une proposition dans le cadre des engagements volontaires (…) Dans les meilleurs délais », cite Actu-environnement. Pas super contraignant...

Pourquoi ce flou, alors que le Grenelle de l’environnement avait, lui, établi des objectifs quantifiés pour l’ensemble des déchets : - 15% de déchets incinérés ou stockés entre 2008 et 2012, et un taux de recyclage atteignant 75% ?

L’activité économique pollue

Déjà parce qu’« on ne dispose d’aucune donnée vraiment précise sur les quantités de déchets liés aux activités économiques », explique Vincent Le Blan, délégué général de la Fnade, la Fédération nationale des activités de dépollution et d’environnement. Ensuite, « si la production de déchets d’un ménage est stable, puisqu’on mange tous les jours – il est donc simple de fixer des objectifs de réduction et des délais –, l’activité des entreprises est en revanche fluctuante. Si elle diminue de moitié, en temps de crise par exemple, ses déchets aussi. Et inversement », explique Pénélope Vincent-Sweet, consultante en environnement pour France Nature Environnement. Le PNPD anticipe une croissance du PIB de 1,5% entre 2014 et 2020. Une activité économique qui devrait entretenir la hausse constante du niveau de détritus (en 2010, et ce malgré la crise, la production totale de déchets en France a atteint 355 millions de tonnes, soit 3% de plus qu’en 2008).

Pourtant, diminuer ses déchets est économiquement rentable. C’est ce que vient de montrer une étude de l’Ademe sur les coûts cachés des déchets pour les entreprises.

Un coût largement sous-estimé

Neuf fois sur dix, les boîtes ignorent ce que leur coûtent vraiment leurs résidus. Selon une précédente enquête menée par l’agence en 2010, seule la moitié des entreprises sait combien elle verse à un prestataire privé ou au service public pour la gestion externe de ses déchets (autour de 0,5% du chiffre d’affaires). Mais le vrai coût des poubelles est bien plus vaste. Il comprend également le coût interne de gestion (tri, manutention) et de production (chutes de matières premières, emballages, etc.). L’ensemble « représente jusqu’à 40 fois le montant de la seule facture de gestion des déchets pour une entreprise », note l’Ademe. C’est donc en amont de la phase de fabrication qu’une entreprise peut réaliser le plus d’économies. C’est justement sur le volet « prévention » qu’insiste la directive européenne.

En utilisant la juste quantité de produit, une entreprise évite de remplir trop vite ses bennes de chutes de matières premières qu’elle revend en moyenne cinq fois moins cher pour le recyclage que le prix d’achat. Une gestion économe, vertueuse sur toute la ligne : ça réduit le coût d’achat, le coût de fabrication et de transformation, le coût de gestion des déchets, et le coût environnemental !

« Cela nécessite parfois de modifier la chaîne de production, mais une entreprise peut aussi repenser sa logistique, réutiliser des palettes par exemple. Cela ne coûte pas plus cher », conseille Pénélope Vincent-Sweet.

Comment inciter les entreprises à faire mieux ?

« Dans les grandes entreprises, il n’y a presque rien à gagner car elles connaissent bien les coûts liés à leurs déchets et elles essaient déjà de les réduire au maximum, explique Vincent Le Blan. La difficulté est surtout pour les PME qui, souvent faute d’espace, n’arrivent pas à trier leurs déchets. Elles les envoient donc en vrac à l’incinération ou en centre de stockage. »

Ce qui ne leur coûte de toute façon pas forcément plus cher puisque, comme l’indique la Fédération française du bâtiment : « Aujourd’hui, le coût du recyclage est au mieux équivalent au coût de l’enfouissement. » Pas très incitatif... La Fnade suggère donc d’inciter les entreprises à mieux trier en taxant seulement et uniquement les ordures qui atterrissent dans les centres de stockage alors qu’elles n’ont rien à y faire. Une proposition à rebours de la taxe générale sur les activités polluantes, fondée sur le principe du pollueur-payeur.

De son côté, FNE milite pour une généralisation des bordereaux de suivi – actuellement réservés uniquement aux déchets dangereux. Le but est d’évaluer la quantité de déchets privés de seconde vie parce qu’enfouis dans les décharges. « Si on instaurait une obligation de suivi, on commencerait non seulement par prendre conscience de la quantité de déchets produite et on saurait exactement quel pourcentage est recyclé. On pourrait aussi facturer moins cher l’enlèvement des déchets triés », poursuit Pénélope Vincent-Sweet. On saura en septembre comment le ministère de l’Ecologie tranche ces questions.

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Le rédacteur :
Alexandra Bogaert
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